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Guerre en Ukraine: von der Leyen veut «une enquête» sur le bombardement de la maternité de Marioupol (direct)

« Ce bombardement à la maternité de Marioupol est inhumain, odieux, cruel et tragique », a déclaré la présidente de la Commission européenne. Au moins 71 enfants ont été tués en Ukraine depuis le début de l’offensive russe le 24 février, a annoncé une chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien.

Temps de lecture: 6 min

Ce bombardement à la maternité de Marioupol est inhumain, odieux, cruel et tragique », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, jeudi 10 mars, sur franceinfo. « Je suis convaincue que ça peut être un crime de guerre et il faut vraiment une enquête », a-t-elle ajouté.

Le bombardement mercredi d’un établissement médical abritant à la fois un hôpital pédiatrique et une maternité à Marioupol (sud-est de l’Ukraine) a fait trois morts, dont une fillette, selon la mairie de cette ville portuaire prise en étau entre l’armée russe et les forces séparatistes prorusses du Donbass ukrainien.

Au moins 71 enfants ont été tués en Ukraine depuis le début de l’offensive russe le 24 février, a annoncé jeudi Liudmyla Denisova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien.

« Du début de l’invasion russe au 10 mars 11 heures (9 heures GMT) inclus, 71 enfants ont été tués et plus de 100 blessés », a-t-elle déclaré dans un communiqué sur Telegram.

Des tanks russes aux portes de Kiev

Des tanks russes sont arrivés jeudi à la lisière nord-est de la capitale ukrainienne Kiev, qu’ils menacent d’encercler après être déjà parvenus dans ses faubourgs au nord et à l’ouest.

Une équipe de l’AFP a vu des colonnes de fumée s’échapper du village de Skybyn, à quelques centaines de mètres du dernier barrage des forces ukrainiennes avant l’entrée de Kiev au nord-est.

Des soldats ukrainiens ont raconté à l’AFP avoir intensément combattu dans la nuit pour y garder le contrôle de la dernière portion d’autoroute avant la capitale, sa principale entrée au nord-est.

« Des opérations militaires sont en cours à Skybyn », a indiqué à l’AFP un soldat prénommé Sergiy, affirmant qu’une colonne de chars russes avait été partiellement détruite.

Jeudi en fin de matinée, une pluie de missiles russes Grad s’est abattue sur le village désert de Velyka Dymerka, à environ cinq km des limites de Kiev, dont certains ont atterri à une vingtaine de mètres d’une équipe de l’AFP.

Les missiles ont frappé plusieurs maisons du village, dont les troupes russes se rapprochaient ces derniers jours et où les forces ukrainiennes n’avaient plus qu’une présence minimale.

« Les Russes sont entrés ce matin dans le village » a indiqué un habitant de 38 ans, Vasyl Popov. « C’est terrifiant, mais que voulez-vous qu’on y fasse, on habite ici et on n’a nulle part où fuir ou se réfugier ».

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février, les forces russes ont avancé sur plusieurs fronts autour de Kiev, laissant craindre aux Ukrainiens un encerclement plus ou moins rapide de leur capitale.

Dès les premiers jours elles sont parvenues à sa lisière nord-est, notamment près des villes d’Irpin et Boutcha, bombardées intensément depuis plus d’une semaine et d’où les habitants ont fui en masse.

Au nord-est de Kiev, plus rural et dégagé, les tanks russes avaient avancé en moins d’une semaine de plus de 80 km pour atteindre ces derniers jours les villages bordant Kiev, comme Velyka Dymerka.

Autour de l’agglomération de Kiev, qui comptait avant la guerre près de 3,5 millions d’habitants, les autorités ukrainiennes ne disposent plus aujourd’hui que des routes allant vers le sud pour évacuer les civils et ravitailler la ville.

Echec des pourparlers

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba a regretté jeudi l’absence de progrès sur un cessez-le-feu dans son pays, lors des entretiens avec son homologue russe Serguei Lavrov dans le sud de la Turquie.

« Nous avons évoqué un cessez-le-feu mais aucun progrès n’a été accompli en ce sens », a-t-il déclaré devant la presse, ajoutant cependant qu’avec M. Lavrov, ils avaient décidé de « poursuivre leurs efforts ».

« L’Ukraine ne se rendra pas », a encore prévenu le ministre. « Nous sommes ouverts à la diplomatie mais si ça ne marche pas, nous protégerons notre pays et notre peuple ».

« Nous voulions obtenir un cessez-le-feu de 24 heures. Lavrov a dit que Moscou voulait parler des corridors humanitaires », a-t-il précisé, espérant un corridor pour évacuer la ville de Marioupol dans le sud de l’Ukraine, visée par d’intenses bombardements russes dont un a touché l’hôptal pédiatrique.

« Je suis d’abord venu ici pour des raisons humanitaires, pour l’évacuation des civils. Mais Lavrov n’a rien voulu promettre sur ce point », a insisté le ministre ukrainien. « Nous avons décidé de poursuivre nos efforts et je prévois de continuer dans ce format ».

« Je suis déterminé à continuer parce que nous voulons que cette guerre prenne fin et que notre pays soit libéré des occupants », a encore déclaré M. Kuleba, souhaitant des « pourparlers sérieux et constructifs : si la Russie y est prête, nous aussi ».

Il s’agit de la première rencontre à ce niveau depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, il y a tout juste deux semaines.

Les pourparlers entre les ministres russe et ukrainien ont duré 1h40 dans le sud de la Turquie en présence du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

Les exigences russes

Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, Vladimir Poutine ne cesse de dire qu’un dialogue en faveur de la paix avec l’Ukraine n’est possible que si « toutes les exigences russes » étaient acceptées.

Le président russe ne cesse de répéter ses exigences : un statut « neutre et non nucléaire » pour l’Ukraine, sa « démilitarisation obligatoire » et sa « dénazification », la reconnaissance de l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et la « souveraineté » des régions séparatistes pro-russes de l’est ukrainien, Donetsk et Lougansk, dans leurs territoires administratifs, alors que les rebelles n’en contrôlent actuellement qu’un tiers.

Quid de l’Ukraine ?

Le gouvernement ukrainien se dit ouvert à discuter de l’exigence russe que l’Ukraine reste neutre et n’entre pas dans l’Otan notamment. Kiev exige cependant en contrepartie des garanties pour la sécurité des voisins de l’Ukraine, a déclaré mercredi un haut conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Nous sommes certainement prêts pour une solution diplomatique. »

L’Ukraine ne cédera pas « un seul centimètre » de territoire, a cependant assuré le chef de cabinet adjoint de M. Zelensky lors d’une interview avec Bloomberg Television. Un cessez-le-feu et le retrait des troupes russes d’Ukraine restent également des conditions avant d’entamer toute négociation.

Le président ukrainien Zelensky a de son côté estimé, dans une interview accordée au journal allemand Bild , que la guerre ne pourrait être résolue qu’avec un dialogue direct avec le président russe Vladimir Poutine. Interrogé pour savoir s’il était prêt à reconnaître l’indépendance des républiques du Donbass, situées à côté de Crimée, M. Zelensky a déclaré que « le problème n’est pas ce à quoi je peux m’engager. Le but de tout dialogue est de mettre fin à la guerre avec la Russie », selon des propos rapportés par l’agence de presse russe Tass.

« Je suis prêt à prendre certaines mesures pour (mettre fin à la guerre). Je suis prêt à discuter, aux compromis. Mais ils ne peuvent être une trahison de la population », a-t-il ajouté. « Et l’autre partie doit aussi être prête à faire des compromis. » « C’est la seule sortie à cette situation. C’est trop difficile et prématuré pour discuter de détails. Il n’y a eu aucun contact entre les présidents et nous ne pourrons mettre fin à cette guerre qu’en discutant directement entre deux présidents », a-t-il insisté.

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24 Commentaires

  • Posté par Stoob Spyridon, jeudi 10 mars 2022, 20:24

    Je crois que Mme von der Leyen devrait plutôt chercher une possible solution et d'arrêter de mettre de l'huile sur le feu. Si nous ne sommes pas en guerre avec la Russie pourquoi alimente elle la russophobie? Je sais on va encore me traiter de"poutinophile etc etc mais ça ne me dérange pas. On a le droite d'avoir une opinion différente de la "majorité" et ne pas croire toute la diatribe anti-russe. La guerre c'est moche, mais aurait pu évitée si l'on avait fait comprendre a l'Ukraine qu'elle devait rester neutre. A tort ou a raison les Russes considèrent son admission dans l'Otan comme un cassus belli. Quel intérêt avait pour l'Europe l'entrée de l'Ukraine a l'OTAN? Le seul qui avait cet intérêts ce sont les USA. Et pour terminer ou était la réaction européenne lorsque Israel bombardait des cibles civiles à gaza sous couvert que les palestiniens les utilisaient comme bases de tir? La parole d'israël vaut de l'or? les palestiniens eux ne valent pas une indignation de Mme von der Leyen?

  • Posté par Staquet Jean-Marie, jeudi 10 mars 2022, 18:45

    Ca va être compliqué pour les enquêteurs de l’UE: il n’y a plus d’hôtel 5 étoiles avec Spa et masseuses thaïlandaises à proximité. Et puis, c’est un peu bruyant, dis!

  • Posté par Bertrand Christophe, jeudi 10 mars 2022, 19:11

    Staquet le “ traqué “ j’ajoute: vous êtes aussi sans morale. Toute cette fange , tout ce sang depuis deux semaines vous excite et vous réjouis .

  • Posté par Coppens Jean-pierre , jeudi 10 mars 2022, 18:59

    Pour l’avion de la Malaysian Airlines descendu au-dessus de l’est de l’Ukraine, les enquêteurs sont parvenus à désigner les responsables du tir de missile. Cela n’a rien changé mais au moins les choses sont claires.

  • Posté par Staquet Jean-Marie, jeudi 10 mars 2022, 18:55

    Et vous vous êtes plusieurs et vous traquez et fichez les gens.

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