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France: appels à la démission pour un ministre de Macron

Près d’un mois après la réélection du chef de l’Etat et trois jours après la fin de la longue maturation qui a présidé au casting de Matignon comme des ministres, le nouveau gouvernement se réunit ce lundi matin. Avec, déjà, une affaire à gérer.

Temps de lecture: 3 min

Macron II, acte 1er, scène 2. Près d’un mois après la réélection du chef de l’Etat et trois jours après la fin de la longue maturation qui a présidé au casting de Matignon comme des ministres, le nouveau gouvernement se réunit avec au menu les grandes priorités tracées par le président, école, santé, transition écologique mais aussi la lutte contre l’inflation.

La Première ministre a égrené différentes mesures prévues par ce futur texte, concrètement une loi rectificative du budget 2022 : prolongation du bouclier tarifaire, chèque alimentation, relèvement du point d’indice des fonctionnaires, suppression de la redevance audiovisuelle, etc.

Ce conseil des ministres sera l’occasion d’un premier tour de piste pour les nouveaux entrants d’un gouvernement Borne qui compte cependant en son sein une majorité de membres de l’équipe sortante (14 sur un total de 27 membres).

Parmi les nouveaux visages, celui du ministre de l’Education nationale, l’universitaire Pap Ndiaye, sera au centre des attentions. Seule véritable surprise du nouvel exécutif, sa nomination a suscité un tombereau de réactions furieuses à l’extrême droite qui l’accuse de «vouloir déconstruire le pays».

Mais un invité surprise a aussi fait irruption à l’agenda politique de l’exécutif: Damien Abad, ex-président du groupe LR à l’Assemblée nationale et principale prise de guerre de la macronie depuis la victoire du président sortant le 24 avril.

Nommé ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, M. Abad, lui-même handicapé, fait face à de graves accusations de viols sur deux femmes en 2010 et en 2011 dans un article publié samedi par Médiapart, ce qu’il nie «avec la plus grande force».

Deux plaintes ont déjà été classées mais la justice dit analyser un nouveau signalement de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique.

L’opposition demande sa démission

Après les critiques visant l’investiture du LREM Jérôme Peyrat, condamné en 2020 pour des violences envers une ex-compagne, et qui s’est finalement résolu à retirer sa candidature, l’exécutif et la majorité doivent affronter une nouvelle tempête sur le dossier des violences faites aux femmes.

Le secrétaire national du PS Olivier Faure a invité lundi la Première ministre à se séparer de Damien Abad car «la parole des femmes doit être respectée».

«Elisabeth Borne devrait lui dire qu’il n’a pas sa place», a tancé l’écologiste Sandrine Rousseau, candidate de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale (Nupes) aux législatives.

«Pas au courant» de ces affaires avant leur révélation par Médiapart, Elisabeth Borne a promis de tirer «toutes les conséquences» en cas de «nouveaux éléments» et de saisine de la justice, à l’occasion d’un déplacement dans le Calvados où elle brigue un premier mandat de député.

A trois semaines du premier tour des législatives, l’Elysée a d’ailleurs mis la pression sur les quatorze ministres-candidats. Conformément à une règle non écrite datant de 2007, et déjà édictée en 2017 par Emmanuel Macron, ils devront démissionner en cas de défaite à ce prochain scrutin.

Une règle qui vaut aussi pour Mme Borne.

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3 Commentaires

  • Posté par Sergeant Philippe, lundi 23 mai 2022, 11:53

    Je commence à être interpellé par ces sorties médiatiques sur ce type de comportement Sont-elles le fruit du hasard ? Je suis le premier à défendre le respect de (la parole de) tous - et donc des femmes aussi. Mais pourquoi dénoncer le 21 mai 2022 (juste après une nomination gouvernementale) un comportement que ces deux femmes n'ont pas jugé important de dénoncer pendant plus de dix ans ? Cela rend leur "audace" beaucoup moins crédible, puisqu'elles peuvent en tirer un avantage qu'elles n'avaient pas la veille... L'accusation de harcèlement deviendrait-elle une arme de destruction massive de notre société ? Ou simplement de tenter de s'insérer dans les sacro-saints réseaux sociaux, où on ne sait pas comment exister ?

  • Posté par Mauer Marc, lundi 23 mai 2022, 12:15

    Je partage tes interrogations : on peut se demander si Edwy Plenel «la fouine » n’est aurait pas tout plein comme ça, qu’il sort juste au bon moment ! Le sortir, oui bien sûr, mais en faire un outil politique est répugnant et dangereux

  • Posté par Patrick Schroeven, lundi 23 mai 2022, 10:58

    Société étrange qui fait beaucoup de bruit pour les droits de genres nouveaux mais encore incapable de faire ce qu’il faut pour protéger un genre... ancestral . Malgré tous les rebonds de ces dernières années force est de constater que les droits de la femme sont encore très loin des préoccupations des hommes...

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