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France: une adolescente de 15 ans échappe à ses proxénètes

Séquestrée dans un appartement à Compiègne, en Picardie, une jeune fille a réussi à fuir ce samedi 6 août 2022. Le Courrier picard nous apprend que trois hommes et une femme, soupçonnés de proxénétisme aggravé à son encontre, ont été interpellés et placés en garde à vue.

Temps de lecture: 3 min

Du square Vivier-Corax, un quartier HLM récemment rénové au sud de Compiègne, une adolescente, âgée de 15 ans, se serait enfuie ce samedi 6 août 2022, rapporte dans un article publié le 7 août Le Courrier picard. Elle aurait été retenue de force dans un des appartements par des proxénètes. Selon nos confrères du Parisien, la jeune fille a profité ce jour-là d’un moment d’inattention de ses geôliers pour leur fausser compagnie.

« La jeune fille dénonce des faits de séquestration et de proxénétisme aggravé, c’est-à-dire commis à l’encontre d’une mineure et par plusieurs personnes. Samedi, l’adolescente est parvenue à s’échapper et à prendre contact avec un ami, qui a averti les forces de l’ordre via le 17 », confirme Marie-Céline Lawrysz, procureure de la République au parquet de Compiègne.

Les policiers ont ainsi appris que les suspects étaient toujours sur place square Vivier-Corax et ont pu procéder le jour même à l’interpellation de trois hommes et d’une femme, âgés d’une trentaine d’années. « Leur placement en garde à vue a débuté à 15 h 40 et vient d’être prolongé de 24 heures. Dans un dossier de criminalité organisée, celui-ci peut aller jusqu’à 96 heures. Les auditions ne sont pas finies, tout est encore à vérifier », précise encore le parquet.

En fugue depuis avril-mai

L’enquête devra notamment déterminer comment l’adolescente a été conduite à se prostituer. La jeune fille présente le profil de mineure vulnérable qui n’est pas rare dans ce type d’affaire. Placée par un juge des enfants dans un foyer à Châlons-en-Champagne (51), elle était en fugue depuis avril-mai ; elle s’est d’abord prostituée à Paris, puis à Amiens, avant d’arriver à Compiègne voici quinze jours à trois semaines.

Ses dépositions évoquent un séjour à l’hôtel et un hébergement square Vivier-Corax ; les passes se déroulaient au domicile des clients, contactés via Internet. « C’est un procédé bien connu. À Compiègne, il n’y a pas de prostituée qui fait le trottoir », détaille le parquet.

Quelle est l’implication des différents protagonistes de ce dossier et qui a profité financièrement des revenus de cette activité de prostitution ? Ainsi, la trentenaire mise en garde à vue était la locataire en titre de l’appartement compiégnois. « Avait-elle seulement recueilli la jeune fille, qui aurait été libre de ses allées et venues ou savait-elle que l’adolescente se prostituait ? Dans ce dernier cas, cette femme pourrait se voir reprocher un proxénétisme hôtelier », explicite Marie-Céline Lawrysz, la procureure de Compiègne.

Les trois hommes mis en cause, qui se seraient chargés du transport de l’adolescente jusqu’aux lieux de prostitution, n’étaient pas jusqu’à ce jour repérés dans de tels dossiers, mais étaient connus pour d’autres faits. Leurs casiers font état de condamnations pour des affaires de droit commun, dont des trafics de stupéfiants. Ils ne sont pas originaires de l’Oise, mais de l’Essonne (91), de Seine-Saint-Denis (93) et du Val de Marne (94).

L’équipe appartient-elle à un réseau d’Île-de-France ? Un autre aspect qui devra être exploré par les investigations à venir. Une information judiciaire pourrait être ouverte dès ce lundi 8 août 2022.

 

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