Accueil Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine: le calvaire des civils à Marioupol, ciblés ou empêchés de fuir

Dix-sept personnes ont été blessées dans le bombardement par l’armée russe d’un hôpital pédiatrique de ce port du sud-est de l’Ukraine.

Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 4 min

Un hôpital pédiatrique de Marioupol soufflé dans une frappe russe : 17 blessés. Le bilan de ce mercredi est sombre pour les civils de ce grand port stratégique s’ouvrant la mer d’Azov, au sud-est de l’Ukraine. Selon les dernières informations vérifiées, dix-sept adultes ont été blessés : il s’agirait de personnel hospitalier.

Par chance, aucun enfant ne fait actuellement partie des blessés et aucun mort n’a été comptabilisé. Sur Twitter, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement condamné la frappe russe, appelant le reste du monde à ne pas devenir complice en « ignorant la terreur » et arguant que « des enfants se trouvent sous les décombres ». « Il y a peu de choses plus immorales que de cibler les personnes vulnérables et sans défense », a déclaré le premier ministre britannique Boris Johnson.

L’attaque a pris place alors que l’Ukraine continue d’accuser la Russie d’empêcher les civils de fuir. Alors que de rudes affrontements ont lieu à travers le pays, Moscou et Kiev se sont pourtant entendus mercredi sur des cessez-le-feu pour permettre d’instaurer six couloirs humanitaires autour de certaines zones où les combats font rage. Or selon les autorités ukrainiennes, les tentatives d’évacuations ont été entravées par les forces russes. A Marioupol toujours, 400.000 civils sont encore bloqués : « La Russie continue de retenir en otage plus de 400.000 personnes à Marioupol, en empêchant l’aide humanitaire et les évacuations », précise le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba. A Boutcha, au nord-ouest de Kiev ou encore à Izioum, dans la région de Kharkiv, les autorités locales ont fait état de difficultés pour permettre à ceux qui le désiraient d’évacuer.

Alors que Vladimir Poutine et le chancelier allemand Olaf Scholz se sont entretenus mercredi au sujet des « efforts diplomatiques » autour de la guerre, des discussions sont prévues jeudi à Antalya, en Turquie, entre les ministres des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov et ukrainien Dmytro Kuleba. Une première pour une rencontre à ce niveau depuis le début de l’invasion russe le 24 février.

« Envoyez-nous des avions ! »

« Prenez une décision au plus vite, envoyez-nous des avions ! », Volodymyr Zelensky a réagi ce mercredi aux réactions surprises suite à l’annonce de la Pologne qui s’est dite prête à transmettre à l’Ukraine ses chasseurs Mig-29. Varsovie, qui avait visiblement communiqué dans la précipitation a clarifié : la décision doit être prise par l’Otan. « Aujourd’hui cette décision est aux mains de l’Otan (…) Nous ne fournissons que des armes défensives », a précisé le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. Si la Pologne agissait seule, elle se placerait « en ligne de tir directe » de la Russie, a mis en garde Londres alors que Moscou dénonçait « un scénario très indésirable et potentiellement dangereux ». Ce que Varsovie veut éviter à tout prix.

Tchernobyl, source d’inquiétude

Autre source d’inquiétude ce mercredi : Tchernobyl est à l’arrêt. En matinée, la compagnie nationale de production d’énergie nucléaire d’Ukraine (Energoatom) a communiqué la nouvelle via la messagerie Telegram : l’alimentation de la centrale nucléaire et de ses équipements de sécurité est « complètement » coupée en raison des combats. Que va-t-il se passer pour la centrale ? Un arrêt pose-t-il des problèmes de sécurité ? Quelques heures plus tard, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se voulait rassurante, précisant qu’elle avait été informée du problème par les autorités ukrainiennes. Et qu’elle considérait que la coupure de l’alimentation électrique sur le site nucléaire ne présentait « pas d’impact majeur sur la sécurité ». Le site dispose de générateurs de secours et de suffisamment de réserves de diesel pour fonctionner pendant quarante-huit heures, ont assuré de leur côté les autorités ukrainiennes. Mardi, l’AIEA mettait cependant en garde : les systèmes permettant de contrôler à distance les matériaux nucléaires de la centrale ont cessé de transmettre des données. Sous contrôle pour le moment, la situation de la centrale n’en reste donc pas moins préoccupante.

1003GuerreUkraineEvol

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Sur le même sujet

Aussi en Guerre en Ukraine

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une