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Uber Files: le PTB demande en urgence l’audition de Pascal Smet

Le PTB demande à ce que l’ex-ministre de la Mobilité, Pascal Smet, soit entendu en urgence, en lien avec le dossier « Uber Files ». Le socialiste bruxellois avait en effet été de nombreuses fois en contact étroit avec un lobbyiste de la multinationale.

Temps de lecture: 3 min

Le PTB a demandé mardi l’audition en urgence, encore cette semaine, du secrétaire d’État bruxellois, Pascal Smet, à propos des relations qu’il a entretenues avec un lobbyiste de la multinationale Uber.

Le socialiste bruxellois a été ministre de la Mobilité dans le gouvernement régional de 2014 à 2019. Dans ce cadre, il lui revenait d’élaborer un cadre légal pour les nouveaux services de transport, dont la plateforme Uber.

Selon les documents analysés par « Le Soir », « De Tijd » et « Knack », M. Smet a été très régulièrement en contact avec Marc MacGann, qu’il connaissait déjà. Ce dernier, qui n’est autre que le lanceur d’alerte par qui l’affaire a démarré ce week-end dans les médias, a vu à l’époque en M. Smet un « allié ».

Une dizaine de contacts ont eu lieu entre Uber et le cabinet du ministre, d’après les mails consultés par les trois médias. Uber aurait reçu les grandes lignes du projet de réforme avant qu’il ne soit rendu public. Et quand le projet de plan du ministre a fuité dans la presse, le cabinet aurait donné des consignes à Uber sur la position à adopter dans les médias. Il est même question d’un « gentleman’s agreement » entre l’un et l’autre. Uber aurait également été informé du fait que les contrôles qui seraient menés sur ses chauffeurs ne porteraient que sur des questions d’assurance et de sécurité.

Bruxelles, une ville stratégique

« Des relations « confidentielles », des projets d’accord et de loi transmise en avant-première, des communiqués de presse concertés, avec le cabinet du ministre qui aurait été jusqu’à corriger un communiqué de la multinationale… c’est incroyable ! Nous découvrons chaque jour de plus en plus la stratégie de la multinationale pour s’imposer dans les grandes villes. Bruxelles est considérée comme stratégique à leurs yeux, et il semble que la relation avec l’ex-ministre de la Mobilité socialiste Pascal Smet (Vooruit) était essentielle pour eux », a souligné la cheffe de groupe du PTB à la Chambre, Françoise De Smedt.

Selon les communistes, M. Smet, aujourd’hui secrétaire d’État à l’Urbanisme, doit répondre des faits relatés dans la presse. « Un ministre est là pour défendre l’intérêt général et non se prendre pour un lobbyiste d’une multinationale américaine qui s’impose sur les marchés pour détricoter le droit du travail », a dit Mme De Smedt.

Interrogé dans « Le Soir », le secrétaire d’État se défend de toute ambiguïté. « J’ai été très clair avec lui à chaque conversation : Uber n’a d’avenir à Bruxelles que dans un cadre déterminé par le gouvernement, avec le respect du statut du chauffeur, la transparence pour le client et la transmission des données au gouvernement. J’ai vu en lui, avant tout, un allié au sein d’Uber pour nous aider à faire passer notre programme. Car tout le monde au sein d’Uber n’était pas sur la même ligne », a-t-il expliqué.

Qu’Uber ait bénéficié d’informations sur le plan taxi du ministre ne lui paraît pas anormal, puisque des réunions avaient également lieu avec le secteur des taxis et que le contexte des discussions était marqué par de vives tensions. « Nous voulions éviter des grèves qui auraient paralysé Bruxelles, nous voulions éviter des déclarations qui auraient encore accru la polarisation. D’où la discrétion dans la discussion avec toutes les parties », a-t-il ajouté dans « De Tijd ».

Un autre homme politique est cité pour avoir entretenu des contacts étroits avec Uber, le bourgmestre d’Uccle, Boris Dilliès (MR), qui siégeait à l’époque au parlement bruxellois.

 

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3 Commentaires

  • Posté par deghelt Rudi, jeudi 14 juillet 2022, 11:10

    J'ai rien fait, sauf remplir mes poches comme tout mes petits copains politiciens. Ils s'appellent tous "Collaborateurs". Donc, pas de chance pour nous les pigeons, les collaborateurs ne se tirent pas dans les pattes.

  • Posté par Lecocq Annie, mardi 12 juillet 2022, 13:28

    Dans 2 semaines ça tombera dans l'oubli comme toutes ces annonces chocs SURTOUT quand ce sont les politiques qui sont visés.

  • Posté par Giefvan Agathe, mardi 12 juillet 2022, 12:38

    Ce n'est pas vraiment nouveau : on sait que Pascal Smet mélange ses relations privées et la politique. Rappelons quand ses problèmes de "couple" (ou simplment de "cul") avec le jeune sec. d'état Groen à la mobilité avaient eu impact sur les décisions politiques.

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