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Le gouvernement présente sa réforme des pensions: «On veut que le travail soit mieux récompensé»

Alexander De Croo est parvenu à arracher un accord dans la nuit. Il faudra avoir travaillé 20 ans pour bénéficier de la pension minimum, mais certaines périodes d’absence ou maladie seront assimilées à du travail.

Temps de lecture: 4 min

Après plus de 50 heures de réunion depuis samedi, le gouvernement fédéral est finalement parvenu à un accord mardi après minuit sur une version réduite de la réforme des pensions. Ces négociations ont une nouvelle fois été marquées par d’importantes divergences de vues entre partis de la coalition, singulièrement entre le PS et le parti du Premier ministre Open VLD. Mais, après notamment des contacts entre le Premier ministre et le président du PS, Paul Magnette, un compromis aux accents minimalistes a fini par intervenir. Pour le PS, l’accord « respecte ses lignes rouges », pour les libéraux, il respecte le principe « d’un travail effectif pour avoir droit à une pension plus élevée. »

Ce mardi matin, le gouvernement a livré une présentation de tous les détails lors d’une conférence de presse.

Le Premier ministre Alexander de Croo a rappelé que l’objectif premier du gouvernement était de mieux récompenser le travail. Il a par ailleurs noté que pour « la première fois, la condition effective de travail » était « instaurée dans le système », ce qu’il a jugé « logique ». Karine Lalieux est elle venue compléter ces propos en se félicitant du « grand pas en avant » fait par le gouvernement, en vue de « diminuer les inégalités liées au système de pension et renforcer l’emploi ». La ministre des Pensions, de l’Intégration sociale et de la lutte contre la Pauvreté a par ailleurs rappelé que les mesures ne s’arrêteront pas là. « On va continuer à travailler », a-t-elle ainsi déclaré.

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Vingt ans de travail pour obtenir la pension minimum mais…

Les socialistes francophones voulaient dix ans, les libéraux vingt ans. Le compromis final prévoit finalement vingt ans mais avec des aménagements. On parle ici de la pension minimum, que le gouvernement avait décidé de revaloriser à 1.500 euros au début de la législature. Mais il fallait encore affiner les conditions pour pouvoir en bénéficier. Côté libéral, il n’était pas concevable qu’une personne n’ayant jamais ou très peu travaillé puisse y avoir droit. Finalement, il faudra avoir travaillé 20 ans au moins à 4/5. Ceci revient à 250 jours de travail par an. Cette règle de travail est valable jusqu’à 53 ans. Un régime transitoire est prévu au-delà. A partir de 54 ans, il faudra afficher 17 années de travail, à 55 ans, 14 années suffiront. La période de travail exigée se réduit chaque année, et dès 61 ans, les conditions de durée de travail tombent et le droit à la pension minimum est acquis.

Les congés de maternité, allaitement et paternité sont également pris en compte. Une exception est aussi prévue pour les personnes en situation de handicap. En revanche, les malades de longue durée sont soumis au régime, sauf si leur durée d’absence ne dépasse pas cinq ans sur toute leur carrière. Pour les personnes absentes durant plus de cinq ans, un nombre d’années minimum inférieur est prévu, selon nos collègues du Standaard.

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Un bonus pension pour celles et ceux qui ne partent pas en retraite anticipée

Pour augmenter l’âge effectif de départ à la retraite, le gouvernement réintroduit aussi le bonus pension, pour les personnes qui décident de ne pas prendre leur pension anticipée à 62 ans ou qui travaillent après l’âge légal, actuellement de 65 ans. Le montant sera de 2 à 3 euros par jour de travail supplémentaire, ce qui pourra monter jusqu’à 300 à 500 euros par année travaillée en plus. Le Bureau du Plan est chargé d’élaborer ce bonus du point de vue technique.

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Un coup de pouce à la pension des femmes

Le gouvernement a aussi voulu prendre en compte la situation des personnes, essentiellement des femmes, qui ont arrêté de travailler pour veiller à l’éducation des enfants. Toute personne ayant travaillé à temps partiel avant 2001 (soit l’année d’introduction du crédit-temps avec allocations), aura droit à des conditions de durée de travail plus basses pour obtenir la pension minimum. Elles pourront n’afficher que 208 et non 250 jours de travail effectif.

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Pas de pension à temps partiel

Enfin, faute d’accord, le gouvernement ne s’est pas accordé sur deux autres points de la réforme. La pension à temps partiel, qui aurait pu compenser la pénibilité de certains métiers, la révision du régime de la SNCB et des militaires, inadmissibles côté socialiste, et la carrière de 42 ans pour les personnes qui ont travaillé à partir de 18 ans. Ces questions sont renvoyées aux partenaires sociaux.

 

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21 Commentaires

  • Posté par J.-M. Tameyre, mardi 19 juillet 2022, 16:49

    Je trouve que le généreux "bonus" octroyé aux gens qui travaillent un an de plus (au-delà de 65 à 67 ans donc) à quelque chose de méprisant et d'insultant. Ce bonus vaut 25 à 35€ par mois. Une dizaine de litres d'essence ou deux tickets de cinéma en plus. Ça illustre très bien combien nos "représentants", qui pour la plupart n'ont jamais vraiment travaillé, sont déconnectés des réalités !

  • Posté par Raspe Eric, mardi 19 juillet 2022, 20:42

    Vu le nombre de commentaires de nick et leur contenu, pas sûr qu'il ait vraiment beaucoup travaillé.

  • Posté par Vdrme Marc, mardi 19 juillet 2022, 16:08

    Cela s'appelle la pension des fainéants, certains vont être content .

  • Posté par Hanon Jean, mardi 19 juillet 2022, 13:31

    Djuuu, pour l indépendant qui a commencé a 18 ans... jackpot. Ah ben non

  • Posté par Dib Rihon Renata, mardi 19 juillet 2022, 13:05

    Titre de l’article incorrect ! On veut que le pensionné qui a travaillé, cotisé et épargné toute sa vie et qui achète une maison afin que le loyer complète sa pension soit saigné à blanc. Vivement 2024 et qu’on divise la Belgique. Je sais déjà où beaucoup déménageront

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