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Alcool, drogues, vitesse: ce que l’on sait du drame de Strépy-Bracquegnies

Le drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies a laissé un bilan de six morts et des dizaines de blessés. Les deux hommes à bord du véhicule qui a foncé dans le groupe de gilles ont été inculpés.

Temps de lecture: 5 min

Les autorités judiciaires ont confirmé ce mardi à Mons les inculpations de P.F. et d’A.F., les deux personnes qui se trouvaient à bord de la BMW Série 5 qui a percuté un groupe folklorique dimanche matin à Strépy-Bracquegnies, vers 5h04. Un drame dont le bilan n’a pas évolué : 6 morts et 27 blessés, dont 10 dans un état grave.

P.F. était au volant. Il est inculpé d’homicides involontaires et de coups et blessures involontaires par la juge d’instruction en charge du dossier. Il a été placé sous mandat d’arrêt et incarcéré à la prison de Tournai. Il doit comparaître dans les cinq jours devant la chambre du conseil qui devra prendre position sur son maintien en détention. Son cousin, A.F., est quant à lui inculpé de non-assistance à personne en danger.

Les peines encourues pour ce type de prévention vont de trois mois à cinq ans de prison dans le premier cas et de huit jours à un an de prison dans le second. A noter donc que l’intention homicide n’est pas retenue alors que dimanche, l’information judiciaire ouverte peu de temps après les faits portait bien sur des faits de meurtre.

Alcool, drogues : le flou persiste

L’éthylotest pratiqué sur place a montré que le conducteur était positif à l’alcool, mais de manière légère (0,29). Un test salivaire a été pratiqué pour détecter des traces de stupéfiants : il s’est avéré négatif. Mais il faudra attendre les analyses sanguines pour avoir une certitude à ce propos.

Damien Verheyen, substitut du procureur du Roi, a toutefois précisé que les qualifications retenues à ce stade peuvent être provisoires, « compte tenu des éléments extrêmement parcellaires » en possession des enquêteurs deux jours après l’accident : « Des nouveaux éléments pourraient éventuellement mettre en évidence une intention homicide. »

Le conducteur a freiné avant l’impact

Un élément précis plaide toutefois, à ce stade toujours, pour la thèse accidentelle : si P.F. roulait à très grande vitesse dans la rue des Canadiens, les images fournies par les caméras de vidéo-surveillance présentes sur place montrent qu’il a aussi freiné avant de percuter le groupe de gilles. Dans la nuit en effet, on aperçoit les feux de freinage de la voiture s’allumer brusquement.

Le conducteur, un trentenaire originaire de La Louvière, « reconnaît la matérialité des faits », a précisé le procureur du Roi Christian Henry. En clair : il roulait beaucoup trop vite, sans doute aux alentours de 90 km/h dans une artère où la vitesse autorisée est de 50 km/h. Mais là aussi, les données restent provisoires : « Nous aurons besoin du concours de BMW pour obtenir des données techniques plus précises sur le comportement du véhicule », a annoncé Ignacio de la Serna, le procureur général.

Un autre élément troublant : pourquoi la voiture et ses occupants ont-ils poursuivi leur route durant plusieurs centaines de mètres ? P.F. a expliqué au conducteur qu’il était « sous le choc » après avoir percuté plusieurs dizaines de personnes de plein fouet et que, du coup, il a mis du temps à réagir et à s’arrêter, loin des lieux du drame.

De nombreuses questions encore sans réponse

D’innombrables devoirs d’enquête et de nombreuses expertises devront désormais faire toute la lumière sur cette séquence dramatique. Le champ des investigations ira bien au-delà des circonstances factuelles et de l’expertise du véhicule ou de sa trajectoire : les conditions de visibilité (il était cinq heures du matin) et l’encadrement des festivités seront aussi au centre de l’enquête.

« Il ne faut toutefois pas renverser le problème : c’est bien la vitesse excessive qui est au cœur de ce drame », tempère toutefois le procureur général alors que commencent à se poser des questions autour de la responsabilité éventuelle des organisateurs de la manifestation et des autorités communales.

Le ramassage des gilles à Strépy-Bracquegnies est une longue tradition, bien maîtrisée par ceux qui l’organisent et en ont la charge. « En vertu de l’article 42.3 du code de la route, le groupe folklorique a sollicité une autorisation auprès de l’autorité communale. Celle-ci précise que le cortège peut occuper la voie publique s’il est accompagné de signaleurs et s’il circule sur la bande droite de la chaussée », a expliqué Christian Henry.

La police lance un appel à témoins

La police lance un appel à témoins après le drame qui a fait six morts et des dizaines de blessés ce dimanche matin vers 5h04 à Strépy-Bracquegnies.

Tout personne qui aurait été témoin des faits qui ont eu lieu ce dimanche, peut se manifester auprès des enquêteurs exclusivement via l’adresse avisderecherche@police.be.

La police émet cet appel à témoins à la requête de la juge d’instruction. Les personnes concernées seront recontactées dans les plus brefs délais pour recueillir leur témoignage.

Comment fait-on parler les voitures?

Dans «À propos », le podcast quotidien du Soir pour s’informer, décrypter et s’inspirer, nous avons évoqué comment les enquêteurs font parler les voitures dans une affaire comme celle-ci. A écouter ci-dessous vers la 7e minute. « À propos », c’est notre sélection, du lundi au vendredi dès 7 heures sur Le Soir et votre plateforme de podcasts préférée (Spotify, Apple Podcasts, Amazon Music, Podcast Addict).

Retrouvez tous les podcasts du journal « Le Soir » sur https://podcasts.lesoir.be

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3 Commentaires

  • Posté par Cornelis Michel, mardi 22 mars 2022, 18:22

    "Les feux stops se sont allumés brutalement". De qui se moque-t-on ?

  • Posté par Esquenet Alexandre, mardi 22 mars 2022, 17:35

    "P.F. a expliqué au conducteur qu’il était « sous le choc » après avoir percuté plusieurs dizaines de personnes de plein fouet et que, du coup, il a mis du temps à réagir et à s’arrêter, loin des lieux du drame." MDR, faudra encore en subir beaucoup de ces phrases?

  • Posté par D Marc, mardi 22 mars 2022, 18:09

    Cet avocat avait déjà expliqué que deux gilles s'étaient introduits par effraction dans la voiture de son client (pare-brise éclaté).

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