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Marioupol: une ONG décrit «un enfer glacial, avec des rues jonchées de cadavres»

Deux « bombes superpuissantes » ont frappé mardi Marioupol, selon les autorités locales, qui n’ont pas avancé de bilan.

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Au moins 100.000 civils voudraient quitter Marioupol, assiégée par l’armée russe, mais sont coincés dans cette ville portuaire du sud de l’Ukraine, faute de corridor humanitaire assuré, a déclaré mardi le gouvernement ukrainien. Deux « bombes superpuissantes » ont frappé mardi Marioupol, selon les autorités locales, qui n’ont pas avancé de bilan.

Le pilonnage de Marioupol par les troupes russes empêche également les services de secours d’avoir accès à un théâtre bombardé, dans les caves duquel des centaines de personnes avaient trouvé refuge la semaine passée après une attaque aérienne. La Russie nie de son côté avoir visé le théâtre ou des civils.

Confrontée à de lourdes pertes et une défense acharnée, l’armée russe a « renforcé sa présence dans l’espace aérien de l’Ukraine » lundi, a indiqué mardi l’armée ukrainienne sur Facebook. « Outre l’utilisation de drones, l’ennemi utilise des bombardiers, des avions d’attaque et de combat, des missiles balistiques et de croisière. »

Des sources du renseignement américain citées par le quotidien américain New York Times avancent plus de 7.000 Russes tués depuis le début de la guerre. Moscou avance pour sa part 498 soldats tués dans ses rangs, tandis que le journal russe proche du Kremlin Komsomolskaïa Pravda a publié dimanche un article en ligne faisant état du très lourd bilan de 9.861 pertes. Cet article a cependant été supprimé et le média a affirmé avoir été piraté.

« Aujourd’hui (mardi) nous nous concentrons sur l’évacuation des habitants de Marioupol », où la situation humanitaire est dramatique, a indiqué la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk dans une vidéo.

« Une ville assiégée »

Des habitants ayant fui la ville ravagée ont décrit à l’ONG Human Rights Watch « un enfer glacial, avec des rues jonchées de cadavres et de décombres d’immeubles détruits », et « des milliers de personnes coupées du monde dans une ville assiégée », terrées dans des sous-sols sans eau, nourriture, électricité ou communications. L’Onu a également décrit une situation « extrêmement grave », avec « une pénurie critique et potentiellement mortelle de nourriture, d’eau et de médicaments ».

Trois couloirs humanitaires devaient être ouverts mardi entre trois localités proches de Marioupol et la ville de Zaporojie, à 250 km au nord-est, selon Mme Verechtchouk. « Il n’y aura pas suffisamment de place pour tout le monde » mardi, mais « nous allons poursuivre l’évacuation selon le même algorithme jusqu’à ce qu’on ait sorti tous les habitants de Marioupol », a-t-elle ajouté.

Plus de 200.000 personnes se trouvent toujours dans la cité, selon Petro Andryushchenko, adjoint au maire cité par Human Rights Watch. Selon lui, plus de 3.000 civils y ont péri depuis le début des combats, mais le bilan exact reste inconnu.

Majoritairement russophone, Marioupol, stratégiquement située entre la Crimée (sud) et le territoire séparatiste de Donetsk (est), est bombardée depuis des semaines par le Kremlin. Le gouvernement ukrainien a rejeté un ultimatum de Moscou exigeant la reddition de la ville, où des chars russes sont entrés et les combats se poursuivent.

Dans tout le pays, au moins 117 enfants ont été tués depuis le début de l’invasion russe, a indiqué mardi le parquet général d’Ukraine. En outre, 548 établissements scolaires ont été endommagés, dont 72 complètement détruits, selon la même source.

Près de 3,5 millions de personnes – essentiellement des femmes et des enfants – ont fui l’Ukraine depuis le 24 février, selon l’Onu.

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