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Nouveau plan de mobilité à Bruxelles: ce qui va changer (infographie)

En vigueur le 16 août prochain, le nouveau schéma de circulation à Bruxelles comporte une batterie de mesures pour améliorer la qualité de vie.

Carte interactive - Temps de lecture: 5 min

Ce nouveau plan prévoit notamment des mises à sens unique, des filtres et des boucles de circulation. Les autorités cherchent surtout à s’attaquer au trafic de transit dans le Pentagone (le centre-ville de Bruxelles). Le nouveau schéma de circulation ne surgit toutefois pas de nulle part. Il constitue une des réalisations concrètes du plan régional Good Move, qui prévoit la réorganisation de la circulation à Bruxelles d’ici 2030.

Un plan révolutionnaire

L’actuel bourgmestre Philippe Close (PS) évoque un ambitieux changement de paradigme. « Je n’ai pas peur de dire que cela a un côté très révolutionnaire. Il faut bien comprendre que le premier objectif, c’est le bien-être des usagers de la ville. Il s’agit de ses habitants, ses travailleurs, ses touristes et des gens qui se rendent dans les commerces. » Le nouveau plan de mobilité s’inscrit dans la politique menée depuis 2018, rappelle le socialiste. « C’est le fameux principe Stop, la hiérarchie des modes. Depuis ses débuts, cette majorité ne croit pas au slogan selon lequel il ne faut pas opposer les modes et qu’il y a de la place pour tout le monde. Nous pensons que ce n’est pas possible de fonctionner sans hiérarchie. Aucun mode n’est exclu, mais il y a une priorité. Ce sont d’abord les piétons, puis les vélos, les transports publics et la voiture individuelle. »

La majorité bruxelloise explique vouloir réconcilier accessibilité et habitabilité. « En 2020, le Pentagone comptait 54.250 habitants. C’est environ 15.000 de plus que quand je suis devenu bourgmestre en 2017. On a souvent l’impression que les gens partent de Bruxelles, mais ce n’est pas vrai. Aujourd’hui, ils nous disent qu’ils ont choisi de vivre en ville, mais qu’ils veulent un espace où ils peuvent respirer, avec aussi de la sécurité routière. C’est très important », explique Philippe Close. Concrètement, un système de boucles compliquera fortement le transit entre quartiers. Arrivé dans une des zones du Pentagone, l’automobiliste se verra redirigé vers un des parkings locaux. Le Pentagone possède aujourd’hui plus de11.800 places en voirie, environ 11.000 hors voirie en parking public et plus de 50.000 hors voirie en parking privé. Le socialiste résume : « Le principe du plan est assez simple. On dit : “Venez en voiture, vous pouvez. Choisissez les modes de transport, mais réfléchissez à la façon dont vous fonctionnez. On a un très beau réseau de transports en commun, de nombreuses pistes cyclables.”  »

Ces bandes pour vélos, l’échevin de la mobilité Bart Dhondt (Groen) travaille à leur multiplication. Ses équipes ont également mouillé leur chemise sur la version « Pentagone » du plan Good Move. « Il s’agit d’une évolution naturelle. Le piétonnier a été un changement fort, une rupture. On est dans la suite logique. » Autrefois à la traîne en termes de mobilité, Bruxelles figure désormais parmi les exemples à suivre au niveau international, assure l’écologiste. « Les mentalités ont déjà fortement changé dans le Pentagone. Moins de 30 % des ménages ont encore une voiture. Au niveau de la méthode, on a d’abord lancé en 2020un travail de diagnostic. Quels sont les constats des usagers, les enjeux, leurs besoins ?

Une « mobilité apaisée »

Comment concilier amélioration de la qualité de l’air et préservation de celle de la vie ? On a aussi beaucoup discuté entre nous. Ce qu’on propose, ce n’est pas un test. C’est quelque chose qui a déjà prouvé ses effets positifs. Paris y travaille, Gand et Marseille l’ont fait, et Rennes a entrepris les démarches. »

Cette mobilité « apaisée » profitera aux commerçants et aux entreprises, assure l’échevin des affaires économiques Fabian Maingain (Défi). « Le plan vise aussi à améliorer la fonction économique du Pentagone. Ce dernier, c’est 649 entreprises de plus de cent travailleurs, ou encore 3.438 commerces. Tout le monde croit encore que les gens viennent faire leur shopping en voiture. Seulement 16 % des chalands et 21 % des travailleurs arrivent en voiture. » Empêcher les automobilistes d’arriver ne constitue pas l’objectif, insiste toutefois l’élu amarante. « Ce qu’on vise, c’est ce trafic de transit qui n’a pas pour destination le centre-ville. Aux autres automobilistes, on dit : « On veut vous faciliter les accès vers les quartiers commerçants et les parkings. » Cela permettra d’améliorer le confort des personnes qui font du shopping ou vont en terrasse. » Les embouteillages, c’est 45milliards de pertes par an pour les entreprises. Le Pentagone avait besoin de cette réforme pour sa vitalité économique, conclut Fabian Maingain.

Réaménagements temporaires

Les autorités locales effectueront un travail d’évaluation. La procédure démarrera en août 2023. « On la lancera un an après la mise en place pour voir s’il faut faire des changements », explique Bart Dhondt. D’ici l’été prochain, la Ville multipliera les réunions d’information. Philippe Close prévient toutefois : « On assume le fait qu’on ne pourra pas négocier chaque rue. Ce n’est pas possible. Quand on doit avancer, on doit avancer sur un projet de ville global. » Enfin, le plan aura pour conséquence de libérer de l’espace public. Dans l’immédiat, les autorités prévoient des réaménagements temporaires. La réallocation définitive de ces zones nouvelles constituera assurément un chantier majeur de la prochaine législature. Les possibilités sont légion. « On pourrait imaginer de prolonger le skate-park à côté de la gare Bruxelles-Chapelle », glisse, en guise d’exemple, le maïeur socialiste.

 

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28 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, mercredi 10 août 2022, 15:04

    "Plan de l'immobilité" des terroristes sur bruxelles ... serait plus exact.

  • Posté par Fernández de Heredia María, mardi 9 août 2022, 9:36

    Les comunes bruxelloises devraient céder toutes leurs competences de trafic et parking a la région pour eviter de créer des embouteillages supplementaires et améliorer la circulación des bus, souvent attrapés dans des feux interminables et mal sequencés et obstacles absurdes. On ne peut pas envoyer 100% du trafic sur les grandes axes, y compris bus

  • Posté par Vanloo , lundi 8 août 2022, 22:14

    Ce que j'ai vu et rencontré vendredi dernier en allant à pieds de la porte de Namur vers le Manneken-Pis, Deux SDF, ou clochards, ou candidats r............, enfin peut importe, couchés en plein milieu du trottoir près des galeries de la Toison d'Or, ensuite des ordures non ramassées à coté du passage pour piétons pour traverser le boulevard, rue de Namur des trottinettes électriques abandonnées un peu partout, ensuite sous le porche d'entrée principal de la gare Centrale un véritable camping sauvage style la tristement célèbre Zone de Calais, le Mont des Arts toujours aussi tagué, des marches d'escalier disjointes, les feux qui permettent de traverser le boulevard de l'Impératrice hors service, la rue Saint-Jean trottoirs défoncés, regardez bien ou vous mettez les pieds. Je plains sincèrement les non voyants à Bruxelles vu le nombre de poteaux indicateurs en tous genres, les bollards, les barrières Nadars , les chantiers privés ou publics en cours ou à l' arrêts, le nombre énorme de trottinettes abandonnées, les dalles de trottoirs fendues ou surélevées, les pavés manquants, les bacs à fleurs parfois au milieu des rues, les sacs poubelles de toutes les couleurs qui trainent en permanence. J'ai déjà parcouru à pieds également les rues d'autres grandes villes comme Oslo, Londres, Lille, Luxembourg-ville, mais j' ai jamais eu cette impression déprimante de chaos permanent et de saleté omniprésente, à si j'oublie Rome qui par des cotés négatifs ressemble beaucoup à Bruxelles. Ce n'est pas en faisant du potin continuel (nombreux festivals, nuits blanches, etc) et en abrutissant les gens de décibels qu'on gère correctement une grande ville. Enfin tant qu'il y aura au pouvoir les 19 roitelets et l'enchevêtrement monstrueux des compétences villes - région il n'y a aucun espoir (kebab et night-shops y sont de plus en nombreux)

  • Posté par non non, lundi 8 août 2022, 16:06

    Dans les années 80, j'aimais bien taper le macadam à Bruxelles, du temps où Bruxelles bruxellait. Marché du Midi et resto grec Athenase (disparu), Italiano + toat canibale à la terrasse du Métropole (faillite), petit rue des Bouchers et les restos Vincent, taverne du passage, Arme de Bruxelles, Chez Léon, + en faillite. Bruxelles propreté, sécurité, STIB, etc cette ville est sale et mal gérée. Il est indéniable que modifier le nom d'un tunnel en Annie Cordy est d'une importance capitale et résolvera la pollution. S'ils ont des sous pour ça, street art, je ne vais plus au Bozar, théâtres, concerts, ..... inabordable financièrement. Bruxelles se débrouillera sans moi.

  • Posté par Moriaux Raymond, lundi 8 août 2022, 15:54

    En réalité, l'objectif global de ce pouvoir est de mettre ce que la ville offre à tous en résonance avec les goûts des plus faciles à satisfaire, qu'ils soient habitants, voisins ou visiteurs. Comme jadis Rome veillait à pourvoir les Romains en pain et en jeux, Bruxelles assure les kebabs et les trotinettes.

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