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Les «Pfizer documents»: attention à la nouvelle avalanche de fake news sur le vaccin

Des fake news pullulent dans plusieurs langues sur internet.

Temps de lecture: 4 min

Depuis plusieurs semaines, circulent blogs, tweets ou posts Facebook relayant de prétendues révélations sur la « dangerosité » du vaccin anti-covid, qui seraient issues des « Pfizer documents ». Si ces documents existent bien, ils ont été déformés et décontextualisés.

« On vous a vendu une efficacité de 95 % de l’injection, mais les #pfizerdocuments révèlent 12 % d’efficacité sur les 7 premiers jours puis 1 % », « Donc les documents #Pfizer montrent que leur vaccin est déconseillé pour les femmes enceintes et allaitantes », « Pfizer savait que ses vaccins allaient tuer »… Voilà quelques-unes des innombrables publications qui pullulent en anglais, serbe, français, finnois, néerlandais ou allemand sur internet.

D’où viennent ces documents ?

L’Agence américaine du médicament, la FDA, publie de façon progressive des dizaines de milliers de pages relatives au vaccin de Pfizer/BioNTech, autorisé à partir de fin 2020. Contrainte par une décision de justice, elle devait rendre publiques quelque 330.000 pages à raison de « plus de 12.000 pages » avant le 31 janvier 2022 puis « 55.000 pages tous les 30 jours », depuis du 1er mars.

A chaque fournée de « Pfizer documents », moult allégations trompeuses ressurgissent bien que la plupart aient déjà été réfutées par de nombreux scientifiques du monde entier et font l’objet de quantités d’articles de vérification. Certaines sont bâties sur ces documents, d’autres sont de simples recyclages, affublées sur mot-clé #pfizerdocuments pour leur assurer une viralité maximale.

Les effets secondaires

De très nombreuses publications affirment que ces documents listent d’innombrables effets secondaires inquiétants, certains internautes évoquant 8 ou 9 pages de troubles et maladies.

En réalité, cette liste est celle d’« événements indésirables d’intérêt particulier » (AESI) théoriquement possibles (par exemple parce qu’ils ont été relevés dans le cas de vaccins précédents) et donc qui doivent faire l’objet d’une surveillance particulière après la mise sur le marché du produit. Il ne s’agit pas de la liste d’effets rapportés pour ce vaccin, comme l’ont confirmé plusieurs experts de pharmacovigilance à l’AFP.

« 3 % de mortalité » pendant les essais ?

Certaines publications prétendent aussi que les documents de Pfizer révéleraient que lors des essais du vaccin, plus de 1.200 personnes – « 3 % » des participants – seraient mortes.

Le document fait état de 1.223 décès signalés parmi des personnes qui ont été vaccinées. C’est en rapportant ce chiffre au nombre total de signalements d’effets secondaires mentionnés (un peu plus de 42.000) que plusieurs internautes sont ainsi parvenus à la conclusion de « 3 % de mortalité » liée à la vaccination.

Comme le stipule le document lui-même, les données utilisées proviennent notamment de signalements de personnes décédées faits à Pfizer par les autorités sanitaires de plusieurs pays, sans qu’un lien causal avec le vaccin ait été établi.

Le chiffre de 3 % ne peut pas montrer le taux de mortalité de la vaccination, qui supposerait d’avoir le nombre de décès imputés aux vaccins par rapport au nombre de doses administrées.

« 1 % d’efficacité » ?

Pfizer avait avancé à l’issue de ses essais cliniques une efficacité de son vaccin à 95 %, ce qui signifie que parmi les personnes vaccinées lors de l’essai clinique, celles qui ont reçu le vaccin ont eu un risque de développer la maladie inférieur de 95 % à celui du groupe qui n’ont pas reçu le produit (mais un placebo).

Mais de nombreuses publications avancent d’autres chiffres, notamment « 1 % ».

Il y a en réalité deux façons de calculer le taux d’efficacité d’un vaccin : la « réduction relative du risque » (les fameux 95 %) et la « réduction absolue du risque », qui bien que statistiquement valable, est peu lisible puisqu’elle tourne pour le vaccin Pfizer autour de 0,85 point. C’est de là que semble venir le chiffre de 1 % avancé par les internautes.

Depuis le début des campagnes de vaccination dans le monde, plus de 10 milliards de doses de vaccin (toutes marques confondues) ont été administrées. Scientifiques indépendants comme autorités sanitaires continuent d’affirmer que l’efficacité reste élevée et le rapport bénéfices-risques largement favorable, même si « en vie réelle », le taux d’efficacité est inférieur au taux de 95 % observé lors des essais.

Femmes enceintes et allaitantes

Bien que les publications sur internet citent les « Pfizer documents », les captures d’écran à l’appui de ces affirmations ne viennent pas de l’entreprise mais de l’Agence britannique du médicament (MHRA). Dans une note du 8 décembre 2020 (début de la campagne de vaccination au Royaume-Uni), cette autorité écrit bien que le vaccin de Pfizer « n’est pas recommandé pendant la grossesse » et « ne doit pas être utilisé pendant l’allaitement ».

Mais il est expliqué que ces précautions sont dues au manque de données à ce moment-là. Et pour cause, les essais de phase 3 du vaccin ont exclu les femmes enceintes, ce qui est connu depuis le début.

Comme dans de nombreux pays, le Royaume-Uni n’a donc d’abord par principe de précaution, pas recommandé le vaccin femmes enceintes et allaitantes.

La plupart des pays ont depuis non seulement autorisé le vaccin pour les femmes enceintes mais le recommandent en raison des risques particuliers du covid pour cette population (risque de naissances prématurées par exemple).

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15 Commentaires

  • Posté par massacry olivier, jeudi 12 mai 2022, 21:06

    Concernatnt le new < pfizergate> deux lectures: 1)https://twitter.com/arikouts/status/1522578180808314880, 2) https://sciencebasedmedicine.org/the-12-gambit-the-latest-slasher-stat-about-covid-19-vaccines/.

  • Posté par Smyers Jean-pierre, jeudi 12 mai 2022, 18:06

    L'incapacité des intervenants à lire le contenu d'un article, ou plutôt, leur militantisme ahurissant confine au ridicule le plus absolu.

  • Posté par Ernotte Sébastien, jeudi 12 mai 2022, 16:30

    Et encore de l afp. LeSoir n a plus de journaliste? Évidemment que la protection contre l infection est quasi nulle, les faits en vie réelle le prouvent, ainsi que les chiffres Sciensano. Évidemment que le risque de problème cardiaque est plus élevé avec le vaccin qu avec le covid. Et évidemment qu aucune femme enceite ni enfants de moins de 18 ans n auraient jamais du se faire injecter ce produit arn bâclé et toujours actuellement en phase d essais clinique. Le plus gros scandale vaccinal depuis celui des opiacés, et c était déjà McKinsey a la manœuvre... Les procès commencent.

  • Posté par massacry olivier, jeudi 12 mai 2022, 21:11

    Du chnock, tu sais qui a vendu le récit du covid comme un rhume? ....McKinseey....oups silence. Quant aux < procès,> cela fait plus d'un an que l'on entend ce refrain, comme un disque rayé, lassant.

  • Posté par Bouram Cedric, jeudi 12 mai 2022, 11:49

    Le covid circule plus chez les vaccinés et les vaccinés sont largement majoritaire dans les hopitaux. C'est un fait. Ces injections sont la plus grosse arnaque de la décennie.

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