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Pour la création d’une commission d’enquête internationale sur les circonstances de la mort de Shireen Abu Akleh

Appel à la communauté internationale à agir pour protéger les journalistes et les civils palestiniens, en vertu du droit international qui doit être défendu et appliqué partout dans le monde.

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

Nous, citoyens, journalistes, écrivains, artistes, membres de la société civile et enseignants francophones et autres, sommes profondément attristés et révoltés pour la disparition de la journaliste palestinienne d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh. Beaucoup d’entre nous l’ont connue à Jérusalem ou sur le terrain partout où elle couvrait la tragédie du Peuple palestinien depuis plus de 25 ans. C’était une femme et une journaliste d’exception qui a marqué la profession.

Elle a reçu une balle dans la tête mercredi 11 mai lors d’une opération de l’armée d’occupation israélienne dans le camp de réfugiés de la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Ali al-Samoudi, un producteur de la même chaîne d’information qui l’accompagnait, a confirmé que les tirs ne pouvaient que provenir des positions de l’armée israélienne qui a délibérément ouvert le feu, sans sommation, alors que le groupe de journalistes se rendaient, clairement identifiés par le sigle « PRESS », leurs gilets pare-balles et leurs casques, sur le terrain pour couvrir une incursion de l’armée d’occupation. Ali al-Samoudi a été blessé lors de cette attaque. Tous les témoignages, notamment celui d’un confrère photographe de l’Agence France Presse (AFP), présent sur les lieux a confirmé cette version. Enfin une enquête préliminaire de l’ONG israélienne BetSelem, contredit formellement la version mensongère de l’armée d’occupation.

Shireen fait partie d’une longue liste des journalistes tués par les forces d’occupation israéliennes. Des dizaines de journalistes palestiniens ont connu le même sort qu’elle en faisant leur métier. En effet, depuis l’an 2000, qui marque le début de la seconde Intifada, 55 journalistes palestiniens ont été tués par les forces d’occupation israéliennes. Il s’agit d’une politique délibérée et systématique pour faire taire la presse palestinienne. À lire aussi Journaliste tuée en Cisjordanie: Israël n’exclut plus que la balle mortelle vienne de son armée

Une plainte officielle

Nous joignons notre voix à celles du syndicat des journalistes palestiniens et de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), la plus grande fédération de journalistes au monde, basée à Bruxelles, qui depuis le 27 avril dernier, ont déposé une plainte officielle auprès du bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye sur des crimes commis contre des journalistes palestiniens par l’occupation israélienne.

Nous appelons la communauté internationale à agir pour protéger les journalistes comme les civils palestiniens, en vertu du droit international qui doit être défendu et appliqué partout dans le monde. A cet effet nous appelons les gouvernements à prendre des positions fermes et à condamner clairement ce nouvel acte abject dans les territoires occupés.

Nous appelons en particulier les gouvernements européens à agir pour la création d’une commission d’enquête indépendante et internationale. Israël a un lourd passif en matière de dissimulation de ses crimes, et il est impensable qu’une enquête menée en collaboration avec l’occupant puisse faire toute la lumière sur ce véritable crime contre la liberté d’expression. À lire aussi Nous soutenons #JusticeForShireen

Enfin le scandale de NSO et l’implication des services de l’État israélien dans cette affaire, qui constitue un précédent grave contre la liberté de la presse suffit à démontrer la nécessité de mettre en place une commission d’enquête indépendante et internationale.

Shireen, comme ses consœurs et confrères assassinés ailleurs dans le monde mérite que justice soit rendue.

*Signataires : Alain Gresh, Paris, journaliste et écrivain ; Dominique Vidal, Paris, journaliste et historien ; Pierre Galand, Bruxelles, sénateur hon ; Francis Wurtz, Strasbourg, ancien parlementaire européen ; Jamal Ikazban, Bruxelles, député bruxellois et conseiller communal à Molenbeek ; Coralie Ladavid, Tournai -Belgique, 1re Echevine Ville de Tournai ; Anaïs Rodriguez, Anaïs, Portet sur Garonne, adjointe au maire ; Hassan Aourid, Rabat, politologue ; Yves Aubin de La Messuzière, Paris, ancien ambassadeur de France ; Randa Abuchamala, Casablanca, Gérante ; Nada Yafi, Paris, militante associative ; Yassin Adnan, Marrakech, écrivain journaliste ; Michère Hicorrne, Namur, professeure retraitée ; Nedjama Hadj Bechelabi, Bruxelles, art curator, dramaturge ; Louiza Moyesoen, Bruxelles, étudiante en Anthropologie ; Amel Moyesoen, Bruxelles, étudiant Master ; Patrick Moyesoen, Bruxelles, architecte ; Rami Fayyad, Khanyones (Gaza), traducteur, professeur de français et d’arabe langue étrangère ; André Véraline, Namur, ingénieur civil retraité ; Annabel Duneau, Marseille, psychologue clinicienne ; Josiane Bartholome, Barc (Belgique), retraitée ; Marie Prat, professeur retraitée, Paris ; Martine Ragonnet, Montpellier, bibliothécaire retraitée ; Yve Chaumard, Noisy le Sec, retraité ; Michel Delplace, Dugny (France), retraité ; Candice Raymond, Beyrouth, historienne ; Jihan Sfeir, Paris-Bruxelles, professeure, ULB ; Ghezala Cherifi, Bruxelles, présidente de l’ASBLE « Les amitiés belgo-algériennes » ; Taha Adnan, Bruxelles, écrivain ; Marie José El Haimer, Paris, dentiste ; Marie-Paule Eskénazi, Bruxelles, journaliste ; Françoise Lagrafeuille, Montreuil, citoyenne ; Henry Michel, Besançon, professeur agrégé ; Béatrice Crozat, Bourg en Bresse, retraitée ; Marc Giouse, Villeurbanne, journaliste ; Martin Fontaine, Saint-Esprit de Rosemont (Canada), agent pastoral Maison de la Foi ; Samira Ben Abdelouahab, Bruxelles, présidente de l’association A.E.P.A ; Jocelyne Wlassewitch, Montrevel en Bresse, enseignante retraitée ; Do Passeri, Montracol (France), artiste ; René Nambotin, Bourg en Bresse, instituteur retraité ; Martine Monville, Rebrechien (France), professeur retraitée ; Jean Malifaud, militant syndical SNESUP-FSU, fondation Copernic ; Pierre Cours Salies, professeur émérite, Paris 8-Saint-Denis ; Renée Prangé, Meudon, directeur de recherches retraitée ; Jean-Luc Fala, Pessac, agent SNCF ; Frédérice Fossier, Roubaix, enseignant retraité ; Olivier Mayer, Arradon (France), Journaliste retraité ; Nida Younis, Ramallah, poète, écrivain ; Michel Granger, Lyon, professeur honoraire d’Université ; Jack Bernard, Vinezac (France), mineur retraité ; Gérard Delaneau, Joué les Tours (France), retraité ; Jacques Fontaine, Jayat (France), universitaire retraité ; Roger Bichon, Beaumont (Belgique), citoyen ; Didier Epsztajn, animateur du blog, Paris ; José Tovar, Noisy le Sec, professeur ; Mohammed Ben Yakhlaf, ancien élu de Villeneuve Saint Georges (France) et délégué syndical de la CGT ; Michel Legrand, Luxembourg, membre du Conseil d’administration du Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient, asbl ; Juliette Uteza, Aubin sur mer (France), retraitée de la FPH ; Jacqueline Kissous, Montpellier, retraitée ; Robert Kissous, Montpellier, économiste ; Nicole Ziani, Nîmes, retraitée ; Eliane Algrain, Luxembourg, retraitée ; Grégory Willaume, Lille, masseur-kinésithérapeute ; Mohamed Mrani, Namur, fonctionnaire ; Annie Henry, Besançon, professeure retraitée ; Françoise Dumahu, Narbonne, retraitée ; André Vérlaine, Namur, ingénieur retraité ; Alain Bouvier, St Georges d’Hurtières (France), médecin généraliste ; Patrick Vassallo, Saint Denis (France), retraité ; Hassan Balawi, Bruxelles, ancien journaliste à la Télévision palestinienne.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Naeije Robert, vendredi 10 juin 2022, 18:36

    Dans les deux heures qui ont suivi ce drame, M Lapid, ministre israélien des affaires étrangères, a contacté l'autorité palestinienne pour une enquête commune. Elle a été refusée. L'Autorité PMalestinienne a aussi refusé un examen ballistique qui aurait pu déterrminer l'origine du tir qui toucha la malheureuse journaliste.

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