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Guerre en Ukraine: un accord européen sur le pétrole russe reste «très improbable»

Mardi, dans un entretien accordé à Politico, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a indiqué qu’il ne fallait pas attendre un accord sur l’embargo lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de lundi et mardi prochains.

Temps de lecture: 3 min

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a estimé « très improbable » que l’on atteigne dans les prochains jours un accord sur l’embargo européen sur le pétrole russe, alors même que le ministre allemand de l’Économie a jugé qu’une « percée » était possible sous peu. Ursula von der Leyen, quant à elle, indique que les discussions se poursuivent sur le plan technique et qu’il ne faut attendre aucun déblocage au sommet prévu la semaine prochaine.

Dans un courrier daté de lundi, adressé au président du Conseil européen Charles Michel, Viktor Orban estime qu’il serait « contre-productif » de discuter du sixième paquet de sanctions lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept prévu les 30 et 31 mai, « en l’absence de consensus », rapporte l’AFP mardi.

Ce sixième paquet de sanctions européennes a été proposé par la Commission il y a maintenant près de trois semaines, mais n’a pas encore fait l’objet d’un compromis au niveau des Etats membres. Le paquet comprend un embargo progressif sur le pétrole russe, et a déjà été adapté pour tenir compte de la situation particulière de certains États enclavés fortement dépendants de la Russie pour leur approvisionnement en pétrole, au rang desquels la Hongrie, fort critique depuis l’annonce de ce futur embargo.

Lundi soir, le ministre allemand Robert Habeck a indiqué à la télévision publique ZDF que des problèmes subsistaient pour certains États, « surtout la Hongrie », mais qu’un embargo était « à portée de main ». Cette vision ne semble pas partagée par Viktor Orban, qui ne souhaite en tout cas pas discuter de l’embargo au sommet de la semaine prochaine, a-t-il précisé auprès de Charles Michel.

Selon l’AFP, une dérogation de deux années a été proposée à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, mais elle est jugée insuffisante par le gouvernement hongrois, qui veut au moins quatre années de délai et près de 800 millions d’euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l’oléoduc Adria (qui vient de Croatie).

Mardi, dans un entretien accordé à Politico, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a clarifié qu’il ne fallait pas attendre un accord sur l’embargo lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de lundi et mardi prochains. « Je pense qu’il ne s’agit pas d’un sujet approprié à résoudre au Conseil européen, car nous discutons actuellement d’éléments très techniques », a-t-elle indiqué. Les discussions concernent « les investissements dans les oléoducs, l’adaptation de raffineries, les investissements dans les énergies renouvelables ». Suivant la même ligne de défense que durant les semaines précédentes, l’Allemande assure qu’il ne s’agit pas d’un manque de volonté politique, mais bien d’un « problème technique », avant tout. Il y a bien un « élément politique qui pourrait être discuté, c’est de savoir combien les 26 autres sont prêts à concéder comme investissement à la Hongrie, mais les difficultés premières sont techniques », assure-t-elle.

En attendant, un Coreper (réunion des représentants des États membres auprès de l’UE) est prévu mercredi, et un autre dimanche pour préparer le sommet des dirigeants des 27, avec la possibilité d’en ajouter un vendredi. Mais le dossier a pris une telle dimension politique qu’il n’est plus réellement entre les mains des ambassadeurs, note une source proche des discussions. C’est surtout la Commission qui est à la manœuvre, auprès des quatre États membres pour lesquels l’embargo poserait le plus de souci : Hongrie, Tchéquie, Slovaquie et Bulgarie.

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18 Commentaires

  • Posté par Staquet Jean-Marie, mardi 24 mai 2022, 21:49

    Pour s’instruisire un peu et raconter moins de bêtises: https://legrandcontinent.eu/fr/2019/12/05/lenergie-hongroise-integration-europeenne-dependance-russe/

  • Posté par Staquet Jean-Marie, mardi 24 mai 2022, 20:53

    Ceux qui croient qu’Orban est le seul à bloquer sont bien loin de la question. Monsieur véto met son véto. Et au moins dix autres se disent qu’ainsi ils sont débarrassés du problème, Viktor a foutu la m… C’est bien pratique.

  • Posté par Staquet Jean-Marie, mardi 24 mai 2022, 21:48

    C’est le même état d’urgence que celui qui est toujours en vigueur en France. En pratique, ça ne change rien à la vie. Au passage: le pays est voisin de l’Ukraine et a déjà accueilli plus de 600.000 réfugiés. Combien en Belgique, qui s’investit tant?

  • Posté par Esquenet Alexandre, mardi 24 mai 2022, 21:05

    Il met son état d'urgence à la queuleuleu de la pandémie, un bon petit dictateur copain copain avec Putin.

  • Posté par Le Maigat Damien, mardi 24 mai 2022, 18:54

    Et hop, encore un bon moyen pour siphonner l’argent de l’Europe ! Au royaume des crevards, ça doit batailler ferme entre Orban et Erdogan pour être le roi.

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