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Dominique de Villepin au «Soir»: «Ne commettons pas l’erreur de faire du départ de Vladimir Poutine un préalable»

L’ancien Premier ministre français ne veut pas croire qu’un changement de régime à Moscou pourrait tout résoudre. L’homme qui a dit non à la guerre en Irak appelle à convaincre le maître du Kremlin qu’il aurait plus à perdre sur le terrain militaire que dans la négociation.

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Envoyée permanente à Paris Temps de lecture: 14 min

En 2003, il avait prononcé devant les Nations Unies un discours qui avait marqué l’Histoire. Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, avait défendu le refus de la France d’entrer en guerre en Irak. Près de vingt ans plus tard, il se tient à la ligne rouge de l’Otan et de l’Union européenne : pas question de belligérance avec la Russie. Mais il veut croire que l’on peut aller plus loin dans les sanctions pour convaincre Vladimir Poutine de revoir ses objectifs de guerre. L’ancien Premier ministre français a reçu les journaux du groupe Lena, dont Le Soir.

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32 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, jeudi 24 mars 2022, 9:56

    Je pense que Villepin s'enferme lui-même par son argumentaire. Tout d'abord, la dissuasion nucléaire a été pensée et conçue pour empêcher la guerre nucléaire stratégique, pas pour permettre à un malade d'agiter le spectre de l'utilisation d'armes atomiques tactiques ou de théâtre ... ou de l'inciter à les utiliser par absence de réaction. Je trouverais donc tout à fait utile que Biden rappelle à Poutine qu'agiter la menace nucléaire stratégique ou tactique entraînera l'intervention de l'OTAN. Le fait que l'OTAN était aussi une alliance nucléaire avait d'ailleurs déjà été souligné en réponse à la menace russe. Le rappeler ne coûterait rien. Le rappel par Villepin du contexte général de la compétition USA/Chine et de l'enjeu sous-jacent que constitue la protection de l'ordre démocratique libéral implique, à contrario de l'argumentation de Villepin, que le départ de Poutine et le retour de la Russie dans l'ordre démocratique libéral fasse partie des prérequis d'une solution au conflit ukrainien, sauf à délivrer à Xi Jinping et au PCC un blanc-seing pour l'annexion militaire de Taïwan (ainsi qu'un signal équivalent à d'autres satrapes existants et futurs qu'ils ont les mains libres ...).

  • Posté par STORDIAU Pierre, vendredi 25 mars 2022, 13:07

    Monsieur Weissenberg . Je vois mieux où se trouve notre divergence : Vous voyez la vieille France de 1966 ou celle des "souverainistes" ... alors qu'aujourd'hui (et demain, après les élections) ce sera toujours un Président moderne : E. Macron ! Ses déclarations de campagnes disent le contraire de vos affirmations : Une Europe de la défense en complémentarité avec l'OTAN ! Et avec cela, je n'ai point besoin d'en écrire plus; tout est dit et on n'en est plus aux rivalités gaulienne avec "la perfide Albion" .

  • Posté par Weissenberg André, jeudi 24 mars 2022, 13:51

    @Stordiau Je serai le dernier à dire qu'il a tort sur ce point en particulier (Europe, puissance militaire). Hélas, 3x hélas, avec les Français, on peut être certain que cette montée en puissance militaire de l'UE se traduira ipso facto par une divergence avec l'OTAN (donc un assis entre deux chaises pour ceux des États Membres qui sont à la fois dans l'UE et dans l'OTAN) et en particulier avec les Américains (et les Anglo-Saxons, plus généralement), nuisant à l'unité occidentale et à la cohérence opérationnelle, ne fût-ce que pour des raisons de perception stratégique différente. On a bien vu ce qu'il en était avec le retrait de la France du commandement opérationnel de l'OTAN en 1966. Heureusement, avec le Brexit, les Britanniques ne sont plus susceptibles de venir polluer ce débat. Or, en matière de défense, les considérations souverainistes doivent s'effacer derrière l'unité de commandement. Même les Français devraient comprendre cette évidence. Elle n'est en effet pas de nature à nuire à la montée en puissance militaire de l'UE ni à son affirmation éventuelle comme puissance stratégique, au cas où les Français accepteraient d'étendre leur couverture stratégique à la totalité du territoire de l'UE. Et, peut-être verra-t-on se concrétiser enfin cette CED, maintenant que la France est de retour dans l'OTAN, que l'Allemagne ne fait plus peur et qu'on peut parler d'une certaine autonomie stratégique du bloc européen par rapport aux USA - ce qui devrait en faire réfléchir plus d'un. En attendant d'y incorporer une Russie démocratique et libérale? Pour cela aussi, évidemment, pas question d'accueillir encore un despote en Europe. L'Europe doit affirmer une fois pour toutes le principe démocratique.

  • Posté par STORDIAU Pierre, jeudi 24 mars 2022, 11:20

    @Weissenberg . Ce que vous dites n'est pas faux ... mais monsieur de Villepin n'a pas tort de vouloir élargir la puissance européenne, longtemps à l'ombre des USA (Otan). Et avec la distance, on comprend mieux l'esprit visionnaire du Général ...

  • Posté par STORDIAU Pierre, mercredi 23 mars 2022, 16:02

    Je ne vois pas "qu'un départ de Poutine" soit un bon résumé de la vision de l'ex Ministre de Villepin sur le monde de "l'après Ukraine" ! En fin diplomate; Gaullien; de Villepin espère une Europe capable d'être une "grande" puissance à l'égal des deux autres : ce qui ne peut se faire qu'en ré-investissant dans l'armement... sinon on ne serait pas crédible. L'économie et la politique ne suffisent pas.

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