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Pourparlers entre l’Ukraine et la Russie: voici les exigences de Poutine pour arrêter l’invasion militaire

Des responsables de Kiev et Moscou se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises, mais c’est la première fois que la Russie a dépêché un ministre pour des discussions sur cette crise.

Temps de lecture: 4 min

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, et son homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, sont arrivés en Turquie pour la première rencontre jeudi à ce niveau depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

Des responsables de Kiev et Moscou se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises, mais c’est la première fois que la Russie a dépêché un ministre pour des discussions sur cette crise.

Dmytro Kuleba est arrivé à Antalya « pour des discussions sur une cessation des hostilités et la fin de la guerre menée contre l’Ukraine par la Russie », a tweeté mercredi soir le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères. Un responsable turc a confirmé auprès de l’AFP l’arrivée de Serguei Lavrov.

Les pourparlers entre Kiev et Moscou ont jusqu’à présent abouti à plusieurs cessez-le-feu locaux et à l’ouverture de corridors humanitaires pour évacuer les résidents, mais la Russie a été accusée d’avoir violé ces accords.

Kuleba a indiqué dans une vidéo sur Facebook que ses attentes étaient « limitées » car la Russie maintient une campagne de bombardements brutale et un siège des grandes villes. Il a déclaré que le succès des pourparlers dépendrait « des instructions et des directives données à Lavrov » par le Kremlin.

Les exigences russes

Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, Vladimir Poutine ne cesse de dire qu’un dialogue en faveur de la paix avec l’Ukraine n’est possible que si « toutes les exigences russes » étaient acceptées.

Le président russe ne cesse de répéter ses exigences : un statut « neutre et non nucléaire » pour l’Ukraine, sa « démilitarisation obligatoire » et sa « dénazification », la reconnaissance de l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et la « souveraineté » des régions séparatistes pro-russes de l’est ukrainien, Donetsk et Lougansk, dans leurs territoires administratifs, alors que les rebelles n’en contrôlent actuellement qu’un tiers.

Et en Ukraine ?

Le gouvernement ukrainien se dit ouvert à discuter de l’exigence russe que l’Ukraine reste neutre et n’entre pas dans l’Otan notamment. Kiev exige cependant en contrepartie des garanties pour la sécurité des voisins de l’Ukraine, a déclaré mercredi un haut conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Nous sommes certainement prêts pour une solution diplomatique. »

L’Ukraine ne cédera pas « un seul centimètre » de territoire, a cependant assuré le chef de cabinet adjoint de M. Zelensky lors d’une interview avec Bloomberg Television. Un cessez-le-feu et le retrait des troupes russes d’Ukraine restent également des conditions avant d’entamer toute négociation.

Le président ukrainien Zelensky a de son côté estimé, dans une interview accordée au journal allemand Bild, que la guerre ne pourrait être résolue qu’avec un dialogue direct avec le président russe Vladimir Poutine. Interrogé pour savoir s’il était prêt à reconnaître l’indépendance des républiques du Donbass, situées à côté de Crimée, M. Zelensky a déclaré que « le problème n’est pas ce à quoi je peux m’engager. Le but de tout dialogue est de mettre fin à la guerre avec la Russie », selon des propos rapportés par l’agence de presse russe Tass.

« Je suis prêt à prendre certaines mesures pour (mettre fin à la guerre). Je suis prêt à discuter, aux compromis. Mais ils ne peuvent être une trahison de la population », a-t-il ajouté. « Et l’autre partie doit aussi être prête à faire des compromis. » « C’est la seule sortie à cette situation. C’est trop difficile et prématuré pour discuter de détails. Il n’y a eu aucun contact entre les présidents et nous ne pourrons mettre fin à cette guerre qu’en discutant directement entre deux présidents », a-t-il insisté.

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12 Commentaires

  • Posté par Van Ryn Charles-axel , jeudi 10 mars 2022, 11:23

    Il n'y a absolument RIEN à attendre d'un Lavrov, si ce n'est cynisme, morgue et duplicité. Selon eux "négocier" consiste à accepter l' intégralité de leurs diktats. Il n'y a donc rien à espérer de ces "pourparlers" destinés à de la pure figuration pour la galerie. Et donc le pire est à venir, l'option Alep et Grozny étant vraisemblablement la prochaine étape, dans le genre "carpet bombing", sans oublier les armes chimiques que les américains estiment probables.

  • Posté par Van Obberghen Paul, jeudi 10 mars 2022, 11:20

    Ebauche de solution: l'Ukraine est un pays neutre, mais armé, comme la Suède et la Finlande. C'est un pays fédéral avec une bonne autonomie des régions comme en Allemagne (ou en Belgique!). Zelenski démissionne, à termes, de son poste de Président, avec nouvelles élections présidentielles et législatives constituantes sous la surveillance extensive de la communauté internationale (ONU, OSCE?). Pas d'intégration à l'OTAN mais possibilité d'avoir un accord, comme la Finlande et la Suède. Pas d'interdiction d'intégrer, à termes, l'Union Européenne. Pour ce qui est de la Crimée et des 2 républiques autoproclamées de Louhanks et Donesk (si ces dernières n'acceptent pas l'autonomie régionale*): Referendum d'indépendance organisé dans 6 mois ou 1 an sous la surveillance de la communauté internationale avec obligation d'une majorité qualifiée (60%) de la population en age de voter (pas des votants) pour que l'indépendance soit reconnue. Pour ce qui est de la Crimée, indépendante ou ukrainienne, garantie donnée à la Russie d'un accès perpétuel à ses intallations militaires (Sébastopol style Guantanamo?). Réparation par la Russie de tous les dommages de guerre qu'elle a causés. Possiblement, à termes, jugement par la CPI de Vladimir Poutine (et ceux qui l'ont aidé) pour crimes de guerre et/ou crimes contre l'Humanité. Zelenski pourrait accepter de s'y soumettre également. Ça, c'est entre adultes responsables. Malheureusement, il est clair qu'il y a une partie qui n'est ni adulte ni responsable. (*) Si, à termes, l'Ukraine intègre l'Union Européenne, les 2 republiques pourraient regretter amèrement de ne plus faire partie de l'Ukraine et donc pas de l'U.E.

  • Posté par Coppens Jean-pierre , jeudi 10 mars 2022, 11:14

    Le Soir est en retard dans ses annonces. La réunion est terminée et le ministre Ukrainien Kuleba a annoncé qu’il n’y avait aucun progrès dans les négociations. On l’aurait deviné vu les exigences russes.

  • Posté par Degive Albert, jeudi 10 mars 2022, 10:58

    Beaucoup d'hommes quand même dans la file des réfugiés. Photo d'illustration ou réelle ?

  • Posté par S Jérôme, jeudi 10 mars 2022, 10:50

    Tout le monde a compris qu'il ne fallait accorder aucune confiance aux affirmations des Russes. On connait déjà la réponse des Ukrainiens.

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