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Quinze étudiants de la VUB portent plainte contre le fils d’un diplomate pour agression physique et sexuelle

L’étudiant ne peut plus assister aux cours donnés sur le campus, mais pourra passer ses examens. La sanction ne devrait durer qu’un an.

Temps de lecture: 3 min

Un étudiant étranger, fils de diplomate, n’est plus autorisé à fréquenter la VUB, si ce n’est pour les examens. Il est accusé d’avoir enfermé et agressé plusieurs de ses camarades dans sa chambre d’étudiant. C’est une information de Het Laatste Nieuws. Six mois se sont écoulés entre la première plainte et la sanction, délais que dénoncent les victimes. « Entre-temps, on a continué à le croiser sur le campus ».

La première plainte date d’octobre 2021, quand une étudiante a contacté la ligne d’assistance de la VUB suite à l’agression d’une amie. La jeune femme d’origine étrangère avait immédiatement quitté l’université et la Belgique suite à cet incident, pour « s’éloigner de lui ».

L’université réclamant plus de détails, l’étudiante et une camarade ont recherché et récolté davantage de témoignages. Au final, quinze rapports, étayés par des témoignages écrits, des enregistrements audio des victimes présumées et des témoins, et des messages avec l’élève visé, ont été soumis à la VUB. Sur les quinze personnes, cinq sont restées anonymes. Les faits reprochés sont des remarques humiliantes et racistes, de faits de violence – l’étudiant aura mis un couteau sous la gorge d’un autre étudiant – et huit agressions sexuelles.

A travers les différentes plaintes, un schéma se dégage : le fils du diplomate verrouille la porte de sa chambre et attache la clé à son collier pour que personne ne puisse sortir rapidement. La consommation d’alcool se dégage également comme fil rouge.

Peur de porter plainte

Aucune des victimes n’a été déposé plainte à la police. « Parce qu’ils avaient peur de ne pas être crus. Parce que certains avaient aussi peur de perdre leur visa. Ou simplement parce qu’ils avaient peur de lui », explique l’étudiante qui a remis le dossier à la VUB.

L’université a confirmé les plaintes et a indiqué que des mesures de protection avaient été prises. L’étudiant ne peut plus consommer d’alcool sur les campus ou les kots de la VUB, il ne peut plus rester seul avec une personne dans sa chambre et il doit éviter tout contact avec ses victimes présumées. « C’était quand même une déception pour nous », regrettent les étudiants. « Nous voulions qu’il parte. Pour qu’on n’ait plus à le voir sur le campus. Il nous semblait surtout que l’université ne voulait pas hypothéquer son avenir. Pourquoi n’ont-ils pas pensé davantage aux victimes ? Chaque confrontation possible avec lui provoquait inutilement un stress et une terreur supplémentaires. »

Le 20 mai, le comité disciplinaire de la VUB a prononcé sa sanction. L’étudiant ne peut plus assister aux cours de la VUB, sauf pour ses examens. Son contrat de location de sa chambre a également été résilié. La sanction cependant devrait prendre fin le 20 mai 2023. Après cette date, il devrait donc redevenir un élève comme les autres. Une décision qui inquiète les victimes présumées.

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4 Commentaires

  • Posté par Lahaye Olivier, jeudi 16 juin 2022, 8:28

    Le fils d'un diplomate est un mec comme un autre. Si une université a peur qu"un de ses étudiants ou professeur ne reçoive des rétorsions de la par des autorités du pays de ce diplomate, c'est via une autorité européenne de faire savoir ce non événement.

  • Posté par Joute Dodo, lundi 13 juin 2022, 11:14

    Pourquoi ne pas penser davantage aux victimes qu'à l'agresseur? Pourquoi ne jamais panser davantage aux victimes?

  • Posté par Constant Depiereux, lundi 13 juin 2022, 10:21

    Pseudo justice de classe!

  • Posté par Robin Agnès, lundi 13 juin 2022, 11:38

    Avant de trancher, il faudrait savoir si les victimes ont déposé officiellement plainte auprès de la police. Sinon, il ne peut y avoir de poursuites judiciaires. Toutes les victimes, quelles qu'elles soient ont tout intérêt à porter plainte.

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