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CAN 2022: L’épilogue d’une Coupe d’Afrique des Nations endeuillée ce dimanche avec Sénégal-Egypte

La Coupe d’Afrique des Nations est sur le point de s’achever, avec son lot de moments marquants, notamment avec ce drame survenu aux abords du Stade de Yaoundé, provoquant la mort de huit personnes.

Temps de lecture: 4 min

La Coupe d’Afrique des nations s’achève dimanche au Cameroun avec la finale Sénégal – Égypte, épilogue d’une compétition endeuillée par la bousculade de Yaoundé qui a fait huit morts et teintée de problèmes d’organisation.

Quand Valentin Kamga arrive au stade d’Olembé pour la demi-finale Cameroun-Égypte de la CAN, il souffle à son amie : « ça s’est passé ici ». Dix jours plus tôt, huit supporters, dont un enfant, mouraient piétinés et trente-huit étaient blessés.

Ce drame survenu avant le huitième de finale entre la sélection hôte et les Comores a mis un doute sur la capacité des organisateurs à mener à bien la compétition, déjà confrontée à des retards dans sa préparation.

Le Cameroun devait relever plusieurs défis dans un contexte marqué par une rébellion séparatiste anglophone à l’ouest et les jihadistes au nord, des règles sanitaires anti-covid drastiques, de lourdes condamnations d’opposants politiques et des accusations de dilapidation des deniers publics.

Valentin Kamga a hésité à se rendre au stade jeudi où les Lions indomptables se sont inclinés aux tirs au but devant les Égyptiens en demi-finale (0-0).

« Quand il y a mort d’homme, tout le monde prend peur », lâche-t-il, à quelques mètres de l’enceinte multicolore et flambant neuve d’Olembé.

Les tribunes étaient d’ailleurs peu remplies ce soir-là à Yaoundé où le contrôle des billets et des passes sanitaires a été renforcé pour exclure les resquilleurs des matchs précédents.

Dix jours plus tôt, le quadragénaire assistait impuissant à la bousculade à l’entrée sud, dont la grille, selon les premiers éléments de l’enquête, a été fermée par des services de sécurité dépassés et en nombre insuffisant face à une foule massive et mal canalisée, puis brusquement rouverte par « imprudence » par les policiers.

Des centaines de personnes s’y sont engouffrées, piétinant des dizaines d’autres. Huit ont péri dont un enfant.

« Fierté »

« Les Camerounais ressortent avec la fierté d’avoir organisé une très belle CAN et d’avoir offert une belle ambiance à toute l’Afrique », s’enthousiasme toutefois Elvis Kiiben, 30 ans, en regardant ses petits frères jouer au foot sur un terrain de terre.

En pleine résurgence de la pandémie avec l’irruption du variant Omicron, le pays hôte a accueilli les 24 équipes, y compris dans l’ouest anglophone théâtre d’un sanglant conflit séparatiste depuis cinq ans.

En dehors des tirs qui ont fait plusieurs blessés trois jours après l’ouverture de la CAN, à Buea, ville hébergeant des sélections et leurs entraînements, les menaces des rebelles séparatistes anglophones de perturber le tournoi sont restées lettre morte.

De même, les jihadistes de Boko Haram et du groupe État islamique (EI), qui mènent des attaques meurtrières dans l’extrême-nord, n’ont pas fait parler d’eux.

« Globalement, la CAN a été une réussite mais je suis écœuré des détournements et de la corruption dans son organisation, alors que la plupart des Camerounais, comme moi, ne pouvaient pas aller au stade à cause du prix des billets », déplore auprès de l’AFP Bruno Magloire Ebassa, un fan vivant de petits boulots.

Les tarifs oscillent entre 3.000 à 6.000 francs CFA pour les moins chers (4,5 à 9 euros) dans un pays où un tiers des habitants vit avec l’équivalent de moins de deux euros par jour selon la Banque mondiale.

Ces tarifs et les mesures anti-covid – cycle complet de vaccination plus test négatif, jauge de remplissage de 60 % à 80 % – expliquent la faible affluence.

Retards

« On ne peut pas se féliciter d’avoir livré le stade d’Olembé avec trois ans de retard sur la date prévue » et un important surcoût, renchérit M. Ebassa, regrettant aussi que l’état de la pelouse du stade Japoma, à Douala, ait entraîné la délocalisation à Yaoundé d’un quart de finale et d’une demie.

Le Cameroun, choisi pour organiser la CAN-2019, avait dû être remplacé par l’Égypte au dernier moment, car il n’était pas prêt. Les polémiques sur l’avancée des travaux, entamés en 2016, du stade d’Olembé se sont prolongées jusqu’à la veille de la nouvelle édition, ses abords n’étant pas achevés le jour de la cérémonie d’ouverture.

« La fête a été belle, nous avons démontré notre capacité de mobilisation, mais les Camerounais vont maintenant devoir payer pour les immenses dépenses », ajoute Dimitri Mebenga, journaliste sportif au quotidien camerounais Mutations.

« Nous en sommes environ à 3.500 milliards de francs CFA (plus de 5,3 milliards d’euros) », assure à l’AFP le député de l’opposition Jean-Michel Nintcheu, pour qui « il y a eu surfacturation à tous les niveaux ». Les autorités n’ont jamais communiqué de chiffre officiel ou d’estimation du coût global, selon lui.

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