Accueil Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine: la centrale de Zaporijjia encore bombardée, des capteurs de radiation endommagés

Selon l’opérateur ukrainien Energoatom, plusieurs capteurs de radiation ont été endommagés suite à un nouveau bombardement russe jeudi. Ces frappes surviennent dans la zone de la centrale nucléaire de Zaporijjia, aux substances hautement radioactives.

Temps de lecture: 6 min

Le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, a de nouveau été bombardé jeudi, l’Ukraine et la Russie s’en accusant mutuellement, tandis que le secrétaire général de l’ONU a mis en garde contre un risque de « catastrophe » peu avant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité à ce sujet.

« La situation s’aggrave, des substances radioactives sont situées à proximité et plusieurs capteurs de radiation ont été endommagés », a relevé à la suite de ces attaques la compagnie d’Etat ukrainienne Energoatom.

« A l’heure actuelle, aucune contamination n’a été relevée à la station et le niveau de radioactivité est normal », a toutefois affirmé Evguéni Balitski, le chef de l’administration civile et militaire mise en place dans cette région du sud-est de l’Ukraine occupée par les Russes, soulignant que « plusieurs tonnes » de déchets radioactifs sont stockées sur place.

« Cinq nouvelles frappes ont été signalées à proximité directe d’un dépôt de substances radioactives », a déclaré Energoatom, pointant du doigt les forces russes, qui se sont emparées de la centrale de Zaporijjia le 4 mars, quelques jours seulement après le début -le 24 février- de leur offensive en Ukraine.

Kiev accuse Moscou, qui accuse Kiev

Un responsable pro-russe, Vladimir Rogov, membre de l’administration régionale installée par Moscou, a pour sa part mis en cause « les combattants (du président ukrainien Volodymyr) Zelensky », évoquant cinq tirs de lance-roquettes multiples et de pièces d’artillerie lourde de la rive droite du Dniepr, le grand fleuve qui traverse la région, au même endroit et dans des termes identiques.

« L’herbe s’est enflammée sur une petite surface, mais personne n’a été blessé », peut-on lire dans les communiqués russe et ukrainien, qui font état de cinq autres projectiles tombés près d’une caserne de pompiers située non loin de là.

Plusieurs bombardements dont les deux parties se rejettent également la responsabilité, sans qu’il soit possible de vérifier ces déclarations de source indépendante, s’étaient déjà produits sur le territoire de la centrale à la fin de la semaine dernière, faisant craindre une catastrophe nucléaire. Les frappes avaient en outre continué dans la nuit de mercredi à jeudi sur la ligne de front, y compris dans les environs de ces installations hautement sensibles.

Risque de « conséquences catastrophiques »

« Malheureusement, au lieu d’une désescalade, des incidents encore plus inquiétants ont été rapportés ces derniers jours, incidents qui s’ils se poursuivent pourraient conduire à une catastrophe », a déclaré jeudi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, se disant « gravement préoccupé par la situation dans et autour de la centrale ».

« Il faut être clair, tout dommage subi par Zaporijjia ou tout autre site nucléaire en Ukraine, ou n’importe où ailleurs, pourrait provoquer des conséquences catastrophiques non seulement aux alentours mais pour la région et au-delà. C’est totalement inacceptable », a-t-il insisté.

« J’ai demandé à tous de faire preuve de bon sens et de raison », a ajouté M. Guterres, exhortant à « cesser immédiatement » toute activité militaire près de la centrale, à ne pas la « viser » et à ne pas utiliser son territoire « dans le cadre d’opérations militaires » et se prononçant en faveur de la création d’un « périmètre démilitarisé pour assurer la sécurité de la zone ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence jeudi pour discuter de ce dossier brûlant, à la demande de la Russie.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait savoir que son directeur général, Rafael Grossi, informerait cette instance de « la situation en matière de sûreté et de sécurité nucléaires » à Zaporijjia, ainsi que de ses « efforts pour convenir d’une mission d’experts de l’AIEA sur le site dès que possible ».

« La Russie est maintenant un Etat terroriste et prend en otage la centrale nucléaire, faisant un chantage à la catastrophe nucléaire », a dénoncé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une allocution destinée à une conférence de donateurs à Copenhague.

La Russie peut y provoquer « la plus grande urgence radioactive de l’histoire (…). Et les suites peuvent être pire encore que celles (de l’accident en 1986) de Tchernobyl », a-t-il ajouté.

Pilonnages russes

A Nikopol, dans le sud-est de l’Ukraine, à une centaine de kilomètres de Zaporijjia, de l’autre côté du Dniepr, le gouverneur Valentyn Reznichenko a fait état de trois morts et de neuf blessés dans des tirs nocturnes de lance-roquettes multiples russes Grad.

Dans l’est, dans le bassin minier du Donbass, le chef de l’administration militaire de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, a annoncé dans la matinée que 11 civils avaient été tués ces dernières 24 heures.

Et les Russes pilonnent sans répit Soledar, une cité industrielle de 11.000 habitants avant la guerre, tentant ainsi d’en chasser l’armée ukrainienne afin d’avancer vers la ville voisine, plus grande, de Bakhmout.

Depuis que les troupes russes ont mis fin à leur opération sur Kiev fin mars et se sont retirées des abords de la capitale, le Kremlin a fait du Donbass, en partie contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses, son principal objectif.

L’avancée russe, réelle, est très lente et la guerre s’est transformée en duels d’artillerie entre deux armées retranchées autour de quelques localités.

« Nous attendons que les forces armées libèrent le sud de notre pays, y compris Marioupol. Nous l’attendons et cela arrivera bientôt », a néanmoins lâché le maire de cette cité-martyre, Vadim Boïtchenko.

Situation au Bélarus

Au Bélarus, l’armée a démenti jeudi les informations sur des explosions qui se seraient produites dans la nuit près d’un aérodrome militaire dans la région de Gomel, près de la frontière avec l’Ukraine. Le ministère de la Défense a juste parlé d’un véhicule ayant « pris feu ».

En Crimée, de fortes explosions avaient ravagé mardi un dépôt de munitions sur un aérodrome militaire russe, y faisant au moins un mort et plusieurs blessés, mais Moscou avait assuré qu’aucune frappe ou tir ne les avait causées.

Kiev n’a reconnu sa responsabilité dans aucun des deux incidents, mais un conseiller de la présidence, Mikhaïlo Podoliak, a écrit sur Twitter : « l’épidémie d’accidents techniques sur des bases aériennes de Crimée et au Bélarus devrait être considérée par l’armée russe comme un avertissement : oubliez l’Ukraine, enlevez l’uniforme et partez. Ni en Crimée occupée, ni au Bélarus occupé vous ne serez en sécurité ».

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

31 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, samedi 13 août 2022, 15:12

    RAPPEL : Primo; dès le début de l'invasion les Russes ont pris d'assaut Tchernobyl ; POURQUOI? Secundo; lorsque nous avons décider d'aider l'Ukraine la Russie a MENACÉ d'utiliser le "Nucléaire Tactique" si nous entrions en "co-belligérance" !! Conclusion : >>> Dès le départ, la Fed. de Russie fait preuve d'une VOLONTÉ RÉPÉTÉE de rendre radioactif une partie du territoire Ukrainien !! Point barre. Et le reste n'est que de l'enfumage-à-troll ou du narratif pour les décérébrés genre l'accouché sous "Z" ; troll Gerday; etc...

  • Posté par Z Pour Zorglub , samedi 13 août 2022, 10:58

    Tiens les russes continuent à se tirer dessus. Hier ils ont tiré des obus de mortier sur la ville qu’ils contrôlent juste à côté de la centrale nucléaire. Ils sont vraiment bizarres ces russes.

  • Posté par STORDIAU Pierre, samedi 13 août 2022, 19:50

    Oui; biZarre aussi que leurs "forces koloniales speZiales" faisaient du camping en pleine terres radioactives à Chernobyl ! Mdr .

  • Posté par STORDIAU Pierre, samedi 13 août 2022, 15:35

    C'est "surtout biZarre" ... pour un décérébré ... Mdr!

  • Posté par Martin Roland, vendredi 12 août 2022, 8:24

    Quelle lâcheté incommensurable de la part de ces rats d'égout russes : plutôt que de combattre directement les courageux Ukrainiens défendant leurs terres et la démocratie, ces rats se terrent dans une centrale atomique et continuent à assassiner des civils en les bombardant avec leurs missiles et leurs bombes ! Tas de crapules sous développées !

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Guerre en Ukraine

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une