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France: une opération de sauvetage va être menée pour aider l’orque en détresse

L’animal n’a naturellement pas vocation à évoluer séparé de son groupe, ni dans des cours d’eau douce. Il pourrait être blessé ou malade.

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Une orque a été observée en très grande difficulté dans la Seine entre Le Havre et Rouen, s’est inquiété mercredi le Groupe d’études des cétacés du Cotentin (GECC).

Cette « orque mâle, espèce protégée et sauvage », est « très affaibli », a confirmé la préfecture de Seine-maritime dans un communiqué.

« Le pronostic vital est engagé. On est vraiment très très inquiets. Son état de santé est très dégradé », a précisé à l’AFP Gérard Mauger, vice-président du GECC, une association basée à Cherbourg missionnée par l’Office français de la biodiversité (OFB) pour l’étude et la préservation des mammifères marins en Manche.

Ce vendredi soir, nos collègues Du Monde annoncent qu’une opération pour venir en aide à l’animal va être lancée samedi matin. « La décision a été prise de privilégier une méthode d’intervention douce, visant à assurer un monitoring à distance de l’animal par le recours à un drone, coordonné avec une intervention visant à assurer une diffusion de stimuli sonores [sons émis par une population d’orques] », indique la préfecture dans un communiqué. « On espère que ça lui enverra des signaux positifs pour descendre la Seine », abonde à nos confrères Sophie Poncet, spécialiste des mammifères marins pour l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette opération a déjà été menée sur un groupe d’orques en Norvège.

Des mesures de protection

L’animal « n’a naturellement pas vocation à évoluer séparé de son groupe, ni dans des cours d’eau douce. Il pourrait être blessé ou malade », a ajouté la préfecture appelant à « éviter tout rassemblement ou affluence à sa proximité, ce qui pourrait (…) mettre cet animal sauvage en danger mais surtout représente un risque pour les personnes ».

« Des mesures d’interdiction sont prises afin que le cétacé ne soit pas approché. Elles reposent juridiquement sur un avis à la navigation, à valeur réglementaire », précise la préfecture.

« Plus elle reste dans l’eau douce, plus ça va accélérer la dégradation de son état de santé. Elle est très loin de la mer. C’est vraiment compliqué de trouver des solutions pour essayer de l’inciter à reprendre le chemin de l’eau salée », a ajouté M. Mauger. Ce proviseur de lycée aujourd’hui à la retraite a fondé le GECC en 1997.

La longueur de l’animal « très amaigri » mais pesant probablement plus d’une tonne est « compliquée à estimer » mais « on est dans les 4/5 mètres » a précisé M. Mauger, « à la forme de son aileron c’est un mâle, même si l’aileron est complètement couché ».

Une orque affaiblie

Aperçue pour la première fois le 16 mai entre Honfleur et Le Havre, près du Pont de Normandie, l’orque est « très probablement arrivée déjà affaiblie vers l’estuaire de la Seine », poursuit-il.

« Son état de santé fait que c’est plus confortable pour elle d’être dans un fleuve parce que c’est moins agité. Elle dépense moins d’énergie », mais « c’est plus compliqué pour se nourrir : il y a moins de proies qu’en mer. Et elle est toute seule alors que ce sont des animaux qui chassent en meute », a-t-il indiqué.

Aider l’animal est compliqué car l’approcher risque de le stresser et « un animal en mauvais état de santé va être beaucoup plus sensible au stress », explique encore M. Mauger.

Le GECC indique que l’animal peut transmettre d’éventuels virus ou provoquer un accident en bougeant.

« Un suivi attentif est, et sera réalisé tout au long de sa présence dans la Seine, par les autorités et les experts afin de renseigner sa localisation et son état de santé », selon la préfecture qui ne communiquera pas sa localisation.

« Des actions de surveillance de l’animal ont été mises en place par l’OFB et le GECC, en coordination avec les nombreux acteurs engagés, parmi lesquels la capitainerie et l’ensemble des navigants de la direction territoriale HAROPA de Rouen, des marins des bacs du conseil départemental permettant la traversée du fleuve, ou encore des militaires de la gendarmerie fluviale », explique aussi la préfecture.

Le signalement d’orques en Manche est « très, très exceptionnel », selon M. Mauger.

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