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Guerre en Ukraine: Volodymyr Zelensky limoge le chef des services secrets et la procureure générale

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer ce double limogeage.

Temps de lecture: 5 min

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé la procureure générale et le chef des services de sécurité du pays en raison de soupçons de trahison de certains de leurs subordonnés au profit des Russes, alors que s’ouvre lundi une réunion de l’UE visant à renforcer les sanctions contre Moscou.

«J’ai pris la décision de relever de leurs fonctions la procureure générale» Iryna Venediktova, «et le chef des services de sécurité» (SBU) Ivan Bakanov, a déclaré M. Zelensky dimanche soir, alors que la Russie poursuit ses bombardements sur plusieurs villes ukrainiennes.

Les autorités ukrainiennes enquêtent sur plus de 650 cas de soupçons de trahison de responsables locaux, dont 60 dans les zones occupées par les forces russes et prorusses, a-t-il ajouté dans son adresse du soir.

«Un si grand nombre de crimes contre les fondations de la sécurité nationale et les liens établis entre des responsables ukrainiens en charge de l’application des lois et les services spéciaux russes posent des questions très sérieuses aux dirigeants concernés. Chacune de ces questions recevra une réponse», a-t-il poursuivi.

Mme Venediktova a notamment dirigé l’enquête sur les atrocités présumées commises au début de l’invasion par les forces russes dans la ville de Boutcha, banlieue au nord-ouest de Kiev, devenues aux yeux de l’Occident un symbole des «crimes de guerre» russes en Ukraine.

Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont débattre à Bruxelles d’un durcissement des sanctions contre Moscou, les salves successives adoptées jusqu’à présent ayant isolé et durement frappé économiquement la Russie, sans la faire reculer ou renoncer à son invasion lancée le 24 février.

Ils doivent se pencher sur deux proposition de la Commission européenne d’interdire les achats d’or à la Russie pour aligner les sanctions de l’UE sur celles de ses partenaires du G7, et d’inscrire de nouvelles personnalités russes sur la liste noire de l’UE.

«Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression», a déclaré vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après avoir transmis les nouvelles mesures aux Vingt-Sept.

L’armée russe a d’ores et déjà perdu 50.000 hommes, morts ou blessés, et des milliers de blindés, selon le chef d’état-major des armées britannique, l’amiral Tony Radakin, soit «plus de 30% de son efficacité au combat terrestre».

Pour autant, «le défi que pose la Russie va durer», a-t-il averti, soulignant que miser sur un problème de santé de Vladimir Poutine ou «qu’il finisse par se faire assassiner» relevait du «voeu pieux».

Le maître du Kremlin a affirmé au début du mois que l’armée russe n’avait «pas encore commencé les choses sérieuses», et son ministre de la Défense Sergueï Choïgou a ordonné la semaine passée d’«accroître encore» la pression militaire.

Trois jours à peine après des frappes au missile de croisière qui ont dévasté le centre de Vinnytsia, à des centaines de kilomètres du front, faisant au moins 24 morts dont des enfants et suscitant de la part de l’Union européenne la dénonciation d’un «comportement barbare», les bombardements continuent.

La Russie a annoncé samedi avoir officiellement mis fin à la «pause opérationnelle» de son armée décrétée il y a huit jours, et les bombardements ont repris avec plus d’intensité dans le Donbass (est), dont le contrôle total est le principal objectif à court terme de Moscou.

«Bombardements massifs»

Donetsk, l’une des deux provinces du Donbass, a été ciblée par «les Russes (qui) continuent de bombarder les infrastructures civiles, en particulier les établissements d’enseignement», a déclaré le gouverneur de la région, Pavlo Kyrylenko.

Les séparatistes prorusses qui tiennent une partie de la même région depuis 2014 ont de leur côté accusé les forces ukrainiennes d’avoir tiré 60 roquettes avec des lance-roquettes multiples Grad sur un quartier de la ville de Donetsk.

«Des immeubles d’habitation ont été touchés», ont-ils affirmé, publiant des images de bâtiments réduits en ruines, sans faire état de victimes.

Au nord-est, des missiles ont frappé dans la nuit de samedi à dimanche Kharkiv, la deuxième ville du pays, proche de la frontière russe.

D’autres frappes ont visé Mykolaïv, ville du sud proche de la mer Noire, et des villages de la région, selon Vitaliy Kim, le gouverneur local.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le maire de cette ville, Oleksandr Senkevych, a écrit sur Telegram: «Encore un bombardement massif de Mykolaïv. On entend de puissantes explosions. Environ 10 ont été entendues jusqu’à présent».

Arrestation d’une journaliste russe

Le président Zelensky a par ailleurs de nouveau critiqué dimanche la décision canadienne, prise la semaine dernière, de permettre le retour en Europe de turbines réparées au Canada et destinées au gazoduc russe Nord Stream.

Il a indiqué avoir dit au Premier ministre canadien Justin Trudeau, qu’il a eu au téléphone dans la journée, que les Ukrainiens n’accepteraient jamais cette décision qui viole selon lui le régime des sanctions contre la Russie.

«C’est une question de respect des sanctions. S’il y a une violation maintenant, cela ne tardera pas avant qu’il y en ait d’autres», a ajouté le président en accusant la Russie de pratiquer un chantage au gaz et en soulignant qu’il y avait d’autres moyens d’acheminer le gaz russe en Europe.

En Russie, la journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue célèbre après son irruption en direct à la télévision avec une pancarte critiquant l’offensive de Moscou en Ukraine, a été interpellée dimanche, ont indiqué son entourage et son avocat.

Aucune déclaration officielle n’a été faite sur les raisons de son interpellation, mais celle-ci intervient quelques jours après que Mme Ovsiannikova a manifesté seule près du Kremlin en brandissant une pancarte critiquant l’intervention militaire en Ukraine et le président Poutine.

La guerre en Ukraine entrera le 24 juillet dans son sixième mois et il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit jusqu’à présent.

 

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14 Commentaires

  • Posté par José Dehove, lundi 18 juillet 2022, 17:34

    @ Smyers Jean-Pierre... Un troll... A toutes fins utiles, je vous informe que je suis libre-exaministe et libre-penseur laïque, qui, en mon temps de jeunesse, a animé un cercle de libre-pensée. A ce titre ja ne suis vraiment pas 'pro-Putin' .

  • Posté par Smyers Jean-pierre, mardi 19 juillet 2022, 14:51

    Dont acte, M. Dehove. Mais si je peux saisir le souhait de nuancer certains éléments caricaturés par les pro-Putin, je ne comprends pas très bien pourquoi vous traitez l'Ukraine de brol. C'est dépréciatif en diable et ne donne de l'eau au moulin qu'aux propagandistes du Kremlin, qui voient dans l'Ukraine un simple vassal de la Russie. Cela me fait penser au sinistre slogan "Ein Volk, ein Reich, ein Führer".

  • Posté par José Dehove, lundi 18 juillet 2022, 10:27

    L'Ukraine, un pays uni...? En fait une Ukraine centrale, slave, nationaliste, pauvre, agricole avant tout, à la course derrière le meilleur allié militaire pour pouvoir recevoir assitance et porotection, cela depuis des siècles, se tournant vers l'un ou l'autre allié, félon à l'égard du précédent, au gré des meilleures opportunités. Et puis une Ukraine de l'Est, russophone, dont le Donbass, tournée vers la Russie dont elle a fait partie depuis plusieurs siècles, enfin une Ukraine de l'Ouest, polonaisee et autres territoires gagnés en 1945. Mais aussi la Crimée, cédée depuis deux siècles à la Russie, de sort réglé depuis 8 ans, très russophone: territoire historiqueement 'tatar'., une ethnie maudite deouis plus d'un siècle, colonisée par de nombrteux russes dont des descendants de cosaques du Don et de Donatsk... Une unité ukrainienne branlante, un 'brol'... ..

  • Posté par Smyers Jean-pierre, lundi 18 juillet 2022, 14:54

    Élément de langage n°3 des trolls pro-Putin: l'unité millénaire entre l'Ukraine et la Russie. Élément de langage n°4 des trolls pro-Putin: en appeler à l'histoire... en la pervertissant. Une évidence absolue: la Russie a attaqué le 24 février dernier l'Ukraine.

  • Posté par Lecocq Jean-Louis, lundi 18 juillet 2022, 10:55

    La Belgique est tout autant un “brol”, sans doute pire encore. L’Allemagne, la France ou les Pays-Bas auraient-ils le droit de nous envahir pour autant?

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