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Ce que l’on sait de l’effondrement du glacier qui a fait au moins six morts en Italie (vidéo)

La coulée de glace et de roche, qui a fait au moins six morts dans le massif des Dolomites, a eu lieu au lendemain d’un record de température sur le glacier de la Marmolada. « Le phénomène est appelé à se répéter. »

Temps de lecture: 3 min

Les vidéos apparues dimanche soir après la catastrophe montraient une immense langue de glace grisâtre tout emporter sur une largeur de quelque 300 mètres. Un gigantesque bloc de glace s’est détaché dimanche après-midi du glacier de la Marmolada, le plus grand du massif des Dolomites, au nord-est de l’Italie.

La chute de sérac est survenue au dessus d’un sentier menant au col de cette montagne culminant à plus de 3.300 mètres d’altitude. Sentier où plusieurs cordées se trouvaient au moment de l’accident : au moins six personnes ont trouvé la mort et huit ont été blessées, dont une grièvement. Les blessés ont été acheminés dans des hôpitaux de la région. Les secours n’ont pas donné de précisions sur la nationalité des victimes.

Cette avalanche de glace et de roche intervient au moment d’un pic de température sur le glacier. Il y a fait jusqu’à 10 degrés samedi et encore 10,3 degrés ce dimanche, au moment du décrochage. Des records. Une température exceptionnellement élevée qui fait dire à Renato Colucci, spécialiste des glaciers cité par l’agence italienne AGI, que le phénomène « est appelé à se répéter », car « depuis des semaines les températures en altitude sur les Alpes sont bien au-delà des valeurs normales ». Toute la zone est évacuée en raison du risque d’autres effondrements.

Influence du réchauffement du climat

La fonte des glaciers de la planète, provoquée par le réchauffement climatique, s’est accélérée entre les années 2000 et 2019, contribuant à plus de 20 % de la hausse du niveau de la mer, relève une étude publiée dans la revue Nature en avril 2021. Les glaciers de la planète ont perdu 267 milliards de tonnes de glace en moyenne par an durant ces deux décennies. « De quoi submerger entièrement la Suisse sous six mètres d’eau chaque année », illustrent les scientifiques. Les glaciers de l’Alaska, d’Islande et des Alpes font partie de ceux qui ont rétréci le plus vite.

Une tendance « inquiétante » confirmée pour les Alpes par une seconde étude, signée par des chercheurs de l’Université Grenoble Alpes, du CNRS et de l’Université Savoie Mont Blanc. Ses auteurs mettent en avant « une accélération de l’écoulement » de glaciers alpins en lien avec la hausse des températures pouvant causer des « risques associés » : « Ce comportement anormal est caractérisé par l’apparition de mécanismes de rupture et de glissement, traduits par des crevasses et des arrachements, pouvant évoluer vers un effondrement d’une partie du glacier rocheux », explique cette étude.

Selon le rapport du Giec paru le 1er mars, la fonte des glaces et neiges est l’une des dix menaces majeures causées par le réchauffement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures.

 

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