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«Game over», «Boris Johnson maudit»… les réactions de la presse britannique après la crise au sein du gouvernement

Pour la presse britannique, l’avenir du Premier ministre conservateur Boris Johnson au 10, Downing Street est particulièrement incertain après la démission, coup sur coup, de ses ministres des Finances et de la Santé mardi soir.

Temps de lecture: 3 min

Un avenir qui ne tient « qu’à un fil », titrait mercredi The Telegraph , quand le journal conservateur The Times appelait dans sa Une « BoJo » à démissionner pour le bien du pays.

« Game over », soulignait ainsi The Times . « Chaque jour qu’il passe au pouvoir y augmente le chaos. » Pour le quotidien, Boris Johnson commet une erreur en s’accrochant au pouvoir car il n’a « plus la confiance ni de son parti, ni du pays ».

Après les démissions des ministres des Finances Rishi Sunak et de la Santé Sajid Javid mardi soir, deux autres membres de son gouvernement ont jeté l’éponge mercredi matin, le secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et de la Famille Will Quince, et l’assistante auprès du secrétaire d’Etat aux Transports Laura Trott. Tous évoquent une rupture de confiance avec le Premier ministre.

David Frost, l’ex-M. Brexit du gouvernement britannique, pointe dans The Telegraph que, si Boris Johnson ne quitte pas son poste, il risque « d’emporter avec lui le parti et le gouvernement ». D’autres membres de l’équipe gouvernementale devraient également se poser la question : sont-ils « vraiment satisfaits de la trajectoire actuelle ? », poursuit M. Frost.

The Daily Express voit pour sa part un Johnson « blessé » mais « libéré ». Dans le Daily Mail , le chroniqueur Stephen Glover dépeint une personnalité politique exceptionnelle, ayant permis l’avènement du Brexit, mais un homme « imparfait ». « Après tout ce qu’il s’est passé et malgré ses accomplissements, il prend des allures de Premier ministre maudit », ajoute le journaliste.

Enfin, dans The Guardian , la journaliste Polly Toynbee conclut que la manière et le moment de la démission de Boris Johnson constituent « la seule question encore pendante ».

Un BoJo considérablement affaibli

Déjà considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street pendant la pandémie, le Premier ministre conservateur a survécu il y a quelques semaines à un vote de défiance de son propre camp. Se sont ajoutées plusieurs affaires à caractère sexuel au Parlement : un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie à la Chambre sur son téléphone portable en avril et un ancien député a été condamné en mai à 18 mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent de 15 ans. Le départ de ces deux derniers députés a provoqué des élections législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs. Et ce alors que le parti avait déjà essuyé un très mauvais résultat aux élections locales de mai.

Le contexte économique est en outre particulièrement délicat, avec une inflation au plus haut depuis 40 ans, à 9,1 % en mai sur 12 mois, et des mouvements sociaux.

Selon un sondage de l’institut YouGov mardi soir, 69 % des électeurs britanniques estiment que Boris Johnson devrait démissionner.

Boris Johnson doit passer sur le gril des députés britanniques mercredi midi, durant la séance de questions hebdomadaire à la Chambre.

 

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