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«Nous allons mourir de faim»: les prix flambent en RD Congo

La guerre en Ukraine a des conséquences économiques un peu partout dans le monde, y compris en Afrique.

Temps de lecture: 3 min

Farine de maïs, riz, sucre, huile, tomates, bière… tout augmente. Les ménages congolais, dont les trois quarts vivent sous le seuil de pauvreté, s’inquiètent des conséquences économiques de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

A Bukavu, dans une des provinces de l’est de la République démocratique du Congo affectées depuis plus de 25 ans par les violences de groupes armés, la crainte d’une crise sociale dévastatrice s’ajoute aux problèmes d’insécurité.

Janvier Mizo Kabare, président de la Ligue des consommateurs des services au Congo-Kinshasa, assure avoir alerté « les autorités de la flambée vertigineuse des prix des denrées sur les marchés de Bukavu », source de « grand malaise social ».

Une hausse importante

Les prix augmentent « tous les jours ». « Que les autorités voient ce qu’elles peuvent faire, sinon nous allons mourir de faim ! », lance Pascaline Buhume, vendeuse de produits alimentaires.

Sur les marchés Feu rouge et Nyawera du chef-lieu du Sud-Kivu, un sac de sucre de 50 kg qui coûtait 43 dollars se négocie à 60 dollars aujourd’hui, se désole-t-elle.

Un bidon d’huile de 20 litres est passé de 30 à 45 dollars, un sac de riz de 25 kg de 18 à 25 dollars. « Un pain qui coûtait 1.000 francs congolais revient à 1.200 FC (0,5 à 0,6 dollar), s’alarme aussi Madame Aimée, la trentaine, mère de cinq enfants. Et une bouteille de bière Primus qui valait 2.500 francs (1,25 dollar) peut monter à 3.000 (1,5 dollar).

Hausse du prix du carburant

Janvier Mizo explique ces augmentations par la hausse du prix du carburant, qui a « des répercussions sur les transports et sur le prix des produits de première nécessité ».

Le « prix moyen frontière commercial » (payé à l’entrée du pays) est passé de 762,5 à 900,7 dollars pour un camion-citerne, explique Urbain Kange, secrétaire du club des pétroliers de Bukavu. « Nous faisons des efforts, mais nos fournisseurs, en Tanzanie, au Rwanda, au Kenya, nous disent qu’il y a pénurie à leur niveau « » ajoute-t-il. Plusieurs stations sont à sec à Bukavu.

Un pays dépendant des importations

Le problème vient aussi du fait que la province « dépend totalement des importations », complète Paulin Bishakabalya, opérateur économique et membre de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Pourtant, juge-t-il, « le riz, le blé, le maïs, l’huile… » pourraient être produits localement.

A cause de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, deux grands pays exportateurs de céréales, « des commandes passées par les commerçants ne sont pas honorées », souligne Paulin Bishakabalya, tandis que « certains opérateurs font de la rétention de stocks, en attendant de voir comment le marché mondial va évoluer ». « Cela aussi fait monter les prix », constate-t-il.

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