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Interdiction des publicités pour les jeux de hasard: les opérateurs privés «scandalisés» par la limitation

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, s’attaque à la dépendance aux jeux d’argent, en prenant pour cible la publicité de ceux-ci. Une proposition qui a fait réagir dans le monde sportif, politique et les opérateurs privés.

Temps de lecture: 3 min

Les opérateurs privés dénoncent la limitation annoncée de la publicité des jeux de hasard, a annoncé, lundi dans un communiqué, la Belgian association of gaming operators (BAGO), une union professionnelle qui regroupe cinq grandes entreprises du secteur privé des jeux de hasard en Belgique.

La proposition du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), de fortement restreindre la publicité pour les jeux de hasard a trouvé lundi un écho favorable parmi la majorité des partis de la coalition Vivaldi, à l’exception notable du MR, dont le président, Georges-Louis Bouchez, s’y est dit « totalement opposé ». La Pro League de football a quant à elle affirmé craindre une réduction des revenus de sponsoring pour les clubs professionnels.

Les opérateurs privés sont « scandalisés »

Les opérateurs privés de jeux de hasard légaux se disent « scandalisés par l’interdiction drastique de la publicité pour les jeux d’argent légaux, annoncée par le ministre de la justice ».

Selon les responsables de l’association BAGO, « cette mesure ne profitera pas au consommateur, au contraire ». Ceux-ci estiment que, en l’absence de publicité pour les jeux autorisés, le consommateur ne pourra plus distinguer les offres légales et illégales. De ce fait, les clients seraient de plus en plus susceptibles de fréquenter des sites (internet) qui n’offrent aucune garantie en termes de protection des joueurs.

« La publicité est nécessaire »

« La publicité est nécessaire afin d’orienter les consommateurs vers le jeu légal, contrôlé et sûr », précise le communiqué de l’association selon laquelle l’interdiction de publicité conduirait à des dérives, « comme en Italie où l’on a observé une croissance du secteur illégal pouvant aller jusqu’à 50 % de 2019 à 2021 ».

L’association BAGO dit aussi regretter, du chef du gouvernement fédéral, une absence totale de concertation du secteur, l’ignorance de l’avis de la Commission des jeux de hasard ou encore l’exception d’interdiction accordée à la Loterie nationale, « de loin le plus gros annonceur ».

Les opérateurs privés suggèrent le développement d’un cadre juridique général pour imposer le devoir d’encadrement à l’ensemble du secteur.

« De plus en plus d’opérateurs légaux déploient des algorithmes et de l’intelligence artificielle pour identifier rapidement les comportements de jeu problématiques émergents et proposer aux joueurs des solutions, pouvant aller jusqu’à leur conseiller de s’inscrire sur la liste d’exclusion EPIS. Si nous voulons lutter efficacement contre la dépendance aux jeux d’argent, c’est la voie à suivre », conclut Tom De Clercq, président de BAGO.

BAGO représente les entreprises Ardent Group, BetFIRST, Golden Palace Group, Napoleon Games&Casino, ainsi que Kindred.

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