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Le sixième sens lumineux d’Arcade Fire

Le groupe montréalais revient avec « WE », son sixième album.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 4 min

Chaque nouvel album d’Arcade Fire est un événement, tellement le groupe montréalais a l’habitude de nous offrir de grands moments d’une musicalité jamais prise en défaut. Ce sixième disque, cinq ans après Everything Now, s’intitule WE et nous propose sept (très longs) titres. Si le single avant-coureur The Lightning I, II, avec ce clip tempétueux en noir et blanc, renoue avec le rock fougueux de Funeral, leur premier album de 2004, le disque - décrit par ses auteurs comme un « voyage cathartique qui part de l’obscurité pour aller vers la lumière » - propose davantage de longs moments de quiétude, voire d’inquiétude. WE est divisé en deux parties bien distinctes. La première partie « canalise la peur et la solitude » tandis que la seconde « exprime la joie et le pouvoir de la reconnexion », nous dit le communiqué officiel. Produit par Nigel Godrich, Win Butler et son épouse Régine Chassagne, ce nouvel Arcade Fire (qu’a quitté Will, le frère de Win) propose de longues plages pas qu’atmosphériques reposant avant tout sur de solides mélodies pop comme Win nous en a depuis toujours troussé. On retrouve intact ce son particulier, cette énergie positive, cette charge épique, cette lumière particulière que résume cet œil tiré d’une photo du Français JR.

La fin d’un monde

Age of Anxiety I ouvre l’album, précédant la suite, Age of Anxiety II (Rabbit Hole ), un trou de lapin dans lequel on s’est tous retrouvés en mars 2020. La voix de Win se marie à celle de Régine sur une boucle électronique. On sent le travail confiné, quasi solitaire. End of the Empire I-IV, ensuite, débute par un Win seul au piano pour une mélodie douce, mélancolique. Il n’y a pas à dire : le covid a précipité la fin de notre empire, de nos certitudes, de nos libertés, de notre insouciance. Après le single décoiffant The Lightning I, II, deux autres pièces se répondent : Unconditional I (Lookout Kid) et Unconditional II (Race and Religion), l’espoir d’un monde meilleur, débarrassé de ses peurs et de ses haines. La fièvre propre à Arcade Fire est de retour avant la plage titulaire, une autre pièce douce, comme une berceuse adressée à leur enfant né en 2013, emplie d’optimisme pour une humanité qui ne peut soigner toutes ses imperfections qu’au travers d’un amour inconditionnel, celui que l’on se doit les uns aux autres. « Croyez en vous », dit Win. « Le monde va mal avant de devenir meilleur car cela va toujours mieux. Personne n’est parfait, je le répète, personne n’est parfait ! »

Un monde meilleur

Arcade Fire, qui autant le dire tout de suite est avec Gorillaz le groupe le plus passionnant de ce siècle, nous livre ici à nouveau un vrai chef-d’œuvre, d’émotion et de sensibilité, avec cette énergie positive et cette puissance mélodique et rythmique qui ont comme réinventé le rock en lui redonnant tout son sens. De ce fameux premier concert historique du 15 mai 2005 au Cirque royal à celui livré au centre de la salle, sur un ring de boxe, au Sportpaleis d’Anvers le 19 avril 2018 (avant leur présence au Pukkelpop cette même année), la bande à Win et Régine a toujours offert à ses fans des moments inoubliables.

Rappelons que David Bowie ne s’y était pas trompé en décrétant que Funeral était le meilleur album de l’année, allant jusqu’à remonter exceptionnellement sur scène pour les rejoindre, plus d’un an après avoir dû interrompre son Reality Tour pour raisons de santé. C’était le 8 septembre 2005 au Radio City Music Hall de New York, pour la soirée Fashion Rocks organisée au profit des victimes de l’ouragan Katrina. Bowie, ce soir-là, chante Life On Mars ? avec son claviériste Mike Garson et reprend, avec les Montréalais, son Five Years et Wake Up d’Arcade Fire.

Depuis 2005, on n’a plus lâché Arcade Fire d’une semelle, les retrouvant à Forest National le 2 novembre 2007 (après le Pukkelpop) pour la tournée Neon Bible. Le concert programmé cette année-là aux Halles de Schaerbeek avait dû être reporté en raison d’une extinction de voix de Win Butler, mais il aura bien lieu six ans plus tard, en novembre 2013, pour le Reflektor Tour, dans une ambiance incroyable, le groupe ayant demandé à ses fans de venir en tenue de soirée, histoire de faire la fête.

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WE

Arcade Fire

Columbia-Sony Music. Disponible ce vendredi 6.

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