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Isolation: rénover en visant la haute performance énergétique

En Wallonie, 45 % du bâti ont été érigés avant 1945 et présentent donc des labels énergétiques F ou G. Pour passer à un meilleur label, agir avec méthode est incontournable.

Temps de lecture: 4 min

C’est une maison de rangée comme il en existe des milliers en Wallonie. Une habitation dite « ouvrière », étroite, parée de briques rouges. Assise dans une rue de Tournai, elle a bénéficié en 2016 d’une rénovation profonde. Tout l’intérieur ainsi que la toiture ont été enlevés puis reconstruits ! Cela a permis de doter l’enveloppe du bâtiment d’une isolation ultra-performante : ouate de cellulose sur les murs intérieurs en façade avant, polystyrène graphité en façade arrière, nouvelle chape enrobée de polyuréthane au sol, charpente neuve calfeutrée sur le toit, triple vitrage aux fenêtres…

Bilan : une performance énergétique de 29 kWh/m2/an (kilowatt/heure par m2 et par an) au rez-de-chaussée et 13 kWh/m2/an au 1er étage. Un niveau digne de la très basse énergie, voire du passif. Remarquable pour une construction datant de… 1930. Cette rénovation a été conçue par une équipe dont faisait partie le bureau d’études namurois Eureca. Ce dernier est spécialisé dans le conseil en matière de performance énergétique des bâtiments. Il est agréé comme certificateur PEB et comme auditeur logement.

Pour son fondateur, Michel Lequeux, rénover en haute performance dépend, évidemment, de chaque habitation. « Dans certains cas, c’est plus facile. Dans d’autres, moins. Néanmoins, cela va devenir de plus en plus incontournable. D’abord parce que les charges liées à l’énergie sont sans cesse plus lourdes. Ensuite, parce que les obligations en matière d’isolation vont très probablement se durcir. Ce serait logique au vu des objectifs ambitieux que la Wallonie s’est fixés. »

La Région rêve en effet de ramener la consommation moyenne d’énergie de son bâti à moins de 85 kWh/m2/an en 2050, soit le label A. Or, celle-ci est aujourd’hui de 450 kWh/m2/an, soit le label F (dans la réalité, c’est moins parce que certaines familles font des économies et chauffent moins). Pour y arriver, il faudrait rénover en profondeur 130 logements par jour pendant 30 ans ! Pour l’heure, on en est loin.

Priorité à l’isolation

Ceci dit, comment procéder, quand on est propriétaire ? Michel Lequeux avance quelques conseils. « D’abord, il convient de privilégier un renforcement de l’isolation plutôt qu’un achat d’équipements tels que pompe à chaleur, chaudière à condensation ou panneaux photovoltaïques. Agir sur l’enveloppe d’un bâtiment est beaucoup plus efficace. Une bonne isolation dure en effet longtemps – 70 ans et plus – tandis qu’un équipement, lui, se limitera à 15-20 ans. Et puis, seule une bonne isolation permet de réduire les consommations. Or, la meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pas… »

Seconde recommandation : bien réfléchir avant d’agir. C’est ce que préconise également la Wallonie. Pour accéder à la majorité de ses primes, elle oblige les candidats rénovateurs à faire réaliser au préalable un audit par un expert reconnu. Celui-ci établit les priorités et planifie l’ordre des travaux. Eureca suit une méthode plus fine encore. « Nous ajoutons au prescrit réglementaire une vision plus large et plus transversale, poursuit Michel Lequeux. Une bonne rénovation énergétique doit tenir compte de trois paramètres. Un : les besoins actuels et futurs des occupants. La famille va-t-elle s’agrandir ? Chauffer toutes les pièces est-il nécessaire ? Deux : l’amélioration énergétique en tant que telle. Qu’est-il possible de réaliser ? Et trois : la capacité budgétaire. Quels sont les moyens dont le ménage dispose ? »

Dans le cadre d’une telle réflexion, une rénovation en profondeur peut être l’occasion de faire évoluer le bâtiment. « La Belgique est le second pays d’Europe où les habitations sont les plus grandes en moyenne. Or, sociologiquement, la taille des ménages ne cesse de diminuer. En divisant une maison en plusieurs logements, il devient possible à la fois de réduire les coûts énergétiques, de financer ladite rénovation (en revendant ou en louant une partie de la maison) et de répondre au manque de logements. »

Troisième recommandation : éviter le « saupoudrage » des mesures au fil du temps et son corollaire, l’effet « lock-in ». Ce dernier signifie le fait de se retrouver coincé – locked en anglais – parce que les travaux n’ont pas été logiquement programmés. Un exemple ? Un propriétaire rénove son toit. Quelques années plus tard, il entreprend de protéger ses murs extérieurs. Mais la couche d’isolant grossit les épaisseurs des parois et le toit n’a plus les débordements suffisants que pour les couvrir. Il faut alors ré-intervenir sur le toit. Contre-productif.

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1 Commentaire

  • Posté par dams jean-marie, lundi 23 mai 2022, 17:22

    Dans une majorité de cas les particuliers pourraient réaliser l’isolation de leur bien eux-mêmes mais pas de primes ! Toutefois cela reste la solution la moins chère car le travail exécuté par une entreprise moins les primes est supérieur. L’isolation est le meilleur des chauffages et le plus rentable .

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