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Réforme des pensions: «Ce n’est pas une grande réforme», réagit, déçu, le président des socialistes flamands

L’accord conclu dans la nuit au fédéral sur la réforme des pensions continue, mardi matin, de faire réagir.

Temps de lecture: 4 min

Lundi soir, le gouvernement fédéral est parvenu à un accord sur la réforme des pensions. Et le Premier ministre a mis en avant la valorisation du travail effectif dans la réforme : « qui travaille effectivement voit sa carrière valorisée par une meilleure pension », a-t-il dit.

Tout au long des négociations, qui ont duré plusieurs semaines, le PS a été particulièrement montré du doigt.

Pour Conner Rousseau, président de Vooruit, l’accord auquel a abouti lundi soir le gouvernement fédéral ne constitue pas une réforme majeure : « Ma génération s’inquiète pour sa future pension. Pour y parvenir, nous devons vraiment oser réformer. Tant sur le plan fiscal que sur celui des pensions. Et ce n’est pas le cas. Je suis déçu. » Pour le chef de file des socialistes flamands, le travail devrait être plus rémunérateur. « Également dans nos pensions. C’est pourquoi, au sein du Vooruit, nous nous sommes battus avec acharnement pour augmenter les pensions. La pension minimale sera de plus de 1.500 euros net. Celui qui travaille plus longtemps touchera une pension plus importante », souligne M. Rousseau.

Le gouvernement a réintroduit le bonus pension. « Après que le précédent gouvernement de droite l’eût supprimé. Et il y aura des améliorations pour les femmes qui combinent famille et travail », se félicite-t-il. Pourtant, selon Conner Rousseau, les travailleurs méritent mieux. « Avec Vooruit, nous continuerons à nous battre pour une réforme majeure. Une réforme qui ne regardera plus à l’âge de la pension, mais aux années au compteur. Vooruit souhaite que les personnes qui commencent à travailler à 18 ans puissent prendre leur retraite à 60 ans. Mais il faut aussi que les gens aient effectivement travaillé s’ils veulent prendre une pension anticipée. »

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« Quelques mesures »

Les Engagés, dans l’opposition, s’interrogent eux sur le message envoyé par le gouvernement.

«Accord #pensions? Quelques mesures oui. Mais quel est le message du #begov aux pensionnés qui ont travaillé dur avec une pension bien plus basse que dans les autres pays? À ceux qui cumulent différents statuts? À ceux qui ont un métier pénible? Aux jeunes à qui on remballe la patate chaude?», demande ainsi Catherine Fonck, la chef de groupe des Engagés à La Chambre, sur Twitter.

«Cet accord n’est pas le point final de la réforme des pensions mais un premier pas raisonnable», a pour sa part réagi, dans un communiqué, le co-président de Groen, Jeremie Vaneeckhout.

«Sous le gouvernement précédent, il n’était pas question d’une réforme avec une empreinte sociale. Aujourd’hui, nous avançons. Cet accord prend en compte les personnes qui avaient un travail à temps partiel et accorde ainsi à de nombreuses femmes une pension minimum avec laquelle elles peuvent vivre», a estimé le responsable des écologistes flamands.

Pour Groen, des périodes telles que le congé de maternité, le congé d’allaitement et le congé palliatif devaient entrer en ligne de compte pour l’acquisition des droits à pension. «Grâce à (la vice-première ministre, ndlr) Petra De Sutter, l’accord conclu ne mène pas à une pension de misère pour les femmes et je m’en réjouis», a enfin ajouté Jeremie Vaneeckhout.

« Un accord qui soutient les femmes »

La ministre fédérale des Pensions, Karine Lalieux a, quant à elle, salué un « accord qui soutient l’emploi et les femmes ». « Après la hausse de la pension minimum, qui sera de 1.630 euros nets en 2024, la réforme des pensions s’étoffe de deux mesures positives, un bonus avantageux et une revalorisation du temps partiel dans le calcul de la pension minimum, ce qui augmentera le pouvoir d’achat des travailleurs et des femmes », a-t-elle expliqué dans un communiqué.

Ecolo, par la voix du vice-Premier ministre Georges Gilkinet, a également insisté sur la situation des femmes. « Pour les écologistes, il était prioritaire de préserver au mieux les femmes et leur ouvrir de nouveaux droits », a-t-il dit, avant de se réjouir que le régime particulier de pension du personnel roulant de la SNCB (un temps évoqué dans les discussions avec celui des militaires avant d’en être retiré, NDLR) soit préservé.

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9 Commentaires

  • Posté par Chalet Alain, mardi 19 juillet 2022, 12:40

    Par ailleurs, on tient trop compte de la durée et pas assez des montants cotisés. J'ai travaillé pendant "seulement" 36 ans, ayant fait un post-graduat après mes études d'ingénieur civil et ayant dû arrêter de travailler vers 61 ans pour m'occuper de mes 3 plus jeunes enfants, les 2 derniers ayant perdu leur maman lors de leur naissance. J'ai cotisé des sommes énormes pendant ces 36 ans et ma pension n'est qu'à peu près équivalente à cette pension minimum... que chacun recevra en ayant cotisé beaucoup moins chaque année et pendant seulement 20 ans.! C'est profondément injuste et même scandaleux. Mais c'est évidemment nécessaire pour payer la gabegie populiste et ruineuse de nos gouvernants démagogiques.

  • Posté par Raspe Eric, mardi 19 juillet 2022, 20:53

    Grâce à cet aveu, on comprend mieux que vos commentaires ne sont que ramassis de frustrations rances.

  • Posté par Chalet Alain, mardi 19 juillet 2022, 12:20

    Cette marche forcée vers toujours plus d'égalité est en fait une terrible injustice. En plus, elle démotive ceux qui travaillent et réussissent, tout en encourageant les autres à la paresse et à la facilité. Cet état d'esprit nous est inculqué dès l'école, qui a tourné le dos à toute idée d'effort, de compétition et d'excellence. Inutile de chercher plus loin les raisons de la chute générale du niveau de vie de l'Europe occidentale par rapport au reste du monde. Dans l'absolu nous avons sans doute progressé, mais les autres avancent bien plus vite et mieux que nous.

  • Posté par collin liliane, mardi 19 juillet 2022, 10:02

    "...la pension minimum, qui sera de 1.630 euros nets en 2024" et donc qui donnera le même montant à un(e) flemmard(e) chronique et à quelqu'un qui a travaillé tout sa vie. Belle avancée sociale, en effet.

  • Posté par Chachkoff Yann, mardi 19 juillet 2022, 11:24

    Non, puisqu'il est bien indiqué qu'il s'agit du montant *minimum*. De plus, un 'flemmard chronique' n'y aura droit qu'à condition d'avoir travaillé au moins 20 ans (et donc, pas forcément si flemmard que ça) - c'est une évolution par rapport au régime actuel qui, justement, ne prévoyait pas ce minimum de 20 ans.

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