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Focus sur quelques éléments clés pour construire toujours plus durable

Les nouvelles constructions sont aujourd’hui soumises à des normes strictes en matière énergétique. Mais ces dernières ne sont pas le seul moyen de limiter les consommations d’un bâtiment et l’impact de celui-ci sur l’environnement.

Temps de lecture: 7 min

Le Belge a une brique dans le ventre et construire sa propre habitation reste un rêve pour une bonne partie de la population. Il est vrai que l’immobilier neuf présente de multiples avantages, comme la possibilité de choisir le terrain, l’agencement ou encore les finitions de son logement. Et puis surtout, les constructions neuves garantissent d’emblée un certain niveau de performance énergétique, ce qui n’est pas négligeable au vu des prix de l’énergie.

Si l’on veut réduire ses factures et son impact sur l’environnement, on peut cependant aller encore plus loin et il est intéressant d’y réfléchir en amont de la construction ou de l’achat d’un bien neuf. Voici donc un échantillon de quelques facteurs clés pris en compte par les constructeurs et promoteurs particulièrement attentifs à l’impact environnemental de leurs projets.

Les bâtiments Q-Zen

Depuis 2021, tous les nouveaux bâtiments construits en Wallonie doivent être « Q-Zen ». Cette réglementation vise à garantir des constructions plus saines, plus confortables et surtout plus économes en énergie. Ce niveau de performance énergétique implique notamment une enveloppe bien isolée et étanche à l’air, des systèmes performants (notamment pour le chauffage et la ventilation) et l’utilisation majoritaire de sources d’énergie renouvelables (pompes à chaleur, biomasse, panneaux solaires…) pour produire la faible quantité d’énergie nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude. Au niveau PEB, un bâtiment Q-Zen se traduit par un label de A minimum, c’est-à-dire que la consommation du bâtiment ne doit pas dépasser 85 kWh par m2 et par an. Pour y parvenir, on met généralement en œuvre une série de techniques comme l’isolation des différentes parois, l’installation de châssis performants, un système de ventilation, etc., mais l’orientation est également un élément important.

L’orientation et la localisation

Le choix du terrain est loin d’être anodin, car il impacte la construction mais aussi le mode de vie des habitants. Aujourd’hui, les préoccupations environnementales et économiques poussent en effet à construire au plus près des services (écoles, commerces, lieux de travail, transports en commun…) pour réduire le nombre et la longueur des déplacements. Cela permet aux habitants de gagner du temps, mais aussi de faire des économies par rapport aux transports ou encore de favoriser d’autres moyens de déplacement.

L’implantation influence également les possibilités en matière de construction. « On évite par exemple de choisir des terrains trop enclavés, car cela prive les habitants de vues dans leur logement, mais surtout de luminosité », souligne David Colette, directeur du Pôle Energie d’Horizon Groupe qui est spécialisé dans les projets immobiliers durables. Or, tirer parti de l’ensoleillement et de l’orientation fait partie des principes de base pour construire durable. « Généralement, les pièces de vie sont orientées au sud, voire au sud-est ou au sud-ouest, et possèdent des grandes ouvertures pour maximiser l’apport de lumière et de chaleur du soleil », poursuit David Colette. « Cela permet de réduire les besoins énergétiques lors des périodes les plus froides. » Comme les épisodes de canicule ont tendance à se multiplier, il faut également penser à éviter les surchauffes, et l’on peut par exemple protéger le bâtiment à l’aide de vitrages adaptés, mais aussi de volets, de stores, de débordements architecturaux ou encore de végétation.

La typologie du bâti

La raréfaction des terrains libres et constructibles pousse à rénover ou reconvertir certains sites, mais aussi à mieux penser le bâti. « En ville et dans les alentours, on essaye de plus en plus de valoriser l’emprise au sol avec des habitations plus groupées, voire plus élevées », précise David Colette. « Même à l’extérieur des zones urbaines, les maisons 2 et 3 façades sont désormais privilégiées aux villas pour limiter les pertes d’énergie, et d’ailleurs, de moins en moins de communes autorisent la construction de logements 4 façades. »

Outre le nombre de façades, il est aussi important de tenir compte de la taille de l’habitation et de l’adéquation de celle-ci avec les besoins du ménage. « Chez Horizon, notre vision est de construire des logements dont la superficie est juste, mais pas démesurée », poursuit le directeur du Pôle Energie. « On veille aussi à éviter les espaces perdus, car ils représentent des volumes supplémentaires à chauffer. »

Les énergies renouvelables

Non seulement, les nouvelles constructions doivent présenter de faibles besoins en énergie, mais idéalement, celle-ci doit provenir de sources renouvelables. Ces dernières années, les solutions privilégiées sont généralement les pompes à chaleur ou les chaudières biomasse, pour le chauffage, et les panneaux solaires, pour la production d’électricité et/ou d’eau chaude. Il est aussi possible de produire simultanément de la chaleur et de l’électricité grâce à la cogénération, une combinaison qui a pour intérêt de réduire les émissions de CO2, la consommation d’énergie primaire et le coût de la facture énergétique. Ces cogénérations peuvent être alimentées par des combustibles fossiles, mais on leur préférera évidemment les sources renouvelables comme le biogaz ou la biomasse. Il existe désormais des installations de « microcogénérations » dimensionnées pour les logements individuels. Toutefois, les cogénérations sont plutôt déployées à l’échelle de quartiers ou de grands bâtiments dont les besoins énergétiques sont conséquents.

Les équipements collectifs

Mutualiser certains systèmes peut s’avérer un véritable atout, notamment pour diviser les coûts d’entretien, les investissements, etc. On connaît évidemment les chaudières collectives à l’échelle d’un immeuble, mais il est aussi possible de mutualiser la production de chauffage dans un quartier ou une ville grâce aux réseaux de chaleur. Cette chaleur peut provenir de la géothermie, de la production solaire ou encore être récupérée lors de procédés d’incinération des déchets, de traitement des eaux usées…

Même si c’est moins répandu, on peut aussi appliquer le système de réseau à d’autres ressources comme l’eau. « C’est une façon de répondre aux problématiques de sécheresse et de crues », souligne David Colette. « Dans nos projets, nous installons par exemple des citernes en surcapacité en amont du réseau d’égouttage afin de soulager celui-ci en cas de fortes crues et d’éviter les pertes, car une fois que les citernes sont pleines, l’eau part généralement à l’égout et est perdue. » Ces citernes sont évidemment reliées à des systèmes de traitement et des réseaux de distribution privés qui alimentent les projets d’Horizon Groupe en eau de pluie et eau purifiée. Cela représente un investissement de départ pour le promoteur, mais les avantages sont multiples : « L’installation est mutuelle, donc chaque habitant ne doit pas investir dans un groupe hydrophore ni une citerne qu’il faut entretenir », précise David Colette. « Il y a aussi un gain au niveau énergétique puisqu’au lieu que chaque logement possède une pompe de 1kW, on peut se contenter d’une pompe de 5 ou 6 kW pour un quartier d’une quarantaine d’habitations. »

Les objets intelligents

La domotique et les objets connectés sont parfois considérés comme des gadgets, mais ils peuvent aider à rationaliser les consommations d’énergie. Il est par exemple intéressant d’intégrer à une nouvelle construction des éléments comme un thermostat programmable et pilotable à distance, de l’éclairage automatique à l’extérieur et réglable à l’intérieur, un système permettant de gérer automatiquement l’ouverture et la fermeture des volets ou stores en fonction de la météo, etc. Combinées ensemble, ces différentes solutions peuvent contribuer à réaliser des économies d’énergie estimées à environ 10 %.

Les matériaux

Les matériaux influencent fortement l’impact écologique d’un bâtiment en raison de l’énergie et des ressources qu’ils mobilisent pour leur production et leur transport, mais aussi en fonction de leur durée de vie et de leurs possibilités de réemploi et de recyclage. Cette composante n’est pas encore réglementaire, mais elle risque de devenir cruciale à l’avenir, et la flambée des prix des matériaux ces derniers mois a encore rappelé combien il est important de bien gérer les ressources. Pour ce faire, on peut s’adresser à des constructeurs qui privilégient les filières de réemploi ou encore les matériaux naturels comme le chanvre, le bois… Ces derniers présentent généralement l’avantage de provenir de sources locales et d’être plus durables, pour des tarifs qui ne sont pas forcément supérieurs à ceux de matériaux plus traditionnels lorsqu’on prend en compte leurs performances et leur durée de vie. Bref, il ne faut pas hésiter à sortir des schémas et matériaux habituels, et à s’intéresser aux alternatives !

La durabilité des logements: d’accord, mais…

Vivre dans des habitats plus durables, c’est évidemment très bien, mais le concept semble avoir ses limites pour beaucoup d’entre nous. Une enquête de BNP Paribas Fortis le démontre.

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 3 min

Si vous demandez aux Belges s’il est important de vivre dans un logement durable, tous (ou presque) vous répondront par l’affirmative. Mais lorsqu’il s’agit de franchir le pas pour déménager ou rendre son logement efficace, les réticences font surface. C’est ce que démontre, en faisant un peu froid dans le dos il faut le reconnaître, une grande enquête réalisée auprès de deux mille Belges par BNP Paribas Fortis.

Premier constat : huit Belges sur dix estiment que le respect de l’environnement est important dans le choix du logement ; six Belges sur dix considèrent qu’il est même de leur devoir civique de vivre dans un logement durable afin de protéger l’environnement. Il n’est donc pas surprenant d’observer que 72 % affirment savoir ce que signifie le terme logement durable. Les 18-27 ans (80 %) semblent les plus concernés. Un intérêt qui diminue toutefois avec l’âge, pour n’atteindre plus que 60 % chez les plus de 65 ans. Mais ces chiffres sont très relatifs car, en approfondissant, on remarque que seuls 18 % des répondants disent savoir exactement ce que signifie un logement durable (29 % des 18-27 ans contre à peine 10 % des seniors).

C’est donc là qu’est l’os. Quand on lui demande ce qui rend une habitation durable, le Belge répond, dans l’ordre, le double vitrage et l’isolation thermique (91 %), l’éclairage led (90 %), la citerne d’eau de pluie (89 %) et les panneaux photovoltaïques (88 %). Plutôt très bien comme réponses. Mais quand on lui demande s’il connaît le certificat PEB de son logement, il répond en masse (82 %) que… non. Et quand on lui parle du mobiscore de son logement (l’influence de la mobilité sur le respect de l’environnement avec, par exemple, la proximité des transports en commun ou des commerces qui contribuent à réduire les émissions de CO2), le Belge voit ses yeux se transformer en boules de bowling.

Seulement 9 % des deux mille personnes interrogées sont convaincues de vivre dans une habitation durable alors que 60 % des répondants considèrent que vivre dans un logement durable est un devoir civique. Malgré cela, peu sont prêts pour y parvenir à déménager (55 %), à vivre dans un logement plus petit (52 %) ou à payer chaque mois davantage (42 %). Encore un os.

Un chantier considérable

Justement, le Belge est-il disposé à payer plus cher pour vivre dans un logement durable, interroge BNP Paribas Fortis. « Cela varie fort d’une tranche d’âge à l’autre », répond-on du côté de la banque. « Parmi les 18-35 ans, un jeune sur deux déclare être prêt à faire cet effort malgré des ressources financières a priori plus limitées. Chez les plus de 56 ans, ils ne sont qu’un sur trois alors que paradoxalement, 85 % d’entre eux affirment que la préservation de l’environnement est un critère important dans le choix d’un logement. » N’en jetez plus, la coupe est pleine…

Pourtant, la Belgique n’a d’autre choix que de poursuivre le chemin de la durabilité dans lequel elle est engagée. Evalué à environ 300 milliards d’euros d’ici 2050, le chantier pour rendre durable tout le parc résidentiel belge est plus que considérable. Avec 3,5 % de ses 2,7 millions d’habitations qui atteignent le label A (moins de 100k Wh/m²), la Flandre doit envisager de rénover annuellement entre 80.000 et 100.000 bâtiments d’ici 2050. En Wallonie, ce sont 99 % du 1,3 million d’habitations qui nécessitent une rénovation ces 30 prochaines années. Et à Bruxelles, où 92 % des logements ont été construits avant 1970 ? « Il faudrait carburer à un rythme de 19.000 rénovations par an pour atteindre les objectifs de 2050 », insiste-t-on chez BNP Paribas Fortis. Soit onze par heure. On est (encore) loin du compte…

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