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France: appel à la prudence, des cervidés circulent en «état d’ébriété» en Normandie

Temps de lecture: 3 min

Ivre », un chevreuil s’est égaré sur le parking du centre hospitalier de Vernon, rapporte Paris Normandie. Si l’histoire prête à sourire elle met en lumière un phénomène qui peut être dangereux pour ces animaux. En effet, au printemps les cervidés mangent les bourgeons sucrés des arbres. Mais les substances alcaloïdes présentes dans ces gourmandises fermentent dans leurs estomacs et produisent des effets comparables à un état d’ébriété. L’histoire peut alors mal se terminer pour le chevreuil. C’est pourquoi la fondation 30 millions d’amis, qui vient de relayer l’histoire vernonnaise, alerte sur ce risque.

Les faits

À Vernon il est environ 15 h, vendredi 15 avril 2022, lorsqu’un cervidé est aperçu sur le parking de l’hôpital. Dans un état « d’ébriété », le mâle adulte aurait pu traverser la Seine à la nage avant d’arriver dans le centre-ville. Contactée, la police municipale se rend sur place en compagnie du lieutenant de louveterie du secteur. Ce bénévole assermenté par l’État a notamment pour mission de réguler des espèces susceptibles de causer des dégâts et des dommages et il intervient aussi quand des animaux sauvages se retrouvent coincés quelque part. Le lieutenant de louveterie « a indiqué un protocole aux agents municipaux et hospitaliers afin d’attraper l’animal sans prendre le risque de le blesser », raconte un témoin. Le chevreuil a ensuite été relâché « en toute sécurité et en bonne santé dans la forêt de Vernonnet », fait savoir la Ville de Vernon.

Les cervidés ne cherchent pas à se soûler

Les mésaventures de ce type « sont nombreuses en cette période lorsque les arbres bourgeonnent car les cervidés raffolent du sucre présent dans les bourgeons », précise 30 millions d’amis. « C’est quelque chose d’accidentel, qui est produit par une trop grosse consommation d’un aliment. Il n’y a pas chez le chevreuil le but de se mettre dans un état second, comme on peut le voir par exemple chez les dauphins qui vont absorber une toxine relâchée par les poissons-globes », détaille Pierrick Poiré, soigneur animalier au centre de soin de la faune sauvage de l’association Faune Alfort, à Maison-Alfort (Val-de-Marne). Selon lui, les cas « d’ébriété » restent heureusement « assez rares ».

30 millions d’amis précise qu’il n’y a pas de mort à déplorer. « Mais les animaux sont apeurés, stressés et peuvent se blesser : certains se retrouvent piégés dans des enceintes comme des parkings. Et en essayant de fuir, ils peuvent se cogner et se blesser à la tête. »

« La perte des repères naturels n’est pas due uniquement à l’ingestion de végétaux euphorisants », ajoute 30 millions d’amis. Car au printemps, les jeunes chevreuils, au printemps, doivent quitter leur mère et partir à la conquête d’un territoire. « Certains cervidés se retrouvent donc parfois loin de leur habitat, parfois aux abords d’habitations. »

Face un cervidé paniqué, la fondation recommande de contacter les forces de l’ordre ou les pompiers qui tenteront de le capturer pour le relâcher dans la forêt. Si l’histoire se termine de cette façon, l’excès de gourmandise n’aura eu pour autre conséquence qu’une – peut-être – gueule de bois.

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1 Commentaire

  • Posté par Smyers Jean-pierre, dimanche 24 avril 2022, 17:29

    Surtout dans le Calvados.

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