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Carte Blanche – Un monde en crise a besoin de commerce et d’aide

La période que nous vivons est la pire que l’économie mondiale ait connue depuis la création du système commercial multilatéral il y a plus de 75 ans. Le quadruple choc de la pandémie de covid, du changement climatique, des conflits et du coût de la vie a réduit à néant des années d’avancées durement acquises en matière de développement.

Temps de lecture: 5 min

Une action multilatérale coordonnée est nécessaire car un monde en crise signifie que nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à agir comme si de rien n’était. L’aide et le commerce ont tous deux un rôle clé à jouer pour inverser les effets de ce quadruple choc et remettre le monde sur la voie de la réalisation des objectifs de développement durable.

Dirigeantes des trois agences internationales qui constituent la plate‑forme commerciale de Genève, nous travaillons ensemble pour faire en sorte que le commerce contribue au développement. Nous sommes toutes trois profondément engagées à assurer une prospérité fondée sur le commerce et nous voulons « joindre le geste à la parole » pour que l’aide et le commerce profitent réellement aux gens. Pour cela, les décideurs politiques doivent tenir compte de trois aspects fondamentaux.

Rendre le commerce plus écologique

Le commerce mondial peut jouer un rôle important dans la transition vers une économie sobre en carbone. Selon des recherches préliminaires de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), supprimer les droits de douane et obstacles réglementaires au commerce pour un ensemble de biens environnementaux liés à l’énergie permettrait de réduire les émissions mondiales de CO2 de 0,6 % en 2030, uniquement grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Les retombées sur l’innovation et la baisse des prix pourraient également être positives, accélérant la transition vers des produits qui utilisent des énergies renouvelables à moindre intensité de carbone.

Rendre le commerce plus inclusif

Favoriser le développement des activités commerciales des petites entreprises et une plus grande participation des femmes et des jeunes rend les entreprises et les pays plus compétitifs, stimule la transformation économique et réduit la pauvreté. Pourtant, les enquêtes menées par l’ITC (Centre du commerce international) auprès des entreprises ont révélé que seule une entreprise exportatrice sur cinq était dirigée par une femme. Selon l’OMC, les micros, petites et moyennes entreprises représentent environ 95 % de toutes les entreprises au niveau mondial mais seulement un tiers des exportations totales.

Rendre le commerce plus connecté

Dans notre monde en réseau, l’avenir du commerce passe par les canaux et les plateformes numériques, en particulier pour les petites entreprises. Pendant la pandémie, nous avons vu comment le commerce en ligne était passé d’utile à essentiel à la survie. Selon la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), les services fournis par voie numérique représentent désormais près des deux tiers du niveau des exportations mondiales de services.

L’Examen global de l’Aide au commerce qui se tiendra du 27 au 29 juillet à Genève abordera ces thèmes. Cet événement intervient un mois après le succès de la douzième Conférence ministérielle de l’OMC, qui a remis le multilatéralisme commercial sur la bonne voie et a abouti à un accord historique sur les subventions à la pêche, et deux mois avant la COP27 en Égypte, qui pourrait déterminer les chances mondiales d’atteindre l’objectif des 1,5º C.

Les données montrent des signes prometteurs indiquant que l’Aide pour le commerce s’oriente vers plus de durabilité, d’inclusivité et de connectivité. Selon l’OCDE et l’OMC, il a été versé un montant record de près de 50 milliards d’USD au titre de l’Aide pour le commerce en 2020, dont la moitié était liée au climat ou à l’égalité des genres, et un tiers était en faveur de l’économie numérique. Malgré les pressions budgétaires croissantes au niveau national, il est essentiel de maintenir et d’accroître ces flux d’aide pour le commerce.

Une contribution optimale de l’Aide pour le commerce à la réalisation des Objectifs de développement durable exige aussi une attention résolue sur les questions de savoir « où » et « comment » produire des résultats en matière de développement.

Concentrons-nous sur les pays dont les besoins en matière de commerce et de développement sont les plus élevés – en particulier les pays les moins avancés et les pays fragiles/touchés par des conflits – et sur les initiatives régionales telles que la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine), afin de leur permettre d’établir des chaînes de valeur régionales plus larges et plus inclusives et une croissance fondée sur le commerce.

Cela implique un partenariat entre les organisations internationales. L’OMC, la CNUCED et l’ITC collaborent déjà sur des initiatives telles que le Global Trade Helpdesk, qui simplifie les études de marché en regroupant les renseignements clés sur le commerce et les entreprises sur un portail unique, ainsi que sur le soutien aux pays exportateurs de coton en Afrique.

Enfin, des financements publics et privés doivent être mobilisés. La Société financière internationale estime à 300 milliards d’USD le déficit de financement des femmes dans le monde, et le déficit de financement du commerce mondial a presque doublé par rapport au montant déjà stupéfiant de 1.500 milliards d’USD. Sans accès au financement, les entreprises ne peuvent se développer, se diversifier ou se formaliser.

Nous terminons par un appel à l’action. La création d’un avenir plus durable, plus inclusif et plus connecté est le grand défi de notre époque. Ensemble, l’aide, le commerce et le multilatéralisme font partie de la solution. Il est normal et compréhensible que les gouvernements agissent pour soutenir leurs propres économies en période de crise. Nous devons agir maintenant pour faire en sorte que les plus pauvres et les plus vulnérables du monde puissent encore trouver la voie de la prospérité grâce au commerce mondial.

*Article d’opinion conjoint de la Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala, de la Secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, Rebeca Grynspan, et de la Directrice exécutive du Centre du commerce international, Pamela Coke‑Hamilton

 

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7 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, vendredi 5 août 2022, 14:00

    L'égoïsme trumpien a achevé de déconnecter le commerce multilatéral, notamment avec le retrait des USA de plusieurs traités multilatéraux majeurs, dont le TAFTA (TTIP - USA/UE). C'est d'ailleurs assez paradoxal, puisque, dans le même temps, les USA ont remplacé en 2020 l'ALENA venu à expiration, par l'ACEUM (USA, CANADA, MEXIQUE). Tout aussi paradoxal d'ailleurs que les résistances européennes au TAFTA/TIPP et au CETA (UE/CANADA) sur fond de mauvaise foi caractérisée, en particulier en Wallonie par rapport au CETA! Cela rappelle que les pastèques anti-système sont à l'œuvre partout, que leur objectif déclaré (le climat!) n'est en fait qu'un paravent et un prétexte pour attaquer la modernité, le monde moderne, la société industrielle et le capitalisme. Ils ont bien compris que ralentir les échanges internationaux ou les rendre plus difficiles, au lieu de les faciliter, est un bon moyen de procéder, outre qu'il est toujours aussi facile de tromper les "amis utiles" que ça ne l'était au temps où l'on marchait pour le pacifisme, contre les euromissiles ou contre les centrales nucléaires ... Ceux-là n'ont toujours pas ouvert les yeux!

  • Posté par noel lelon, lundi 1 août 2022, 7:49

    Sans doute écrit pour essayer de nous faire rire. Quel charabia insignifiant. Faut-il désespérer?

  • Posté par Ernotte Sébastien, dimanche 31 juillet 2022, 11:13

    Triste de lire que les enjeux climatique ne sont pas compris par ces "commerçants". Tout ce dont on a besoin c est arreter la surconsommation, et donc réduire le commerce international. Et surtout ne plus rien produire qui ne se recycle pas a 100%.

  • Posté par non non, vendredi 29 juillet 2022, 17:01

    Article manipulateur et mensonger

  • Posté par non non, mercredi 27 juillet 2022, 11:06

    Article partiellement intéressant. Je ferrai le contraire de ce qu'ils préconisent. Pas de brol inutile et refus d'acheter des produits alimentaires pollués. Bientôt dans l'alimentation, le marketing de la folie nous vendra de la sciure de bois pour de la viande HP, ils le font déjà pour les animux.

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