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Les «sept» retranchés sous haute surveillance dans les alpes bavaroises

Dispositif très coûteux pour un « sommet-spectacle » dans les alpes bavaroises. Les Allemands sont sceptiques sur son efficacité.

Temps de lecture: 3 min

Plus de 20.000 policiers, 14 km de barrières grillagées, zone interdite de quatre kilomètres carrés, 1.500 secouristes, 230 chiens renifleurs, rétablissement du contrôle aux frontières… pour organiser les deux jours du G7, dimanche et lundi. L’hôtel Elmau dans les alpes bavaroises s’est transformé en véritable forteresse.

Pour accueillir le temps d’un week-end les sept chefs d’Etat et de gouvernement et assurer leur sécurité, l’Allemagne a imposé la plus importante interdiction de survol de son histoire. Le temps du sommet, tous les vols privés seront interdits dans un espace aérien de 200 kilomètres à la ronde.

Les invités arriveront par hélicoptère depuis l’aéroport de Munich qui se trouve à 130 km de l’hôtel. Pour cela, les Bavarois ont construit une plate-forme d’atterrissage provisoire qui sera défaite la semaine prochaine.

Alors que les invités ne resteront que 24 heures, Merkel a fait réserver l’ensemble du complexe hôtelier de luxe pour trois semaines (13 suites, deux piscines extérieures chauffées, trois tennis et un hammam). « Même Vladimir Poutine (grand absent du G7, NDLR) se détendrait ici », a plaisanté le directeur de l’établissement, Dietmar Müller-Elmau.

Pour éviter d’embouteiller les tribunaux, tout l’appareil judiciaire bavarois a été mobilisé : 100 juges et 17 procureurs seront en service dans un centre judiciaire spécialement aménagé. « Nous pouvons traiter 30 affaires parallèlement », a assuré un porte-parole de la police judiciaire.

Des dépenses jugées excessives

Un tel déploiement coute très cher, de 130 millions (chiffres officiels) à 360 millions d’euros selon les chiffres de l’Union des contribuables allemands. Or, les Allemands n’apprécient pas qu’on dépense autant d’argent pour une simple « rencontre ». D’après les calculs des opposants au sommet, cette somme pourrait financer 150.000 places de crèches gratuites pendant plus d’un an.

Près d’un tiers des Allemands d’entre eux estiment que le G7 devrait être supprimé, d’après les sondages. Seulement 2 % pensent que le sommet permettra des avancées. Face à une opinion hostile, Angela Merkel a dû sortir de son silence.« Nous voulons faire découvrir un coin merveilleux de l’Allemagne à nos invités. L’atmosphère, c’est important dans ce genre de sommet où l’on attend des résultats », a-t-elle justifié au quotidien munichois Süddeutsche Zeitung.

La police bavaroise, qui s’apprête à vivre la plus grande intervention de son histoire, est déjà en état d’alerte maximum depuis lundi. La première grande manifestation s’est tenue jeudi à Munich, sans débordement, avec près de 35.000 participants aux cris de « stopper le TTIP (traité de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis), sauver le climat, combattre la pauvreté ».

Elle a permis de montrer que l’opposition au G7 n’était plus le domaine réservé des altermondialistes et des mouvements anticapitalistes militants comme Blockupy. Syndicats, organisations pacifistes, environnementales, agriculteurs et écologistes sont désormais de la partie.

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