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La FEB appelle à toucher à l’indexation automatique des salaires

Pieter Timmermans « lance l’alarme » : la croissance est en berne, les coûts salariaux s’envolent, la compétitivité de nos entreprises est à risques. Le patron de la Fedération des entreprises de Belgique propose « une concertation associant employeurs, syndicats et gouvernement » pour faire face.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

La Fedération des entreprises de Belgique lance un « cri d’alarme » : la guerre en Ukraine a pour effet de dégrader gravement la situation économique : la croissance ne suit plus, les investissements des entreprises se réduisent, les exportations aussi, la compétitivité de notre économie en général est à risques… Peter Timmermans, CEO, et Edward Rosens, chief economist, n’ont pas tourné autour du pot mercredi matin, intervenant au siège de l’organisation patronale : il faut toucher à l’index. Le mécanisme est devenu « insupportable » économiquement parlant, à les entendre. « Nous allons droit dans le mur », prévient Pieter Timmermans.

« Les dernières prévisions du bureau du plan indiquent que nous aurons six indexations des salaires cette année en Belgique. C’est un drame pour notre compétitivité. Les coûts salariaux s’envolent en Belgique, extrêmement vulnérable, on ne peut pas rester sans réagir. » Le même ponctue : « On peut arriver à des niveaux de 10 % à 15 % d’inflation à l’automne. Franchement, nous entrerons alors en récession si la situation ne change pas, si l’indexation automatique des salaires est maintenue en l’état. »

Pieter Timmermans appelle à organiser une « concertation tripartite », associant patronat, syndicats et autorités politiques, « pour trouver des solutions visant à atténuer la crise de compétitivité ». Il implore les organisations syndicales de « se rendre compte de la gravité de la situation ». Le but, dit-il, est de « trouver une répartition plus équitable des coûts générés pas la crise ». A cette fin, le patron des patrons, en plus d’agir sur les prix de l’énergie, propose notamment de « limiter temporairement l’impact de l’indexation automatique des salaires ». Pour cela, plusieurs façons possibles. Celle-ci : « Reporter une tranche d’indexation de 2,5 % à l’année prochaine, en vue des évolutions salariales dans les pays voisins, tout cela combiné avec une baisse de la taxation sur les bas salaires. » Ou encore : « Indexer les salaires en pourcents jusqu’à un certain niveau de rémunération et appliquer une indexation forfaitaire au-dessus de ce niveau. » Enfin : « En valorisant la masse d’indexation, par exemple pour l’harmonisation du deuxième pilier. »

Timmermans critique envers les experts

Pieter Timmermans : « Modifions notre système de formation des salaires. Si nous n’agissons pas maintenant, alors nous devrons faire un saut d’index en 2024, ce sera inévitable. Je ne veux pas en arriver là. D’où les réformes du mécanisme que je propose aujourd’hui. Nous devons absolument agir maintenant. »

Pieter Timmermans épingle au passage les propositions relatives au soutien au pouvoir d’achat soumises récemment au gouvernement par un groupe d’experts : « Le rapport d’experts consacre trois pages à la gravité de la situation économique et tout le reste à de possibles nouvelles dépenses ! C’est incroyable. Les chefs d’entreprise ne comprennent pas. »

 

La FEB appelle à toucher à l’indexation automatique des salaires

Pieter Timmermans « lance l’alarme » : la croissance est en berne, les coûts salariaux s’envolent, la compétitivité de nos entreprises est à risques. Le patron de la Fedération des entreprises de Belgique propose « une concertation associant employeurs, syndicats et gouvernement » pour faire face.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

La Fedération des entreprises de Belgique lance un « cri d’alarme » : la guerre en Ukraine a pour effet de dégrader gravement la situation économique : la croissance ne suit plus, les investissements des entreprises se réduisent, les exportations aussi, la compétitivité de notre économie en général est à risques… Peter Timmermans, CEO, et Edward Rosens, chief economist, n’ont pas tourné autour du pot mercredi matin, intervenant au siège de l’organisation patronale : il faut toucher à l’index. Le mécanisme est devenu « insupportable » économiquement parlant, à les entendre. « Nous allons droit dans le mur », prévient Pieter Timmermans.

« Les dernières prévisions du bureau du plan indiquent que nous aurons six indexations des salaires cette année en Belgique. C’est un drame pour notre compétitivité. Les coûts salariaux s’envolent en Belgique, extrêmement vulnérable, on ne peut pas rester sans réagir. » Le même ponctue : « On peut arriver à des niveaux de 10 % à 15 % d’inflation à l’automne. Franchement, nous entrerons alors en récession si la situation ne change pas, si l’indexation automatique des salaires est maintenue en l’état. »

Pieter Timmermans appelle à organiser une « concertation tripartite », associant patronat, syndicats et autorités politiques, « pour trouver des solutions visant à atténuer la crise de compétitivité ». Il implore les organisations syndicales de « se rendre compte de la gravité de la situation ». Le but, dit-il, est de « trouver une répartition plus équitable des coûts générés pas la crise ». A cette fin, le patron des patrons, en plus d’agir sur les prix de l’énergie, propose notamment de « limiter temporairement l’impact de l’indexation automatique des salaires ». Pour cela, plusieurs façons possibles. Celle-ci : « Reporter une tranche d’indexation de 2,5 % à l’année prochaine, en vue des évolutions salariales dans les pays voisins, tout cela combiné avec une baisse de la taxation sur les bas salaires. » Ou encore : « Indexer les salaires en pourcents jusqu’à un certain niveau de rémunération et appliquer une indexation forfaitaire au-dessus de ce niveau. » Enfin : « En valorisant la masse d’indexation, par exemple pour l’harmonisation du deuxième pilier. »

Timmermans critique envers les experts

Pieter Timmermans : « Modifions notre système de formation des salaires. Si nous n’agissons pas maintenant, alors nous devrons faire un saut d’index en 2024, ce sera inévitable. Je ne veux pas en arriver là. D’où les réformes du mécanisme que je propose aujourd’hui. Nous devons absolument agir maintenant. »

Pieter Timmermans épingle au passage les propositions relatives au soutien au pouvoir d’achat soumises récemment au gouvernement par un groupe d’experts : « Le rapport d’experts consacre trois pages à la gravité de la situation économique et tout le reste à de possibles nouvelles dépenses ! C’est incroyable. Les chefs d’entreprise ne comprennent pas. »

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63 Commentaires

  • Posté par Raurif Michel, jeudi 7 juillet 2022, 16:27

    Monsieur Lietrad, vous n'est pas le seul à ne pas comprendre moi aussi, à la différence que je ne suis pas nègre !!!

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 6 juillet 2022, 19:22

    La redistribution (l'indexation forfaitaire n'en serait qu'un exemple de plus) est devenue excessive, car elle tend vers un égalitarisme qui tue la volonté de progresser en travaillant à faire des choses utiles et rentables. Punir à ce point la réussite, ce n'est plus de la justice, mais de l'injustice. Dès l'école, on nous enlève tout esprit d'effort, de compétition et d'excellence. Et l'indexation des salaires va dans le même sens: dé-responsabilisation du salarié, qui trouve tout naturel que toute la charge de l'inflation repose sur le dos des entreprises. On dirait que les seuls qui travaillent encore vraiment sont les patrons et plus du tout les soi-disant "travailleurs".

  • Posté par Lhermitte Jean-Yves , dimanche 10 juillet 2022, 11:12

    Idées d un monde mourrant, qui a conduit l humanité a la faillite.

  • Posté par Frissen JM, mercredi 6 juillet 2022, 22:11

    Mais taisez-vous donc avec vos idioties ! Le système anglo-saxon que vous soutenez indirectement et qui existe en parallèle à notre ordo-libéralisme rhénan connaît une fracture sociale bien pire que chez nous et donc une criminalité qui explose. Dans des pays comme le Brésil, les riches vivent littéralement enfermés dans des cités ultra-protégées par des gardes privés armés jusqu'aux dents. Quand on ne veut pas comprendre qu'il est normal de "récompenser" le travail mais qu'il est indécent que la conséquence de cette récompense soit l'appauvrissement massif d'une partie importante de la population, on ne connait du monde que son propre nombril. C'est bien là que les tenants d'un capitalisme débridé qui n'est qu'un pseudo-libéralisme qui ferait se retourner Adam Smith dans la tombe ont tout faux. Il suffit d'ouvrir les yeux sur le monde et simplement voir. Et ne venez pas me sortir des diatribes sur le socialisme : je déteste ces gens qui pensent faire le bonheur du peuple du haut de leur tour d'ivoire : comme disait Camus à ses "camarades" communistes donneurs de leçons, on ne fait pas entrer la réalité sociale dans un carcan théorique.

  • Posté par Retine Marc, mercredi 6 juillet 2022, 18:33

    FEB rapatriez d'abord les milliards planqués fraudés par vos membres. Vos amis politiciens bloquent la chasse aux fraudes fiscales et sociales. Demain engageons des spécialistes payés au pourcentage des sommes rapatriées et milliards vont rentrer par bennes!

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