Accueil Société

Plus de 35.000 femmes et filles sont excisées ou risque de l’être en Belgique

Les femmes ayant subi une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes sont au nombre de 23 395 sur le territoire belge, estime une étude de prévalence commanditée par le SPF Santé publique et l’Institut pour l’Égalité des femmes et des hommes, présentée mardi

Temps de lecture: 3 min

Mardi 28 juin, une étude de prévalence commanditée par le SPF Santé publique et l’Institut pour l’Égalité des femmes et des hommes, présentée à la presse en présence de la secrétaire d’État à l’Égalité des genres, Sarah Schlitz a démontré que 23 395 femmes résidant sur le territoire belge ont subi une ablation partielle des organes génitaux externe. Les deux chercheuses, une médecin démographe et une sage-femme docteure en Santé publique, qui ont travaillé sur le sujet concluent également que 12.000 filles ou femmes habitant en Belgique sont «potentiellement à risque d’excision» de par leurs origines.

Il s’agit de la quatrième étude sur le sujet. La dernière en date, qui reposait sur des données de 2016, estimait à 17.575 le nombre de femmes «très probablement excisées» et 8.342 filles «à risque d’excision». Leur nombre est en augmentation constante depuis le début du monitoring en 2007. «Cela veut dire que notre pays respecte la convention de Genève» et continue à accueillir les personnes qui en ont besoin, relève Fabienne Richard, l’une des chercheuses. «La migration continue et les personnes migrantes sont souvent plus jeunes et font donc des enfants.»

Les femmes habitant en Belgique et supposées excisées ou à risque de l’être sont en premier lieu originaires de Guinée, de Somalie et d’Égypte.

Plus d’un tiers de mineures

Elles vivent majoritairement en Flandre (16.089), dans une moindre mesure à Bruxelles (7.989) et en Wallonie (9.784). Les autres femmes prises en compte dépendent de centres Fedasil ou sont en situation irrégulière. Parmi les quelque 35.000 femmes et filles concernées sur le territoire, plus d’un tiers sont des mineures. «Il y a un besoin crucial d’informer et de sensibiliser» les communautés concernées, surtout à l’approche des vacances qui sont une période à haut risque avec les retours au pays d’origine, alerte Fabienne Richard.

Parmi les autres recommandations découlant de l’étude, les chercheuses estiment également nécessaire d’instaurer une trajectoire MGF (mutilations génitales féminines) pour les familles venues en Belgique par regroupement familial. Plus globalement, «il faut une politique uniformisée dans toutes les écoles pour identifier précocement toutes les formes de violences sexuelles faites aux enfants», estiment-elles encore. Côté soignants, la thématique des MGF doit être intégrée à leur cursus, mais aussi être un thème de leur formation continue. Les chercheuses pointent notamment le fait que, par méconnaissance de la problématique, de nombreux médecins pratiquent notamment des césariennes inutiles sur les femmes excisées.

«Ces études sont indispensables» pour que les décideurs politiques puissent ancrer leur travail sur les réalités du terrain, a souligné la secrétaire d’État Sarah Schlitz, en annonçant par la même occasion deux prochaines campagnes de sensibilisation. L’une pour mieux faire connaître les deux centres accrédités offrant une prise en charge globale des femmes excisées (CeMAViE au CHU St Pierre de Bruxelles et la VrouwenKliniek de l’UZ de Gand) ainsi qu’une autre de prévention à l’approche des départs en vacances, souvent synonymes de retour au pays.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

21 Commentaires

  • Posté par Monsieur Alain, mercredi 29 juin 2022, 14:06

    @ Petitjean Marie-rose : pendant quelques dizaines d'années j'ai été membre de l'appareil judiciaire/répressif/préventif belge et je sais que NE PAS identifier un problème dans toutes ses composantes ne permet pas de l'éradiquer. J'utilise la presse pour me forger une opinion au quotidien - je n'admet pas les omissions sur le "politiquement incorrectes", c'est de l'auto-censure.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, mardi 28 juin 2022, 15:48

    La loi existe (voir ci-après) et les intervenants sociaux et médicaux ont l'obligation de faire part de leurs craintes et suspicions dans ce domaine où le secret professionnel ne peut être invoqué. "L'article 409 du Code pénal (entré en vigueur le 27 mars 2001) prévoit une peine de 3 à 5 ans de prison pour « quiconque aura pratiqué, facilité ou favorisé toute forme de mutilation des organes génitaux d'une personne de sexe féminin, ou tenté de le faire, avec ou sans consentement de celle-ci".

  • Posté par Petitjean Marie-rose, mardi 28 juin 2022, 17:33

    Liliane, ce n'est pas pcq vous ne savez rien des contrôles qu'ils n'existent pas.

  • Posté par collin liliane, mardi 28 juin 2022, 16:00

    3 à 5 ans pour avoir brisé la vie d'une femme?? C'est donné. D'autant plus que chacun sait que c'est bidon: on ne contrôle rien.

  • Posté par HERMAN Romuald, mardi 28 juin 2022, 15:30

    Où est le problème ? C’est ça le « Vivre ensemble » ! Comme pour l’abattage rituel, il faut tenir compte de la spécificité des autres cultures ou du caractère typique d’une Région (Bruxelles). D’ailleurs si les hommes politiques pouvaient tenir compte de mon caractère rural pour ne pas m’imposer une voiture électrique 2 fois plus chère que la mienne avec seulement 130 kms d’autonomie…

Plus de commentaires

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko