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Des grèves (très) possibles chez Ryanair à partir de juin

Un communiqué commun des syndicats défendant le personnel de cabine en Belgique, Espagne, France, Italie et Portugal menace de « lancer des actions à échelle européenne ». Ils reprochent à Ryanair, comme en 2018, de ne pas ou mal appliquer les législations sociales.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

Les syndicats du personnel de cabine de Ryanair en Belgique, Espagne, France, Italie et Portugal lancent un avertissement à la direction de la première compagnie aérienne européenne. Ils n’hésiteront pas à lancer un mouvement de grève si Ryanair n’apporte toujours pas de réponse à des questions sociales et d’organisation sur la table depuis des mois. Voire des années, depuis les engagements que la low cost irlandaise avait pris au lendemain de la précédente et première grève pan-européenne chez Ryanair, en juillet 2018. Les premières actions, sans doute tournantes entre les bases et les pays, risquent d’intervenir durant le mois de juin.

Dans un communiqué commun, des syndicats unissent leurs reproches envers la compagnie qui s’était pourtant engagée à entretenir un vrai dialogue social après les grèves qui avaient affecté l’été 2018. C’était une première européenne, une grève de deux jours dans trois pays (Belgique, Espagne, Portugal) à laquelle, à l’époque, la direction de Ryanair n’avait pas trop cru et qui l’avait contrainte à supprimer au moins 300 vols (sur 2.400) par jour. Au terme de cette grève, Ryanair avait joué l’air de « même pas grave » mais avait fini par s’engager à reconnaître les syndicats et les particularités légales et sociales de chaque base/pays.

En quatre ans, rien n’a changé

Quatre ans plus tard, le communiqué commun des syndicats belges (CNE et ACV Puls), espagnols (Sitcpla et USO), français (SNPNC), italien (Uiltrasporti) et portugais (SNPVAC) défendant le personnel de cabine rappelle cet épisode en introduction : « Quatre ans après la première action syndicale européenne coordonnée, peu de choses se sont améliorées, de nombreux problèmes soulevés en 2018 n’ont toujours pas été résolus ». Et leur liste est longue : on y retrouve évidemment des éléments déjà soulignés lors de la grève d’avertissement du personnel de cabine en Belgique le week-end du 23 et 24 avril qui avait contraint la compagnie à annuler 280 vols. Ce que les syndicats dénoncent depuis des mois, c’est la volonté de Ryanair de « négocier » les législations européennes ou nationales. D’autres reproches rappellent les arguments de 2018 : non-respects des droits sociaux fondamentaux (exemple : le personnel de cabine n’a pas accès à de l’eau sur son lieu de travail), l’absence de responsable des ressources humaines dans les bases, manque de clarté dans les fiches de paie, dans le respect des règles nationales, l’opacité du système de transferts entre bases, le non-respect des décisions de justice avec la complicité des autorités locales et européennes (« Les gouvernements se montrent trop prudents en ne remettant pas en cause le modèle de Ryanair, laissant les travailleurs sans défense contre le dumping social et les passagers exposés aux perturbations »). Et de conclure : « Les syndicats du personnel de cabine de Ryanair n’hésiteront pas à lancer une action à l’échelle européenne cet été et, chaque fois que nécessaire, à engager la procédure judiciaire nationale de grève, si aucune réponse significative n’arrive de la part de l’entreprise. Nous voulons que 2022 soit l’année de la reprise mais aussi l’année d’un vrai dialogue social. La gestion par la peur chez Ryanair doit cesser. »

Cette relative prudence dans la menace de grève doit se comprendre, explique-t-on, par le fait que la législation concernant le dépôt de préavis de grève varie de pays en pays. Certains ne peuvent l’annoncer qu’après tentative de concertation sociale. C’était déjà le cas en 2018. L’escalade des communiqués traduit peu la motivation des syndicats et du personnel de cabine d’en découdre. Seront-ils les seuls ? Une menace des syndicats des pilotes achèverait de forcer Ryanair au dialogue. Mais les pilotes, socialement, opérationnellement et financièrement, ne fonctionnent pas comme le personnel de cabine. On relèvera néanmoins qu’en Belgique, une récente tentative de conciliation des pilotes avec Ryanair au SPF Économie n’a rien donné.

La CNE attend des réponses concrètes

En Belgique toujours, pour le personnel de cabine, malgré le mouvement social d’avril, les négociations entre direction de Ryanair et syndicats n’avancent pas. Seuls des mails portant sur l’agenda des négociations s’échangent. CNE et ACV Puls attendent des propositions concrètes pour la fin du mois de mai au plus tard. Leur signature sur le communiqué commun montre qu’ils y croient peu.

Pour les passagers, on entre dans cette très désagréable période d’incertitude où la compagnie va faire comme si aucune menace ne pesait sur ses vols en juin, voire au-delà, et les enregistrer comme si de rien n’était. Pour rappel, si elle a été annoncée dans les délais, une grève ne peut être considérée par Ryanair comme un cas de force majeur pour ne pas rembourser et indemniser les passagers lésés.

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2 Commentaires

  • Posté par Harmignies Philippe, jeudi 19 mai 2022, 22:49

    Bordel, k ai réservé un vol en juin de pays de dingues

  • Posté par Deladrier-rase , jeudi 19 mai 2022, 22:36

    Clair que l'inspection sociale était plus prompte à venir inspecter les mesures covid en entreprise ou contrôler si des collègues revenant de vacances respectaient leur quarantaine. On ne les avait jamais vu en 30 ans et là on les a eu 3 fois en 6 mois ! Ceci étant dit, il me semble que dans un article à propos de la grève d'avril, vous parliez de 2 belges au sein du personnel de cabine...

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