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Sommet de l’Otan: la guerre en Ukraine marque un tournant pour l’Alliance, qui se muscle davantage (direct)

Au terme de ce sommet, l’Otan a, une nouvelle fois, exclu l’envoi de troupes en Ukraine, qui n’est pas membre de l’Alliance, d’avions dans le ciel et l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, qui impliquerait une confrontation directe avec la Russie.

Temps de lecture: 5 min

Un tournant » dans l’histoire de l’Otan et un « choc » pour une génération qui n’a pas connu la menace de guerre : les expressions utilisées jeudi par le Premier ministre belge Alexander De Croo illustrent parfaitement l’état d’esprit des dirigeants des trente pays de l’Otan – et de l’Occident en général – face à l’offensive lancée voici un mois par la Russie pour conquérir l’Ukraine.

Le chef du gouvernement fédéral s’exprimait à l’issue d’un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement alliés tenu à Bruxelles et consacré exclusivement à l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, avant un sommet du G7 et une participation du président américain Joe Biden au sommet de printemps de l’Union européenne.

Le premier résultat obtenu par le président russe Vladimir Poutine, qui espérait une victoire rapide mais qui doit bien constater les lenteurs de l’offensive menée par son armée face à une résistance farouche de l’armée et du peuple ukrainiens, est toutefois à l’opposé de ses objectifs géostratégiques : l’Otan, dont il dénonce l’expansion depuis la fin de la Guerre froide, s’est renforcée en Europe de l’Est, tout en fermant toutefois de facto la porte à Kiev.

Réinitialisation de la stratégie de l’Otan

Les conditions de sécurité en Europe ont radicalement changé, ce qui nécessite une « réinitialisation » de la stratégie de défense et de dissuasion de l’Alliance transatlantique, a résumé son secrétaire général, Jens Stoltenberg, devant la presse.

Les dirigeants alliés ont, lors du sommet, entériné la mise sur pied de quatre nouveaux groupements tactiques – des formations d’au moins un millier de militaires – en Roumanie, en Hongrie, en Bulgarie et en Slovaquie, et le renforcement des quatre « Battle Groups » déjà déployés dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et en Pologne.

Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée, au printemps 2014, par Moscou puis après le déclenchement, le 24 février, de « l’opération militaire spéciale », l’Otan a pris de nombreuses mesures pour assurer la défense du territoire de ses membres, avec un renforcement des moyens militaires en Europe de l’Est et l’activation, pour la première fois depuis sa création, de sa force de réaction rapide, avec des éléments belges.

Des dizaines de milliers de soldats mobilisés

Plus de 100.000 militaires américains sont actuellement présents en Europe et plus de 40.000 hommes et femmes sont placés sous commandement direct de l’Otan en Europe orientale, a expliqué M. Stoltenberg, devant la presse. « C’est du jamais vu », a-t-il souligné.

Le secrétaire général, dont le mandat a été prolongé d’un an, jusqu’en septembre 2023, a aussi annoncé que le prochain sommet, fin juin à Madrid, devra décider de nouvelles mesures de renforcement du dispositif militaire allié à plus long terme, avec davantage de forces terrestres, d’avions de combat, de défenses antiaériennes, de navires et de sous-marins affectés à la défense du flanc oriental de l’Alliance et un degré de réactivité plus élevé.

Soutien à l’Ukraine

Il a indiqué que l’Otan allait fournir à l’Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques et nucléaires et protéger ses forces déployées à l’Est contre ces menaces.

Tout usage d’armes chimiques par la Russie en Ukraine serait inacceptable et aurait de profondes conséquences, avait prévenu dès mercredi M. Stoltenberg, alors que le président américain Joe Biden affirmait, en quittant Washington pour Bruxelles, qu’une attaque russe de ce type était « une menace crédible ».

L’Otan a toutefois exclu sur tous les tons l’envoi de troupes en Ukraine, qui n’est pas membre de l’Alliance – mais un « partenaire » proche –, d’avions dans le ciel et l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, qui impliquerait une confrontation directe avec la Russie.

L’appel de Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé à plusieurs reprises la mise en place d’une telle zone qui viserait à interdire les vols d’appareils militaires russes au-dessus de l’Ukraine. Il a encore exhorté jeudi les pays de l’Otan à fournir « une aide militaire sans restriction » à son pays, lors d’une intervention par vidéoconférence devant les dirigeants alliés.

« L’Otan n’est pas partie prenante à ce conflit et il nous appartient de veiller à ce qu’elle ne le devienne pas », lui a rétorqué M. De Croo, relayant une préoccupation de la Maison Blanche.

Le Premier ministre belge a également appelé, à l’unisson avec ses homologues des 29 autres pays de l’Otan, la Chine, un allié de Moscou, à se tenir à l’écart du conflit ukrainien.

« Nous exhortons tous les États, et notamment la République populaire de Chine (RPC), à respecter l’ordre international, y compris les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale consacrés par la charte des Nations Unies, à s’abstenir de soutenir d’une quelconque manière l’effort de guerre russe et à éviter toute action qui aiderait la Russie à contourner les sanctions », indique la déclaration finale du sommet.

« Nous jugeons préoccupantes les récentes déclarations faites par des représentants de la RPC, et appelons la Chine à cesser de se faire l’écho des discours mensongers du Kremlin, en particulier concernant la guerre et l’Otan, et à favoriser une résolution pacifique du conflit », ajoute le texte.

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7 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, vendredi 25 mars 2022, 13:39

    Il est bon de montrer à Poutine un front uni et une détermination qui - avouons le - s'était émoussé (le mot est faible) depuis la chute du mur . La Russie s'est mise au banc des Nations d'elle-même : ce qui est plutôt en contradiction avec le personnage même de son président qui recherchait la "glorification" à l'image d'un Tsar ! >>> et c'est plutôt raté ! LOL .

  • Posté par Veranneman Raymond, jeudi 24 mars 2022, 21:20

    Je ne comprends pas la logique: d'une part on va réarmer l'Europe derrière un nouveau rideau de fer (ce qui montre que l'OTAN est persuadée que les Russes nous attaqueront) et d'autre part on n'ose pas intervenir militairement maintenant pour aider l'Ukraine. Les forces de l'OTAN ne sont-elles pas actuellement suffisantes alors que la résistance ukrainienne met l'armée russe en échec ? Nous sommes lâches ridicules. Je suis indigné.

  • Posté par stals jean, jeudi 24 mars 2022, 21:11

    Du surréalisme à la belge , cet appel de De Croo qui a l'unissons dit à ses homologues européens de se tenir à l'écart du conflit entre les russes et les ukrainiens...dans le même temps, l'Europe libère des milliards d'euros pour aider, (comme les américains libèrent les milliards de dollars depuis des années), l'Ukraine à combattre les crimes de guerre commis par l'armée russe du psychopathe Poutine...

  • Posté par Veranneman Raymond, jeudi 24 mars 2022, 21:32

    Oui. Nous sommes tétanisés par la menace nucléaire. Comme si renforcer les armées européennes allait miraculeusement la faire disparaître. Si nous ne réagissons pas maintenant l'OTAN perdra toute crédibilité aux yeux de Poutine. L'attentisme ne résout rien.

  • Posté par Veranneman Raymond, jeudi 24 mars 2022, 21:27

    Oui. Nous sommes tétanisés par la menace nucléaire. Comme si renforcer les armées européennes allait miraculeusement la faire disparaître. Si nous ne réagissons pas maintenant l'OTAN perdra toute crédibilité aux yeux de Poutine. L'attentisme ne résout rien.

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