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Le chef de la diplomatie russe accuse l’Occident de penser «à la guerre nucléaire» (direct)

Sergueï Lavrov a estimé que les dirigeants occidentaux pensaient à une guerre nucléaire dans leur conflit avec la Russie. Dmitri Mouratov, le Russe Prix Nobel de la paix, s’est exprimé sur ce qu’il considère être le vrai danger : la menace nucléaire.

Temps de lecture: 4 min

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé jeudi que les dirigeants occidentaux pensaient à une guerre nucléaire dans leur conflit avec la Russie.

« Tout le monde sait qu’une troisième guerre mondiale ne peut être que nucléaire, mais j’attire votre attention sur le fait que c’est dans l’esprit des politiques occidentaux, pas dans celui des Russes », a-t-il dit lors d’une conférence de presse en ligne, avant d’estimer que des plans « d’une guerre réelle » contre Moscou sont en train d’être élaborés.

« Le vrai danger, c’est le risque nucléaire »

Et en cette période de guerre, il est bon de rappeler que le dernier Prix Nobel de la paix est russe. En pleine invasion de l’Ukraine par l’armée russe, Dmitri Mouratov est intervenu lors d’une commission au Parlement européen. Et le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta a dit toute son inquiétude.

Son journal est une des dernières voix libres de Russie. Questionné sur une possible fermeture de son organe de presse, il a balayé les inquiétudes d’une main. Ce n’est pas cela qui l’inquiète le plus : « Ce n’est pas le danger principal. La plus grande menace vient du risque réel de réponse nucléaire. Cela a été exprimé par Poutine quand il a dit qu’une intervention des Etats-Unis pourrait mener à une réponse jamais vue auparavant. Je n’exclus pas qu’à un moment donné, il pourrait être tenté d’utiliser l’arme nucléaire. »

Explosions à Kiev

Plusieurs explosions ont été entendues dans la nuit de mercredi à jeudi dans la capitale ukrainienne Kiev. Selon l’agence de presse ukrainienne Unian, une alarme aérienne a également été déclenchée. Les résidents ont été invités à se mettre immédiatement à l’abri, nombreux sont ceux qui se réunissent dans les stations de métro.

À lire aussi : comprendre le conflit entre la Russie et l’Ukraine en cinq questions.

Des images vidéos partagées sur les réseaux sociaux témoignent de puissantes explosions, mais il n’y a pas à ce stade de confirmation d’attaque aérienne ni des cibles visées.

Les médias ukrainiens font aussi état de combats en dehors de la ville. En outre, un avion russe aurait été abattu, mais toutes ces informations sont encore invérifiables.

Mercredi soir, au moins une personne avait été blessée par un projectile dans les alentours d’une station de train à Kiev, selon les autorités de la Ville.

Il est estimé que 15.000 personnes ont trouvé refuge dans les stations de métro de la capitale pour échapper à des frappes aériennes russes, rapporte encore la BBC. Des vivres, de l’eau potable et sanitaire y sont mis à disposition.

Selon le directeur du réseau, Viktor Brahinski, cité par le média britannique, l’infrastructure peut accueillir jusqu’à 100.000 personnes. « Bien des personnes n’ont nulle part où aller. Leur domicile est désormais une couverture quelques mètres sous terre. Nous invitons chacun a se munir de vêtements chauds », a-t-il commenté.

La ville de Kherson aux mains des Russes

Les forces russes ont pris mercredi Kherson, grande ville du sud de l’Ukraine, peu avant une deuxième session de discussions jeudi matin sur un cessez-le-feu entre négociateurs russes et ukrainiens.

Il s’agit de la plus grande ville prise par les forces russes dans un conflit qui, en sept jours, a fait fuir un million de personnes à destination des pays voisins, selon le haut-commissaire des Nations unies aux réfugiés Filippo Grandi.

Le maire de cette cité de 290.000 habitants, Igor Kolykhaïev, a annoncé avoir discuté avec des « invités armés » dans un bâtiment de l’administration de Kherson, sous-entendant, sans les nommer, des troupes russes.

« Nous n’avions pas d’armes et n’étions pas agressifs. Nous avons montré que nous travaillons à sécuriser la ville et essayons de parer aux conséquences de l’invasion », a-t-il dit dans un message sur Facebook.

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25 Commentaires

  • Posté par Bastin Eric, jeudi 3 mars 2022, 13:17

    C'est sans cesse une inversion des rôles dans la communication des Russes. Ils agressent et menacent, puis se placent dans le rôle de la victimes agressées, menacées. Les Américains, les Britanniques et les Français n'ont pas annoncé en grandes pompes, dans une mise en scène filmée, qu'ils auraient mis leur forces nucléaires dans un état d'alerte maximale, prêts à faire feu, que je sache. Poutine, lui, l'a fait, qui possède, par ailleurs, des missiles hypervéloces les plus avancés qui soient connus dans le monde, impossibles à intercepter. S'il n'y a pas là de quoi manifester un soupçon de commencement de début d'inquiétude... d'autant plus que le discours actuel pourrait "justifier" des frappes "préventives" (complètement folles, car l'arsenal sous-marin pourrait riposter, mais bon...).

  • Posté par Bastin Eric, jeudi 3 mars 2022, 13:27

    "frappes préventives" russes, évidemment ! Je me rends compte en relisant que mon propos prête à confusion. L'arme nucléaire est une arme de non-emploi dans la doctrine occidentale. Nous savons bien qu'il ne peut y avoir de vainqueur dans une guerre nucléaire généralisée. Espérons que cette conviction soit universellement partagée...

  • Posté par Frissen JM, jeudi 3 mars 2022, 13:06

    Conférence de presse absolument surréaliste, dont je me demande d'ailleurs l'utilité. Quelle mouche a piqué les chaînes d'info en France pour donner un direct à ce sinistre personnage ? Ni CNN, ni BBC News, ni, chez nous , LN 24 ne se sont perdus dans ce genre d'exercice de propagande immonde. Les questions (si on peut parler de questions) du journaliste de RT étant la cerise sur le gâteau. Donc en fait "nous attaquons la Russie" qui ne fait que "se défendre"... D'accord... "Ce sont nos gouvernements occidentaux qui brandissent la menace nucléaire. Pas eux"... OK. Et les russophones ukrainiens sont "victimes de génocide"... Sérieusement, on devait écouter ces inepties longtemps avant de couper la chique à ce malade ? A la tribune de l'une organisation internationale, les gens sont partis en tournant le dos plutôt que d'écouter Lavrov. Il n'y avait rien d'autre à faire.

  • Posté par collin liliane, jeudi 3 mars 2022, 13:19

    Au contraire: il faut laisser s'exprimer ce genre d'individu. Rien de tel pour produire un effet de répulsion.

  • Posté par Robin Stéphane, jeudi 3 mars 2022, 12:26

    @Nica Radu-Catalin: Moi, je vous aime bien Monsieur Radu-Catalin ! Dans les pages du Soir, il n'y avait que Kroll pour essayer de détendre l'atmosphère. A présent, il y a vous, en plus* ! Et franchement, ça fait un bien fou. Chaque fois que je vous lis, j'ai les commissures des lèvres qui remontent... Encore merci ! * Je pourrais évidemment adresser le même commentaire à Adoph et quelques autres. Qu'ils soient eux-aussi remerciés pour leurs remarquables contributions !

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