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«Je suis enfin devenue une femme»: Maître Afschrift fait son coming-out transgenre

L’avocate fiscaliste renommée et chroniqueuse habituée des médias, connue jusqu’ici comme Thierry Afschrift, se prénomme désormais Typhanie.

Temps de lecture: 3 min

Je suis une femme. Si on me demande comment je le suis devenue, je réponds que je suis transgenre mais mon idée est que j’ai toujours été une femme, enfermée dans un corps d’homme, comme on dit, et en tout cas qui n’apparaissait pas à mes propres yeux. Je dois bien admettre que pendant longtemps, ce n’était pas quelque chose qui était évident pour moi, ce ne fut pas facile d’arriver à cette conclusion. » Celle qui s’exprime ici est devenue Typhanie pour tous et pour toujours depuis ce jeudi 7 juillet. La révélation de cette transition de genre est d’autant plus impactante que Typhanie Afschrift, jusqu’ici connue sous le prénom « Thierry », est l’une des avocates fiscalistes les plus réputées et redoutées de Belgique, une professeure d’université extrêmement renommée, une personne publique aux opinions ultralibérales très tranchées.

C’est à Paris Match qu’elle a réservé la primeur de cette annonce en ce jeudi qui, précise-t-elle d’emblée, est un jour de fête. La nouvelle apparence extérieure de l’avocate dit l’ampleur du changement. Cheveux longs blonds-roux, robe d’été à fleurs au-dessus du genou, rouge à lèvres : c’est une femme heureuse, élégante, affirmée qui a également longuement reçu Le Soir. Typhanie ne cache rien de ce parcours difficile, vécu aujourd’hui non comme une renaissance, mais comme une libération. « Je détestais mon corps quand j’étais jeune », confie celle qui aurait pu se suicider à l’adolescence. Ce sont les études, puis le travail qui jouent le rôle de cette drogue qui aide à supporter l’immense « confusion » intérieure. Honte de savoir qu’on voulait s’habiller en petite fille, peur de parler aux autres de cet état intérieur, ignorance totale de la transidentité : c’est avec le temps et à force de centaines de lectures que Typhanie va se documenter, se découvrir et que l’idée de la transition va grandir.

C’est en 2017, suite à une véritable « révélation » au cours d’une des séances de travail avec une psychologue que Typhanie décide de franchir le pas. « Je n’ai jamais fait dans ma vie quelque chose d’aussi irrésistible. » Depuis cinq ans, en Suisse, Typhanie exerce son métier d’avocate, participe à la militance transgenre sans qu’en Belgique, où elle reprend ses habits d’homme, on n’en sache rien. « Genève m’est apparue comme une piste d’entraînement, un lieu où je pouvais faire toutes mes erreurs de transgenre débutante. Surtout, c’était une manière de protéger au maximum ma famille et de lui laisser le temps de se faire à ma nouvelle identité », raconte-t-elle dans Paris Match. Sa famille, ses enfants, son épouse sont au courant, à l’exception du cadet des enfants, informé plus récemment, et pour qui la « révélation » publique a été repoussée à ce 7 juillet.

Photo prise par un photographe du «Soir» en 2019.
Photo prise par un photographe du «Soir» en 2019. - Pierre-Yves Thienpont.

Le témoignage est poignant, édifiant, joyeux mais aussi profondément généreux car il donne une occasion rare de partager les enjeux et les sentiments liés à l’identité de genre et au très lourd parcours que représente cette transition. « On ne guérit pas de qui on est » : pour Typhanie Afschrift, c’est crucial de le dire, de le faire savoir, de l’expliquer : « la transidentité n’est pas une maladie mais l’expression d’une liberté ».

Découvrez l’interview intégrale du Soir dès 17 h sur notre site internet.

 

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19 Commentaires

  • Posté par Van Ars Odette, jeudi 7 juillet 2022, 13:20

    Ceci mérite-t'il un article ? L'être humain pense maîtriser la Vie (choix du sexe, avortement, fécondation in vitro, euthanasie,...)... La réalité... l'eugénisme promu par les nazis n'est pas loin !

  • Posté par Smyers Jean-pierre, samedi 9 juillet 2022, 16:22

    Vous avez le même type de raisonnement que celui qu'on trouve généralement chez les pro-life, qui sont en même temps pour la vente libre des armes et la peine de mort, Mme Van Ars. Je vous signale simplement que tout ce que vous citez relève de choix personnels, et que vous voulez donc vous mêler du choix des autres, ce qui est une des caractéristiques de l'eugénisme. Vade retro...

  • Posté par Giefvan Agathe, jeudi 7 juillet 2022, 11:41

    Voyons ! voyons ! Il faut désormais écrire "Maîtresse Afschrift".

  • Posté par Giefvan Agathe, jeudi 7 juillet 2022, 11:40

    Pourvu que ses idées fiscales nauséabondes fassent le même demi-tour !

  • Posté par Staquet Jean-Marie, jeudi 7 juillet 2022, 12:03

    C'est quoi des "idées fiscales nauséeabondes"? Celles où on ne prend pas 99% à d'autres pour les donner à VOUS?

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