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Procès «Paris bis»: un an de prison avec sursis requis pour faux contre Farid Kharkach

Farid Kharkach est actuellement jugé à Paris dans le dossier des attentats du 13 novembre 2015, pour avoir fourni des faux papiers d’identité à certains auteurs des attaques.

Temps de lecture: 3 min

La procureure fédérale a requis, lundi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre de l’épouse de Farid Kharkach, prévenue pour faux dans le dossier « Paris bis ».

« Madame est tout à fait en aveux sur le faux, je crois qu’il n’y a pas de contestation », a considéré la procureure. La prévenue n’a en effet pas contesté avoir remplacé son mari, dans un trafic de faux papiers, à une ou deux reprises en septembre 2015, alors que ce dernier se trouvait au Maroc. La procureure a estimé les faits graves étant donné que plusieurs fausses cartes d’identité ont servi aux terroristes pour louer des appartements qui leur serviront de planques et pour circuler facilement en Europe. La prévenue n’est pas poursuivie pour infractions terroristes, comme l’est son époux, mais uniquement pour faux.

Un mois avant les attentats du 13 novembre 2015, un réseau de faussaires a été démantelé lors d’une perquisition d’un logement à Saint-Gilles. « C’est un véritable atelier de fabrication de faux papiers qui a été découvert à l’adresse, sous les combles », a détaillé la procureure. L’enquête a permis de constater qu’au moins 366 fausses cartes avaient été confectionnées. Parmi les fausses cartes retrouvées, quatorze étaient munies de photos de certains auteurs ou co-auteurs présumés des attentats, notamment Najim Laachraoui, Mohamed Belkaïd, Salah Abdeslam, Ahmed Dahmani… Les pistes ont mené à Farid Kharkach. Il a été interpellé en janvier 2017.

Selon l’enquête, la femme de ce dernier l’a remplacé pour ce trafic, entre le 1er septembre et le 17 octobre 2015, alors qu’il était au Maroc. Durant cette période, Khalid El Bakraoui s’est déplacé deux fois au domicile de la prévenue. Il figurait lui aussi parmi les clients de Farid Kharkach.

Enfin, la procureure a terminé son réquisitoire en requérant une peine de travail à l’encontre du dernier prévenu, poursuivi pour infraction à la loi sur les armes et à la loi relative aux substances et mélanges explosifs. Son nom est apparu dans ce dossier de terrorisme parce que des informations de police le renseignaient comme celui qui a convoyé Salah Abdeslam après les attentats. « Ces informations parviennent le 16 novembre, alors qu’on cherche nuit et jour Salah Abdeslam. Selon celles-ci, monsieur aurait caché Abdeslam dans sa camionnette », a expliqué la procureure. « On apprend aussi qu’il a un frère proche d’Abaaoud. Il est ensuite mis sous écoute et le 19 novembre, on l’arrête. Quant à sa camionnette, elle a été déposée au labo de la police fédérale », a-t-elle poursuivi. Dans ce véhicule, les enquêteurs ont découvert un pistolet d’alarme, un fusil de très petit calibre dont il manquait des pièces et deux munitions. Ils en ont aussi sorti un frigo qui contenait d’importantes traces d’explosifs.

« Le prévenu a expliqué avoir trouvé les armes dans la rue, précisant qu’il est brocanteur et ferrailleur et qu’il fait les marchés matinaux. Quant aux traces d’explosifs, il n’a pu donner d’explication. Ça reste nébuleux », a poursuivi la représentante du ministère public. La magistrate a encore fait remarquer que l’ADN de cet homme a « matché » avec des traces prélevées sur les lieux d’un vol avec violence commis en 1998, et qu’il a de nombreux antécédents judiciaires pour des vols, des faits de violence et des infractions au code de la route.

Le procès se poursuivra lundi prochain à 09h00 avec les premières plaidoiries de la défense.

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