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Une affaire d’enlèvement fait polémique à Madagascar: la police ouvre le feu sur des civils

Les tensions ont été avivées par une affaire d’enlèvement d’un enfant albinos.

Temps de lecture: 2 min

Quatorze personnes ont été tuées et 28 blessées lundi à Madagascar après que les gendarmes ont ouvert le feu sur des habitants en colère, autour d’une sombre affaire d’enlèvement, selon des sources locale et médicale à l’AFP.

« Les gendarmes (…) ont tiré sur la foule », a déclaré Jean Brunelle Razafintsiandraofa, député du district d’Ikongo (est), où s’est déroulé l’incident. « Neuf personnes sont mortes sur le coup », a affirmé Tango Oscar Toky, médecin en chef de l’hôpital local. Et sur 33 blessés reçus dans la matinée, cinq sont décédés à l’hôpital, ajoute-t-il.

Aux alentours de 08H00 GMT (10h heure belge), des tirs ont retenti à Ikongo. Depuis la semaine dernière, la petite ville est sous le choc : un enfant, albinos, a disparu et les autorités suspectent un enlèvement. Sur la grande île de l’océan Indien, les personnes atteintes d’albinisme sont régulièrement la cible de violences. Plus d’une douzaine d’enlèvements, d’attaques et de meurtres ont été signalés au cours des deux dernières années, selon les Nations unies.

Quatre suspects ont été arrêtés par les gendarmes. Mais les habitants sont décidés à faire justice eux-mêmes. Dans la matinée, ils se sont rendus devant la caserne de gendarmerie et ont demandé qu’on leur remette les quatre suspects, selon M. Razafintsiandraofa. D’après une source de la gendarmerie à l’AFP, au moins 500 personnes ont débarqué, certaines munies d’« armes blanches » et de « machettes ».

« Il y a eu négociations, les villageois ont insisté », raconte la source. Les gendarmes ont alors décidé de lancer des fumigènes pour disperser la foule, et tiré quelques coups de feu en l’air. Mais les habitants ont continué à tenter de forcer le passage pour entrer dans la caserne. « On a eu pas eu d’autres choix que de se défendre », dit la même source.

La police malgache est régulièrement épinglée par la société civile pour des violations des droits humains, qui font rarement l’objet de poursuites.

 

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