Accueil Monde Europe

Tensions en Ukraine: la Russie calme l’espoir d’un sommet Poutine-Biden

Selon l’Elysée, les présidents russes Vladimir Poutine et américain Joe Biden ont accepté lundi de se rencontrer lors d’un sommet à la condition qu’une invasion de l’Ukraine n’ait pas eu lieu d’ici là. Mais pour les Russes, « parler de plans concrets d’organisation de sommets est prématuré ».

Temps de lecture: 5 min

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Joe Biden ont « accepté le principe » de se rencontrer lors d’un sommet proposé par leur homologue français Emmanuel Macron et qui « ne pourra se tenir que si la Russie n’envahit pas l’Ukraine », a annoncé l’Elysée dans la nuit de dimanche à lundi.

Ce sommet serait ensuite élargi à « toutes les parties prenantes » et porterait sur « la sécurité et la stabilité stratégique en Europe », a précisé la présidence française, ajoutant qu’il commencera à être préparé dès ce jeudi entre les Etats-Unis et la Russie.

« Les présidents Biden et Poutine ont chacun accepté le principe d’un tel sommet. Son contenu sera préparé par le secrétaire d’Etat Blinken et le ministre Lavrov lors de leur rencontre ce jeudi 24 février », assure un communiqué de la présidence française suivant l’entretien entre les présidents français et russe.

Dans une déclaration publiée par la porte-parole Jen Psaky, la Maison-Blanche a confirmé la rencontre du président américain avec M. Poutine « si une invasion n’a pas eu lieu ».

« Nous sommes toujours prêts pour la diplomatie, nous sommes aussi prêts pour des conséquences rapides et sévères si la Russie choisit la voie de la guerre. Et à l’heure actuelle, la Russie semble continuer les préparations pour une attaque de grande ampleur sur l’Ukraine prochainement », poursuit la déclaration.

Du côté russe, le Kremlin a jugé lundi qu’il était « prématuré » de parler d’un tel sommet. « Il y a une entente sur le fait de devoir continuer le dialogue au niveau des ministres (des Affaires étrangères). Parler de plans concrets d’organisation de sommets est prématuré », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un poste-frontière russe détruit par un obus ukrainien, selon Moscou

Un obus tiré depuis le territoire ukrainien a détruit lundi une structure d’un poste-frontière russe sans faire de victime, ont accusé les services de sécurité russe, sur fond de combats entre forces de Kiev et séparatistes prorusses dans l’Est.

« Le 21 février, à 9h50, un obus de type non identifié tiré depuis le territoire de l’Ukraine a complètement détruit le point des gardes-frontières dans la région de Rostov, à une distance d’environ 150 mètres de la frontière russo-ukrainienne », a indiqué le FSB, cité par les agences de presse russes.

L’Ukraine dément ces accusations. « On ne peut pas les empêcher de produire ces fausses informations (…) mais nous insistons sur le fait que nous ne tirons sur aucune infrastructure civile ou sur la région de Rostov » en Russie, a déclaré à l’AFP Pavlo Kovalchuk, ajoutant qu’il « n’y a pas de tirs d’artillerie sur les forces d’occupation » russes.

L’armée russe affirme avoir tué 5 « saboteurs » ukrainiens

L’armée russe a également annoncé dans la journée avoir tué cinq saboteurs venus d’Ukraine en territoire russe et que deux véhicules militaires ukrainiens avaient également tenté de franchir la frontière, ont rapporté les agences russes. « Lors de combats, cinq personnes appartenant à un groupe de saboteurs et de renseignement ayant violé la frontière de la Russie ont été éliminées », a indiqué l’armée, assurant que l’incident a eu lieu dans la région de Rostov à 6h du matin, près de la localité Mitiakinskaïa.

L’Ukraine a formellement démenti ces informations. « Pas un seul de nos militaires n’a franchi la frontière avec la Fédération de Russie, et pas un seul d’entre eux n’a été tué aujourd’hui (lundi) », a déclaré à la presse un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Anton Gerachtchenko.

Les séparatistes pro-russes appellent Poutine à reconnaitre leur indépendance

Les dirigeants des deux territoires séparatistes de l’Est de l’Ukraine ont appelé lundi le président russe Vladimir Poutine à reconnaître leur indépendance et à mettre en place une «coopération en matière de défense».

Ces appels, coordonnés et diffusés à la télévision russe, ont été lancés par les dirigeants de la «République populaire de Donetsk» et de celle de Lougansk, Denis Pouchiline et Léonid Passetchnik.

La Russie dit étudier cette demande de reconnaissance.

Des images satellites inquiétantes

Des images de la société américaine d’imagerie satellitaire Maxar montrent cependant de nouveaux déploiements de troupes russes et de matériel militaire à la frontière ukrainienne.

Ces nouvelles photos prises dimanche font état de traces de véhicules traversant des champs enneigés, entourés de bois et bordés de routes.

Les Occidentaux craignent que l’intensification des combats depuis plusieurs jours sur la ligne de front ne serve de prétexte à la Russie, qui a massé 150.000 soldats aux frontières ukrainiennes, pour envahir son voisin pro-occidental.

Vladimir Poutine met cette flambée de violences au compte de « provocations » ukrainiennes, alors que les séparatistes ont ordonné l’évacuation des civils et la mobilisation des hommes en état de combattre.

L’ordre d’évacuation a poussé 53.000 civils sur trois millions vivant en zone séparatiste à gagner la Russie, selon Moscou et l’état d’urgence a été décrété dans la région russe de Koursk.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky dénoncé des « tirs provocateurs » des rebelles parrainés par Moscou et appelle à la reprise des négociations avec la Russie sous l’égide de l’OSCE et à l’instauration d’un « cessez-le-feu immédiat ».

Des responsables de la région indépendantiste de Lougansk font état lundi de deux civils tués dans des bombardements de l’armée ukrainienne, des accusations invérifiables de source indépendante.

RUSSIA-UKRAINE-CONFLICT

RUSSIA-UKRAINE-CONFLICT (2)

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

30 Commentaires

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 21 février 2022, 15:36

    Déclencher une guerre !! Refuser de négocier! Quand on y pense, c'est fou. Créer des drames humains; laisser mourir des gens. Pendant la deuxième guerre mondiale l'urss a perdu 28.000.000 de personnes. Il en faut encore plus? Ce qu'il veut, c'est une guerre civile en Ukraine? Après, se présenter en sauveur? Mais, maintenant, l'information circule de tous les côtés..

  • Posté par Backelant Evelyne, lundi 21 février 2022, 15:10

    Biden ne connait rien à l’histoire de la Russie, comme beaucoup ici... Pour les américains, c'est juste un pays communiste... C'est oublié que son histoire date +- du IX siècles Être américains, c'est à la base, des spoliateurs d'une terre où y vivaient des tributs autochtones. Leurs prendre leurs territoires pour en faire un monde à eux... Tous voyant la Terre promise pour une nouvelle vie et pour l'avoir, ils ont massacré encore et encore... Le plus triste c'est que c'est encore le cas, mais pas chez eux. J'y crois pas au 11/09/2001 comme quoi ils ne savaient rien pour les attaques, c'est trop lourd et ils recommencent encore... L’hégémonie américaine c'est leur vision et l'EU fonce droit dans le mur. Qui va encore dire après plus de 20 ans que c'est illégale Guantánamo? Mais là Poutine c'est le Diable... Purée, faut être un peu plus lucide là... Si j'étais Poutine, je défendrais aussi mon peuple. Biden a besoin d'un divertissement et là c'est le cas... Les américains sont parano de naissance, c'est bien connu chez eux, la peur est permanente dans les écoles, tuerie en masse, c'est très américain aussi... Avoir une arme et voir un bébé tuer, c'est normal en Amérique...C'est Biden le plus dangereux, pas Poutine ;)

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, lundi 21 février 2022, 22:33

    Comme tu dis <Evelyne>, "purée"... de pois chiche ?

  • Posté par Martin Roland, lundi 21 février 2022, 14:29

    Hier sur TV5, un documentaire édifiant qui permettait de bien comprendre comment le Kremlin est à la manoeuvre un peu partout dans le monde, y compris dans certains pays africains au travers du groupe Wagner*, groupe paramilitaire qui exécute les basses besognes directement sous les ordres du tsarévitch. * Wagner est le nom choisi par son boss, E. Prigojine, le "cuisinier de poutine", un fan inconditionnel de Hitler et de son compositeur fétiche, Wagner.

  • Posté par Bastin Eric, lundi 21 février 2022, 16:55

    @Staquet Jean-Marie : vous avez déplacé la question, mais je suis sensible à vos arguments, qui me renvoient à cette attitude spectatrice d'un européen habitué à vivre confortablement sous le bouclier américain/otanien. L'Europe devra, s'il est encore temps, se ressaisir, prendre acte de la fin de la fin de l'histoire, et devenir une puissance y compris militaire (elle en a économiquement les moyens, mais il y faut la volonté). Concernant la Défense belge, il faut quand même reconnaître qu'il y a, depuis la dernière législature, des investissements massifs comme jamais depuis la fin de la Guerre froide, mais il est vrai que l'on part de loin.

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Europe

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une