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France: à l’Assemblée nationale, Elisabeth Borne appelle les oppositions à «bâtir ensemble» des «compromis»

Elisabeth Borne vit ce mercredi 6 juillet son baptême du feu devant le Parlement, où elle prononce sa déclaration de politique générale, en quête de compromis mais sans demander une confiance que lui refusent déjà les oppositions.

Temps de lecture: 6 min

Face à un Parlement défiant où elle ne dispose pas de majorité absolue, Elisabeth Borne prononce ce 6 juillet sa déclaration de politique générale.

En lançant sa déclaration à l’Assemblée nationale, la Première ministre française a assuré vouloir mener « pour chaque sujet une concertation dense ». « Nous aborderons chaque texte dans un esprit de dialogue, de compromis et d’ouverture », a-t-elle insisté, en appelant à construire des « majorités de projet ».

« Des réponses radicales à l’urgence écologique »

Au cours de son discours, Elisabeth Borne a appelé à trouver « des compromis » et à « bâtir ensemble » les solutions aux défis des prix de l’énergie ou du climat, ajoutant que « le désordre et l’instabilité ne sont pas des options ». La Première ministre française a également promis des « réponses radicales à l’urgence écologique », que ce soit « dans notre manière de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer ».

« Dès le mois de septembre, nous lancerons une vaste concertation en vue d’une loi d’orientation énergie-climat », a-t-elle ajouté, en promettant de définir « filière par filière, territoire par territoire » des « objectifs de réduction d’émissions, des étapes et des moyens appropriés ».

« Renationaliser EDF à 100 % »

La France sera la « première grande nation écologique à sortir des énergies fossiles » afin de garantir sa « souveraineté énergétique » face à des pays producteurs d’hydrocarbures comme la Russie, a assuré la Première ministre française.

Pour cela, elle s’appuiera sur « un mix énergétique équilibré autour des énergies renouvelables et du nucléaire », a-t-elle déclaré, reprenant une antienne du président Emmanuel Macron. Pour garantir la « souveraineté de la France face aux conséquences de la guerre » en Ukraine, l’État va renationaliser EDF à 100 %, a également affirmé Elisabeth Borne, esquissant un parallèle avec les grandes décisions de politique publique, dont la création d’EDF, prises après 1945. Le groupe, déjà fortement endetté, est confronté à de lourdes charges financières, et est aussi mis au défi par le gouvernement de lancer un nouveau programme de réacteurs nucléaires.

«La transition énergétique passe par le nucléaire», a martelé Mme Borne, reprenant la position adoptée dès cet hiver par le président Emmanuel Macron.

Pour réduire la dépendance vis-à-vis du gaz russe, même si la France est moins exposée en la matière que d’autres pays européens, les « consommations inutiles » vont être réduites, notamment dans le domaine du chauffage pour lequel le dispositif MaPrimeRenov sera étendu à 700.000 logements par an. En matière de transport, un système de location de voitures électriques à moins de 100 euros par mois sera mis en place, a-t-elle également confirmé.

Une réforme du système de retraite

Au sujet des retraites, la Première ministre a prévenu que les Français devraient « travailler progressivement un peu plus longtemps », dans sa déclaration de politique générale devant les députés.

« Notre pays a besoin d’une réforme de son système de retraite », réforme qui « ne sera pas uniforme », qui « devra prendre en compte les carrières longues et la pénibilité » et « veiller au maintien dans l’emploi des seniors », a-t-elle ajouté, précisant que cette réforme serait menée « dans la concertation avec les partenaires sociaux, en associant les parlementaires le plus en amont possible ».

« Transformer Pôle emploi en France Travail »

Quand à la situation de l’emploi en France, « aujourd’hui le plein emploi est à notre portée. Et le travail reste pour moi un levier majeur d’émancipation », a affirmé la Première ministre.

Mme Borne n’a néanmoins pas fixé de date ou de chiffre précis pour cet objectif. Le plein emploi en France est généralement considéré comme un taux de chômage autour de 5 %.Pour atteindre le plein emploi, « nous devons ramener vers l’emploi celles et ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail », a-t-elle estimé.

« Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d’un côté, l’État qui accompagne les demandeurs d’emploi, de l’autre, les régions qui s’occupent de leur formation et les départements en charge de l’insertion des bénéficiaires du RSA », a-t-elle jugé. « C’est pour ça que nous voulons transformer Pôle emploi en France Travail », a-t-elle affirmé, laissant entendre que l’opérateur public devrait chapeauter ces compétences actuellement dispersées.

Vers une réforme du RSA

Elle est également revenue sur la réforme du RSA, annoncée par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale. « Verser une allocation ne suffit pas. Ce que nous voulons, c’est que chacun s’en sorte et retrouve sa dignité grâce au travail », a-t-elle affirmé, sans mentionner explicitement les 15 à 20 heures d’activité ou d’accompagnement mentionnées par le président en échange de l’allocation.

Enfin, le plein-emploi, « c’est aussi relever le défi de la découverte des métiers, de l’orientation et de la formation (…) dès l’enseignement secondaire », a-t-elle jugé. « Avec les collectivités, nous ferons en sorte que chaque élève puisse découvrir et connaître des métiers, notamment ceux de l’artisanat, de l’industrie, du tourisme, les métiers d’art », a-t-elle annoncé. « Nous élargirons au lycée professionnel, le succès de l’apprentissage », a-t-elle souligné.

Un pass culture dès la 6e

Dans la lignée des mesures concernant la jeunesse, le Elisabeth Borne a annoncé la volonté du gouvernement à rendre accessible dès la 6e le pass culture, qui permet actuellement aux 15-18 ans de disposer d’un budget pour acheter des produits culturels.

Initialement destiné aux jeunes atteignant 18 ans avec 300 euros à dépenser, ce pass a été élargi en début d’année aux adolescents dès 15 ans.

200.000 places d’accueil supplémentaires pour la petite enfance

A propos des plus jeunes, le gouvernement veut créer « un service public de la petite enfance » afin d’ouvrir 200.000 places d’accueil supplémentaires pour répondre au besoin actuel de solutions de garde des jeunes enfants, a indiqué la Première ministre.

« Mon gouvernement souhaite bâtir, avec les collectivités, un véritable service public de la petite enfance », a-t-elle assuré. « Il permettra d’offrir les 200.000 places d’accueil manquantes ». Des solutions de garde qui seront « proches des domiciles » et « accessibles financièrement » a affirmé Elisabeth Borne.

De plus, le gouvernement accorderait « une aide aux familles monoparentales pour la garde des enfants jusqu’à 12 ans ».

Pas de vote de confiance

Après une heure et demie de discours, Elisabeth Borne a demandé « à écrire une nouvelle page de l’histoire politique » de la France. « Je m’engage à bâtir des compromis ambitieux. Les Français ont sonné l’heure de la responsabilité. Nous avons tout pour réussir. Nous y parviendrons », a-elle ainsi conclu sa prise de parole.

Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, la Première ministre ne se soumet pas à un vote de confiance après avoir exposé les grandes priorités de son gouvernement devant les députés cet après-midi, puis à 21h devant les sénateurs. Les chefs de file des différents groupes interviendront à sa suite dans une ambiance qui s’annonce électrique. Aussi, l’alliance de gauche Nupes à l’Assemblée nationale a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement d’Elisabeth Borne, ont indiqué plusieurs de ses membres à la veille de la déclaration de politique générale de la Première ministre.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Debrabander Jean, mercredi 6 juillet 2022, 18:56

    «La transition énergétique passe par le nucléaire», a martelé Mme Borne, reprenant la position adoptée dès cet hiver par le président Emmanuel Macron. Allô, Nollet !

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