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Chaque victime est une victime de trop. Stop à la violence à l’égard des femmes!

Ce 8 mars, Journée internationale de la femme, la Commission adoptera la toute première législation européenne nécessaire pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Ce sera ensuite au Parlement et au Conseil de l’adopter, sachant qu’à ce jour, 6 États membres de l’UE n’ont toujours pas ratifié la convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe.

Carte blanche - Temps de lecture: 4 min

Violence à l’égard des femmes et violence domestique touchent toutes les catégories sociales et sont encore trop présentes dans tous les pays de l’UE. En 2019, 178.000 crimes sexuels ont été enregistrés par la police dans l’Union européenne (Source Eurostat). Plus d’un tiers étaient des viols.

Lorsque la pandémie de covid s’est déclarée, nous avons pris conscience de l’existence d’une autre pandémie qui se propageait – elle aussi – rapidement, en Belgique comme dans tous les États membres de l’Union européenne : l’augmentation de la violence à l’égard des femmes.

C’est purement et simplement intolérable. Chaque victime est une victime de trop. Dénoncer cela est indispensable et des mesures existent, mais… Mais aujourd’hui encore, des réactions inadéquates aux violences à caractère sexiste et à la violence domestique persistent. C’est vrai, ces formes de violence sont difficiles à appréhender, formuler, expliquer. Et bien qu’existants, les systèmes de protection judiciaires et outils de réponses ne sont pas infaillibles. Conséquence : encore trop souvent, de nombreuses victimes de viol – si elles survivent – ne bénéficient d’aucun soutien ni d’aucune protection du système judiciaire.

Il nous fallait agir : mettre au point de nouveaux outils de communication pour les victimes prises au piège avec leurs agresseurs durant les confinements, réinventer les garanties institutionnelles essentielles. Réfléchir à la question de savoir si les nouvelles méthodes de fonctionnement devaient devenir une composante permanente de nos stratégies de lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Etendre les services à tous les Etats membres

De nombreux États membres ont déjà pris des mesures : mise en place de lignes d’assistance 24h/7 campagnes de sensibilisation dans les pharmacies, augmentation de la capacité d’accueil. Dans certains d’entre eux, les services d’assistance sont reconnus comme des services essentiels, garantissant ainsi la continuité de leur fonctionnement malgré les restrictions liées à la pandémie. Ces mesures ont le mérite d’exister et sont positives mais… Ce n’est pas suffisant. Nous devons renforcer davantage nos programmes de prévention, nous devons améliorer les services en fixant des critères minimaux pour l’ensemble du territoire de l’UE.

La violence à l’égard des femmes et la violence domestique sont pernicieuses. Nous le savons tous : elles se manifestent tant dans les sphères publique et privée que sur les plateformes en ligne.

La violence en ligne à l’égard des femmes s’est de fait propagée de manière exponentielle. Une récente enquête menée par Plan International auprès de 14.000 filles dans le monde a révélé que pas moins de 58 % d’entre elles avaient été victimes de harcèlement et d’abus en ligne. Trop souvent, les auteurs de ces actes ne sont pas inquiétés.

Dans la lutte contre ces violences, la convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe constitue l’instrument juridique international le plus efficace en vigueur à ce jour. Au cours de la dernière décennie, elle a déclenché d’importantes réformes nationales mais… À l’heure où j’écris ces lignes, six États membres de l’UE ne l’ont pas encore ratifiée.

La Commission européenne reste déterminée à ratifier la convention, mais cette absence d’accord du Conseil sur cette perspective nous a incités à élaborer notre propre proposition législative pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

À l’occasion du 8 mars 2022, Journée internationale des femmes, la Commission européenne adopte une proposition législative qui introduit des normes minimales communes pour TOUS les États membres en matière de prévention, de protection, d’aide aux victimes, d’accès à la justice, ainsi que de coopération et de coordination des services.

Les violences en ligne également visées

Nous proposons que la violence à l’égard des femmes, y compris les actes de violence en ligne tels que le partage non consensuel d’images, de vidéos et/ou de fichiers audio intimes, de même que des menaces en ce sens, ainsi que le viol, qui inclut toute pénétration sans consentement, soient érigés en infraction pénale.

Une fois adoptée, cette nouvelle législation exigerait la mise en place de lignes d’assistance téléphonique spécifiques pour les victimes de violences. Ces mesures seront encore renforcées grâce à un numéro harmonisé à l’échelle de l’UE – 116 016 – qui orientera les victimes vers les autorités et services compétents, où qu’elles se trouvent dans l’UE. Notre volonté : qu’aucune victime ne doive faire face seule à des violences à caractère sexiste.

Avec cette proposition, nous pouvons faire la différence pour les femmes dans toute l’UE. J’en suis convaincue. Nous devons pour cela avoir l’accord du Parlement européen et du Conseil. La récente explosion des violences à caractère sexiste devrait inciter les États membres à trouver rapidement un terrain d’entente, afin de protéger les femmes et les filles contre les comportements sexistes violents qui violent notre dignité et nos droits. Je l’espère de tout mon cœur.

 

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3 Commentaires

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 9 mars 2022, 10:29

    S'il y a une violence spécifique des hommes à l'égard des femmes, cela prouve bien qu'hommes et femmes sont différents. Mais pourquoi vouloir prétendre le contraire? Pourquoi vouloir nier les différences entre hommes et femmes, ou en tout cas refuser d'en tenir compte dans notre façon de juger les choses? Bien sûr il ne s'agit pas de justifier les violences en tant que telles, mais d'en analyser objectivement les causes, ou même les responsabilités, au lieu de décréter bêtement que (tous) les hommes sont de gros machos violents et (toutes) les femmes de gentilles petites innocentes. Par ailleurs, il faudrait cesser de vouloir interpréter la moindre approche masculine comme étant une "agression" ou sa répétition occasionnelle comme étant du "harcèlement".

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 9 mars 2022, 10:15

    En Ukraine, les femmes fuient avec les enfants et les hommes restent. Nos "progressistes" égalitaristes devraient voir cela comme une terrible inégalité. Mais ils ne s'en émeuvent pas. Serait-ce parce qu'ils se rendent compte que leur égalitarisme dogmatique et aveugle n'a aucun sens?

  • Posté par Lhermitte Jean-Yves , mercredi 9 mars 2022, 8:09

     La récente explosion des violences à caractère sexiste... manque une référence, un chiffre?

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