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Le Conseil des ministres approuve le principe de la restitution des biens culturels issus du passé colonial

Le Conseil des ministres a approuvé un projet d’accord bilatéral en vue de la reconstitution du patrimoine culturel congolais par la restitution des biens liés au passé commun mais dans les faits, les retours effectifs… se décideront au cas par cas.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Depuis qu’il est en charge de la Politique scientifique, le secrétaire d’Etat Thomas Dermine (PS) s’est attaché à trouver une solution à une question qui agite toutes les « anciennes puissances coloniales » : comment gérer le patrimoine culturel des Etats d’origine ? Au Nord comme au Sud, il s’agit d’une question sensible, les pays colonisés ont le sentiment que c’est leur identité culturelle elle-même qui a été emportée et que la conquête coloniale passait aussi par une sorte de « lobotomisation », l’effacement de la mémoire des peuples conquis permettant de mieux faire table rase du passé. Dans les pays du nord, l’attachement aux œuvres ramenées des pays colonisés n’est pas moindre, il est fondé sur la valeur marchande et les qualités artistiques des pièces mais aussi sur des dispositions juridiques qui rendent inaliénables le patrimoine des Etats.

En Belgique, les Etablissements scientifiques fédéraux (Musée royal de l’Afrique centrale, Institut royal des sciences naturelles, Musées royaux d’art et d’histoire) conservent, protègent, étudient, des milliers d’œuvres d’art, mais aussi des objets traditionnels, symboles des divers pouvoirs, des armes, des drapeaux, des échantillons de minerais divers, des squelettes d’animaux… A l’issue de nombreux contacts diplomatiques, de réflexions menées avec les milieux scientifiques et d’une visite sur le terrain l’automne dernier, le secrétaire d’Etat Thomas Dermine a présenté un avant-projet de loi en Conseil des ministres, qui a été approuvé en première lecture. Cet avant-projet reconnaît le caractère inaliénable des biens liés au passé colonial de l’Etat belge et détermine un cadre juridique pour leur restitution et leur retour.

Une propriété « inaliénable »

Les ministres ont également approuvé le projet d’accord bilatéral de coopération scientifique entre la république démocratique du Congo et le royaume de Belgique en vue de la reconstitution du patrimoine culturel congolais par la restitution et le retour des biens liés au passé commun. Ce qui signifie, en clair, que la plupart des œuvres coloniales resteront en Belgique puisque leur propriété est reconnue « inaliénable » mais que, au cas par cas, des restitutions ponctuelles seront possibles. Ainsi par exemple si certaines pièces du patrimoine congolais se trouvant en Belgique sont chargées d’une forte valeur symbolique et n’ont pas d’équivalent au Congo, leur retour pourrait être envisagé afin d’aider à la reconstruction de la mémoire congolaise et à sa transmission auprès des générations à venir.

Le cadre juridique ayant été adopté, ce sujet sensible et important sera abordé au cours des prochains mois lors du dialogue bilatéral qui se poursuivra avec les autorités congolaises.

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