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Le patron de Belfius exclut une hausse du taux d’intérêt des livrets avant 2023

Le bancassureur Belfius se porte comme un charme, ayant dégagé un bénéfice record au premier semestre. Mais « nous perdons toujours de l’argent sur les livrets d’épargne », a expliqué son CEO Marc Raisière.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Marc Raisière, le CEO de Belfius, était tout sourire, vendredi en fin de matinée lors de la présentation à la presse des résultats semestriels. Et pour cause : le groupe de bancassurance a engrangé, au terme du premier semestre, un bénéfice net de 428 millions d’euros, le plus élevé depuis dix ans (et sa nationalisation par l’Etat fédéral à l’automne 2011, lors de la mise en liquidation ordonnée du groupe Dexia).

Cet excellent résultat, Belfius le doit essentiellement à son pôle bancaire, qui a contribué au bénéfice net du groupe à hauteur de 321 millions, alors que le résultat du pôle « assurances » était affecté par le coût des interventions en faveur des sinistrés des tempêtes de février.

Belfius joue son rôle sociétal, qui est de financer l’économie, a insisté Marc Raisière : durant les six premiers mois de l’année, la banque a ainsi accordé 12,4 milliards de prêts à long terme aux entreprises, aux pouvoirs publics et aux ménages, portant l’encours total de ses crédits commerciaux à 107,3 milliards.

Mais si la banque est profitable et solide – un ratio de fonds propres de 16,7 %, parmi les plus élevés au niveau européen – et peut bénéficier de la hausse des taux d’intérêt à long terme, Belfius n’est pas prête à relever la rémunération des livrets d’épargne.

Le minimum légal, en attendant

Celle-ci devrait rester fixée au minimum légal de 0,11 % (prime de fidélité incluse) pendant encore plusieurs mois, malgré la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever progressivement ses taux d’intérêt directeurs. Pour rappel, la BCE a porté le mois passé son principal taux à zéro, après plusieurs années durant lesquelles celui-ci était resté négatif.

« Laisser croire que le monde bancaire va relever le taux d’intérêt des livrets d’épargne d’ici à la fin de l’année serait mentir », a expliqué Marc Raisière. « Puisque la BCE a mis fin au taux négatif, nous ne perdons plus d’argent quand nous déposons des fonds auprès d’elle, mais nous n’en gagnons pas non plus. Et nous perdons toujours de l’argent sur les livrets. Le compte d’épargne nous coûte onze points de base (NDLR : puisque le taux d’intérêt, prime de fidélité comprise, ne peut être inférieur à 0,11 %), plus 30 points de base de taxes bancaires (NLDR : qui servent notamment à financer la garantie publique des dépôts). »

Autrement dit : l’épargnant ne doit pas attendre une hausse de la rémunération du livret avant que le taux directeur de la BCE ne dépasse 0,4 % ou 0,5 %. L’an prochain ? Cela dépendra de la politique monétaire de l’institut d’émission de la zone euro, laquelle sera elle-même guidée par l’évolution de la conjoncture économique qui reste très incertaine.

 

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