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Quatre ans requis contre le «forceur-abuseur» du campus de Louvain-la-Neuve

Une peine de quatre ans d’emprisonnement avec sursis a été requise au tribunal correctionnel du Brabant wallon à l’encontre d’un Jodoignois né en 1997 poursuivi pour un fait de viol et des attentats à la pudeur commis en 2020 et 2021 sur le campus de l’UCLouvain.

Temps de lecture: 3 min

Le jeune homme, qui étudie toujours à Louvain-la-Neuve, avait une première fois fait l’objet d’une plainte pour viol à l’entame de son cursus. Il avait été interrogé dans ce cadre par la police, mais le dossier avait été classé sans suite en 2019. L’épisode ne lui avait pas servi de leçon : deux ans plus tard, une dizaine d’étudiantes se sont plaintes d’avoir été abusées par lui alors qu’elles étaient enivrées. Le prévenu participait souvent, à l’époque, à des guindailles estudiantines et des soirées en kots. Alors que des jeunes femmes présentes à ces fêtes avaient trop bu, il aurait commis des attouchements à leur encontre ; l’une d’elles s’est plainte de viol. Si elles sont une dizaine à avoir évoqué ce type de faits, sept figurent parmi les victimes présumées reprises sur la citation.

Lors de l’instruction d’audience, l’étudiant s’était excusé auprès des victimes : il était lui-même sous l’effet de l’alcool ou de stupéfiants au moment des faits, avait-il expliqué, et il ignorait que ce qu’il faisait « était mal » – et sévèrement réprimé par la loi. « À un moment donné, il ne s’est pas rendu compte qu’il allait trop loin, a expliqué Me Dantinne, son avocate. C’est un problème de société et d’éducation de savoir quelles sont les limites, il était imbibé aussi et il n’a pas compris à l’époque que ce n’est pas parce qu’un « non » ferme n’était pas formulé qu’il y avait consentement… ». Le jeune « a travaillé dessus, il s’est remis en question », a-t-elle ajouté. Le ministère public avait relevé que la première plainte de 2019 aurait dû servir de déclencheur à une remise en question, et il a qualifié le prévenu de « prédateur » tandis que l’avocat des parties civiles a parlé de « forceur. »

L’audience de ce mardi consistait en une réouverture des débats en raison de l’entrée en vigueur, au 1er juin dernier, du nouveau code pénal sexuel. En effet, lorsqu’une nouvelle loi est d’application, c’est la loi la plus favorable qui doit bénéficier au prévenu. Et si désormais, les faits de viol sont plus sévèrement sanctionnés, la nouvelle loi permet – alors que ce n’était pas le cas autrefois – de prononcer une peine de travail ou une peine de probation autonome dans des dossiers de mœurs. C’est ce que l’avocate de la défense a demandé à titre principal, en raison de l’absence d’antécédents de son client, du « travail de remise en question qu’il a effectué » et pour ne pas qu’un casier judiciaire assombrisse son avenir professionnel. Le jugement sera prononcé le 6 juillet.

 

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