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Caroline Désir sur le ras-le-bol des enseignants: avec le contexte budgétaire, «on ne peut pas être sur tous les fronts»

Après deux ans de pandémie, le personnel enseignant se dit épuisé par la gestion de la crise sanitaire, face à laquelle il s’est souvent senti abandonné par le pouvoir politique qui lui a fourni bien peu de masques ou de détecteurs de CO2.

Temps de lecture: 3 min

« 30 enfants en maternelle. Imaginez le bordel », « Caroline, vos désirs font désordre », « Positive au mépris », « Tu es inDésir(ée) = démission », « Educ, pas trou duc » : entre 5.000 et 7.000 enseignants ont bruyamment manifesté jeudi à Bruxelles pour exprimer leur ras-le-bol face à la gestion actuelle de l’enseignement.

Venus par bus et trains entiers des quatre coins de Bruxelles et de la Wallonie, armés de nombreux drapeaux syndicaux verts, rouges ou bleus, les manifestants ont investi en fin de matinée la place Surlet de Chokier, siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Après deux ans de pandémie, le personnel enseignant se dit épuisé par la gestion de la crise sanitaire, face à laquelle il s’est souvent senti abandonné par le pouvoir politique qui lui a fourni bien peu de masques ou de détecteurs de CO2. Mais si le coronavirus a physiquement épuisé l’école, celui-ci n’a en réalité fait qu’exacerber un malaise bien plus profond et ancien au sein du monde l’éducation, soumis ces dernières années à une série de réformes imposées à marche forcée.

La réponse de Caroline Désir (ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles)

« Je pense qu’on ne doit pas être sourds quand plusieurs milliers d’enseignants viennent exprimer leur ras-le-bol dans la rue. Je crois qu’il faut se rendre compte à quel point les conditions de travail des enseignants ont été difficiles ces trois dernières années scolaires », a-t-elle témoigné sur le plateau de Jeudi en prime (RTBF). « On a essayé d’être un soutien permanent au secteur. On a débloqué 160 millions d’euros pour essayer de limiter les dégâts de la crise, que ce soit sur le plan de l’organisation sanitaire dans les écoles ou que ce soit pour remédier aux difficultés d’apprentissage ».

La ministre se défend toutefois, « je pense qu’on a vraiment été des partenaires dans la gestion de cette crise. Je reçois tous les acteurs du monde de l’enseignement plusieurs fois par mois «, a-t-elle plaidé.

Concernant les négociations sectorielles notamment sur le budget et les salaires des enseignants, Caroline Désir admet les difficultés actuelles. « Effectivement, le déficit se creuse et l’endettement augmente. Ce n’est pas une situation tenable à long terme. Une des demandes des syndicats est qu’on puisse réfléchir à une revalorisation barémique qui soit liée à la nouvelle formation initiale des enseignants. Donc on a convenu avec eux que, vu les problèmes de soutenabilité budgétaire de la fédération, de se mettre autour de la table », a-t-elle expliqué ce jeudi soir.

« On est dans le contexte budgétaire dans lequel on est, on ne peut pas non plus travailler sur tous les fronts en même temps ».

 

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9 Commentaires

  • Posté par Casier Etienne, vendredi 11 février 2022, 8:30

    Il faudrait sans doute savoir comment l'argent est dépensé. Aucun audit n’a été réalisé au cours des dernières années concernant les dépenses pour le personnel enseignant. Extrait du 33e Cahier d’observations adressé par la Cour des comptes au Parlement de la Communauté française à ma page 40 "Rémunérations directes et indirectes du personnel et de personnes assimilées Les dépenses de personnel sont organisées et gérées de manière décentralisée en fonction de la catégorie de personnel concerné : enseignant, administratif, cabinets ministériels. Deux outils de gestion de la paie sont principalement utilisés, à savoir RL10, qui est spécifique au personnel enseignant, et Ulis. En ce qui concerne le personnel enseignant, d’autres outils sont utilisés comme DESI pour la gestion des données de carrière ou encore GIFI pour les frais de déplacement, frais de bureau à domicile ou autres avantages. Malgré l’importante masse financière qu’il représente et sa complexité, le cycle des ressources humaines n’a jamais fait l’objet d’une analyse des risques approfondie par l’administration. Un audit a été réalisé par le Service d’audit interne en 2020, dont l’objectif était d’évaluer le contrôle interne dans le processus de fixation du traitement des agents administratifs du ministère. Cet audit a mis en exergue des dysfonctionnements en ce qui concerne le contrôle du processus de fixation des rémunérations, la régularité et l’exactitude des montants des traitements, la sécurité des données dans l’outil métier Ulis ou bien encore la sécurité des données papier. Aucun audit n’a été réalisé au cours des dernières années concernant les dépenses pour le personnel enseignant. Au cours des trois dernières années, la Cour des comptes a mené plusieurs audits portant sur le paiement des traitements du personnel enseignant de la Communauté française90. En outre, un suivi et une analyse de l’évolution des dépenses de personnel du Ministère et du personnel enseignant est réalisée lors des contrôles budgétaires. Du point de vue de la comptabilité générale, la Cour des comptes constate que des contrôles clés sont manquants. Elle relève notamment l’absence de réconciliation de la balance des soldes de charges avec les données fiscales reprises sur les relevés récapitulatifs, ou encore avec un état annuel probant généré par les outils métiers. Cette réconciliation est essentielle dans le cadre des travaux de clôture et d’inventaire. En ce qui concerne les dépenses relatives au personnel enseignant assimilé de l’enseignement organisé par la Communauté française, l’ensemble des dépenses sont globalisées sous un seul et même compte de charge qui n’opère pas de distinction entre, notamment, les montants des traitements et les montants des cotisations patronales. Les dépenses du personnel enseignant du réseau libre et du réseau officiel subventionné sont reprises dans une rubrique de transfert de revenus, à l’instar des autres subventions. Pour l’ensemble des charges de personnel, les mesures de contrôle interne actuellement en vigueur sont insuffisantes pour détecter les omissions et erreurs matérielles "

  • Posté par c006ED7, vendredi 11 février 2022, 8:26

    Rappelons quand même sur cette flèche en gestion a réussi à couler le cabinet de révision de son père, alors même qu'ils bénéficiaient de contrat tombés du ciel, sans appels d'offre, provenant des camarades politiques. Ça en dit long sur l'incompétence de ce type.

  • Posté par c006ED7, vendredi 11 février 2022, 8:19

    Et pendant ce temps, Daerdenne junior, digne fils de son simplet de père, envoit des colis gourmands avec de la picoles à ses collaborateurs. La première chose à faire pour pouvoir refinancer l'enseignement c'est de purger la communauté française de tous les brols inutiles, dortoirs à encartés politiques. Il y a des centaines de millions d'euro à récupérer

  • Posté par c006ED7, vendredi 11 février 2022, 8:19

    Et pendant ce temps, Daerdenne junior, digne fils de son simplet de père, envoit des colis gourmands avec de la picoles à ses collaborateurs. La première chose à faire pour pouvoir refinancer l'enseignement c'est de purger la communauté française de tous les brols inutiles, dortoirs à encartés politiques. Il y a des centaines de millions d'euro à récupérer

  • Posté par Drumberg Benoit, vendredi 11 février 2022, 7:59

    Qu'on commence par supprimer les Provinces, par couper en deux le nombre des ministres et des parlementaires et de leurs cabinets pléthoriques...et il y aura un peu plus d'argent pour permettre d'instruire nos enfants décemment et de ne plus être à la queue des classements internationaux !

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