Accueil Monde Asie-Pacifique

Visite de Nancy Pelosi à Taïwan: la Chine déploie sanctions commerciales et exercices militaires

En réaction à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, la Chine a déployé ce mercredi une série de sanctions commerciales contre l’île ainsi que des exercices militaires. Le ministre chinois des Affaires étrangères accuse les Etats-Unis de violer la souveraineté de la Chine et menace d’autres «punitions».

Temps de lecture: 4 min

La Chine a déployé mercredi une série de sanctions commerciales contre Taïwan ainsi que des exercices militaires près de l’île, en réaction à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi.

Le déplacement de Mme Pelosi, plus importante élue américaine à se rendre à Taipei en 25 ans, a déclenché la colère des autorités chinoises.

« Il n’arrivera rien de bon à ceux qui jouent avec le feu. Ceux qui offensent la Chine devront être punis de façon inéluctable », a prévenu le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. « C’est une farce pure et simple. Sous couvert de “démocratie”, les États-Unis violent la souveraineté de la Chine », a-t-il ajouté depuis Phnom Penh où il assiste à une réunion de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est).

Interrogée mercredi lors d’un point presse régulier, Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a évoqué les « mesures de rétorsion » que pourrait prendre la Chine après cette visite.

« Il y aura tout le nécessaire. Ces mesures seront fermes, énergiques et efficaces. La partie américaine et les partisans de l’indépendance de Taïwan vont les sentir sur la durée », a-t-elle souligné.

La Chine a également annoncé la tenue d’exercices militaires aux abords de l’île, «nécessaires et légitimes».

Ces exercices, qui s’approcheront jusqu’à 20 kilomètres des côtes taïwanaises, «constituent une mesure nécessaire et légitime afin de répliquer aux graves provocations de certains politiciens américains et des indépendantistes taïwanais», a déclaré à la presse Hua Chunying, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Agrumes et sable

Dès mardi, la Chine a annoncé des exercices militaires autour de Taïwan, une île qu’elle considère comme faisant partie intégrante de son territoire.

Certains de ces exercices vont s’approcher jusqu’à 20 kilomètres des côtes taïwanaises, selon les coordonnées diffusées par les médias officiels chinois. Le ministère taïwanais de la Défense a protesté en affirmant que cela menacera plusieurs ports et zones urbaines de l’île.

Par ailleurs, Pékin a annoncé une série de sanctions commerciales : les douanes chinoises ont décidé mercredi de suspendre l’importation des agrumes et de certains poissons de Taïwan.

Elles affirment avoir détecté « de façon répétée » un type de cochenille nuisible sur les agrumes et y avoir enregistré des taux excessifs de pesticides. Des emballages contenant deux types de poissons ont également été testés positifs au coronavirus, a-t-elle assuré.

De son côté, le ministère du Commerce a annoncé « suspendre l’exportation de sable naturel vers Taïwan » à partir de mercredi, sans donner d’explications.

Le sable naturel est généralement utilisé pour fabriquer du béton et de l’asphalte, et Taïwan dépend majoritairement de la Chine pour s’en fournir.

« Schéma classique »

Ce n’est pas la première fois que la Chine cible ainsi les échanges commerciaux avec d’autres pays ou avec Taïwan. C’est « un schéma classique pour Pékin », note Even Pay, analyste spécialisée en agriculture au cabinet Trivium China.

« Quand les tensions diplomatiques et commerciales sont élevées, les régulateurs chinois adoptent généralement une attitude extrêmement stricte en termes de respect des règles (…) en cherchant tout motif justifiant une interdiction commerciale », ajoute-t-elle.

En mars 2021, la Chine avait interdit les importations d’ananas de l’île, affirmant y avoir découvert des parasites, une mesure alors interprétée comme une sanction politique. Le Conseil taïwanais de l’agriculture a également indiqué mardi que la Chine avait invoqué des infractions à la réglementation pour suspendre l’importation de différentes marchandises de l’île comme des produits de la pêche, du thé et du miel.

Les autorités chinoises font monter la pression sur Taïwan, une île de 23 millions d’habitants, depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 de l’actuelle présidente Tsai Ing-wen, issue d’un parti pro-indépendance.

La Chine est le premier partenaire commercial de Taïwan, avec des échanges qui ont grimpé en 2021 de 26 %, à 328 milliards de dollars.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

1 Commentaire

  • Posté par non non, mercredi 3 août 2022, 17:37

    Article intéressant mais cela s'appelle du chantage.

Sur le même sujet

Aussi en Asie-Pacifique

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une