Accueil Énergie

Prolongation du nucléaire: la réouverture des deux réacteurs attendue pour octobre 2026

A la suite de l’accord de principe sur la prolongation des centrales nucléaires avec Engie, le gouvernement a tenu une conférence de presse ce vendredi matin afin de donner les détails de cette entente.

Temps de lecture: 4 min

L’accord de principe conclu entre le gouvernement fédéral et Engie doit faire en sorte que les réacteurs de Tihange 3 et Doel 4 soient opérationnels en octobre-novembre 2026 afin que la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays soit garantie à l’entrée de l’hiver 2026-2027, ont expliqué vendredi le Premier ministre, Alexander De Croo, et la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten, au cours d’une conférence de presse.

Pendant que le gouvernement se déchirait sur les pensions, des négociations plus discrètes se sont poursuivies en coulisses avec Engie Electrabel, exploitant du parc nucléaire belge, sur la prolongation des deux réacteurs les plus jeunes au-delà de 2025, date à laquelle la Belgique devait en principe sortir du nucléaire. Comme convenu au sein du gouvernement en mars, la prolongation s’étendra sur dix ans et démarrera après la relance des réacteurs, soit de 2026 à 2036.

Engie avait fait savoir à plusieurs reprises que le délai utile pour une prolongation au-delà de 2025 était dépassé à ses yeux et n’envisageait donc pas cette option. « Nous sommes passés d’un non ferme vers un oui, un accord de principe entre l’Etat belge et l’exploitant », a souligné Mme Van der Straeten qui, comme M. De Croo, a insisté sur la « relation de confiance » qui s’était créée entre les deux parties.

A l’heure où la guerre en Ukraine bouleverse l’Europe, la question de l’énergie apparaît au gouvernement comme un enjeu de « sécurité nationale ». « Nous franchissons une étape cruciale pour garantir la sécurité d’approvisionnement de notre pays », a jouté M. De Croo. « Le sol sera plus stable sous nos pieds. »

Une nouvelle société verra le jour dont l’Etat belge et Engie seront actionnaires à parts égales et dans laquelle seront logés les deux réacteurs. L’exploitant demeure Engie Electrabel mais l’Etat entrera dans le capital de cette structure. « De cette façon, nous aurons notre mot à dire sur les questions stratégiques », a précisé M. De Croo.

Les coûts de démantèlement des centrales nucléaires, et de gestion des matières fissiles et des déchets radioactifs sont supportés par l’exploitant Engie. Pour ce qui est toutefois des déchets issus des dix années de prolongation des deux réacteurs, le coût sera supporté par la nouvelle structure et donc, en principe, pour moitié, par l’Etat. Les deux ministres ont toutefois aussi insisté sur les bénéfices que retirera l’Etat de la future société et qu’il pourra réinvestir. « Nous sommes dans un partenariat avec des coûts et des bénéfices », a martelé la ministre.

Des négociations qui se poursuivent

Les discussions vont se poursuivre et des groupes de travail d’experts seront mis en place. L’un des points à résoudre sera la détermination du coût de la gestion des déchets, et donc de leur stockage pour lequel la Belgique n’a pas encore fait de choix définitif. « Les coûts de gestion des déchets et du combustible nucléaire usé seront déterminés après une étude, à l’issue de laquelle les discussions s’engageront autour d’un ’cap’ et d’une prime de risque à définir », indique un communiqué du gouvernement diffusé en début de matinée.

La Commission des provisions nucléaires et l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf) seront mis à contribution. « Nous calculerons le coût pour que la facture soit connue et maîtrisée en recourant aux scénarios les plus conservateurs afin de garantir que ces coûts ne soient pas à charge du citoyen », a assuré Mme Van der Straeten.

Le Premier ministre y voit une démarche logique. « Le pollueur paie, c’est à sa charge mais c’est logique que l’exploitant demande de la clarté : comment est-ce que l’on va déterminer cela ? Combien est-ce que cela pourrait coûter ? D’autres pays l’ont fait, comme l’Allemagne il y a quelques années », a-t-il fait remarquer.

Cette disposition a été au cœur de plusieurs réactions, que ce soit de l’opposition au parlement ou des associations environnementales qui redoutent une entente sur un prix maximum qui serait supporté par Engie Electrabel, le surplus étant à charge de l’Etat.

L’objectif des deux parties est d’avoir un accord définitif d’ici la fin de l’année et de le soumettre à la Commission européenne.

 

À lire aussi Gaz russe: comment la Commission européenne veut contrer le «scénario du pire» À lire aussi En Europe de l’Est, la renaissance du nucléaire

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

16 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, lundi 25 juillet 2022, 13:12

    Pourquoi ne pas construire de nouveaux réacteurs ?

  • Posté par deghelt Rudi, vendredi 22 juillet 2022, 13:47

    Les pauvres Ecolos. Il vont faire une dépression.

  • Posté par Wauters Georges, vendredi 22 juillet 2022, 14:08

    Après un grand succès, on fait rarement une dépression! Et la signature de l'accord avec Engie est un grand succès pour le pays, vu la situation dans laquelle la non décision de la majorité précédente nous avait mis.

  • Posté par Groetaers Jean-Pierre , vendredi 22 juillet 2022, 12:42

    S’il n’y avait eu la guerre en Ukraine, il n’y aurait plus de nucléaire ! Cela, c’est la seule vérité !

  • Posté par deghelt Rudi, vendredi 22 juillet 2022, 13:46

    C'est de l'humour ?

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Énergie

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une