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Décès d’Elizabeth II: ah, Anglais, comme vous avez changé!

Egalitarisme, multiculturalité, Brexit… : le Royaume-Uni a connu de multiples changements. Pour mieux se redéfinir ?

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Temps de lecture: 4 min

Le royaume d’Elizabeth a profondément changé depuis 1952. Le pays est devenu plus tolérant, plus ouvert, plus cosmopolite. Mais il est plus divisé que jamais. L’Ecosse flirte avec l’indépendance. Sous l’effet de la poussée démographique catholique, l’Irlande pourrait être réunifiée. Et le pays de Galles réclame davantage d’autonomie. Confrontée à ces forces centrifuges, l’Angleterre est à son tour la proie d’une crise identitaire, regimbant devant l’effort de solidarité nationale envers les Gallois, les Ecossais ou les Nord-Irlandais.

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1 Commentaire

  • Posté par Léonore Dubru, mercredi 14 septembre 2022, 9:46

    Loin de prétendre évaluer le portrait global du Royaume-Uni que M. Roche donne à voir, j’aimerais revenir en particulier sur une phrase rencontrée sous l’intertitre « Des symboles en perte de vitesse » : « L’éducation bat de l’aile, comme le montrent le manque de scientifiques ou d’ingénieurs et la pléthore de diplômés dans les matières moins ardues, lettres, arts et communications ». M. Roche pose ainsi un diagnostic [l’éducation bat de l’aile] dont les symptômes sont les suivants : 1° moins d’ingénieurs ou de scientifiques ; 2° davantage de diplômés en lettres, arts ou communication. Cette phrase pose plusieurs problèmes selon moi, et à plusieurs niveaux. Il me semble tout d'abord que l’analyse proposée ici est beaucoup trop réductrice, ne fût-ce que dans sa formulation. Peut-on vraiment (quelle que soit notre opinion personnelle) réduire le constat d’une éducation défaillante aux deux symptômes précités ? Par ailleurs, le qualificatif "moins ardues" semble être assigné aux disciplines lettres, arts et communication comme s’il s’agissait de l’évidence la plus commune (or, cela reste à démontrer). Je pense que nous pourrions regretter ici une formulation trop simpliste et quelques raccourcis dérangeants. Sur le plan des idées à présent et si j’en crois la pensée de M. Roche, un système éducatif qui fonctionne correctement devrait former avant tout des ingénieurs et des scientifiques. Mais le journaliste va plus loin : un système qui forme une pléthore de lettrés serait symptomatique d’une éducation malade. Je suis en désaccord avec cette opinion. Face aux défis environnementaux, migratoires, géopolitiques de notre époque qu’il ne faut plus présenter ici, n’attendons-nous pas de l’école qu’elle forme des experts (historiens, philosophes, littéraires, linguistes, professeurs, traducteurs, interprètes, journalistes,…) capables d’analyser (critiquer, problématiser, nuancer, comprendre) les enjeux multiples relevant de l’humain, de la manière dont il s’exprime, se construit, communique, réfléchit et vit en communauté ? À l’heure où nous sortons peu à peu d’une pandémie mondiale et que nous contemplons avec impuissance un taux d’angoisse et de dépression inédit chez les adolescents et les 20-30 ans (dont je fais partie), n’espérons-nous pas que l’éducation nous fournisse des écrivains, cinéastes, musiciens, metteurs en scène, animateurs, producteurs, réalisateurs,… capables de redonner du sens au monde qui nous entoure ? Enfin, à l’heure où les fake news jouissent de nouveaux modes de transmission et où les médias traditionnels "sacrifient la qualité au profit de l’audimat et de la téléréalité", n’est-il pas crucial que l’école forme des journalistes (éditorialistes, chroniqueurs, présentateurs, rédacteurs, vulgarisateurs,…) capables de garantir l’accès à une information juste, claire et fiable ? Il est vrai qu’un journaliste doit pouvoir livrer un point de vue et une critique personnelle (et, inévitablement, subjective) dans le cadre d’un article de type ANALYSE. Mais résumer la qualité d’une éducation au nombre d’ingénieurs et de scientifiques diplômés et entretenir un discours traditionnel dénigrant les disciplines relevant des sciences humaines revient à nier la complexité du monde qui nous entoure et des enjeux (environnementaux, sociaux, civilisationnels) auxquels nous sommes confrontés. Quant à la société britannique : si le pays a "perdu de son âme" et si les intellectuels "devenus muets" ne font que témoigner de la "crétinisation" qui a cours actuellement au Royaume-Uni, il me semble justement qu’une pléthore de diplômés en lettres, arts et communication pourrait être salutaire et contribuerait à remettre sur les rails cette société qui bat de l’aile… Léonore Dubru, romaniste. Se joignent à moi mes amies et collègues Marine Detry, Laura Piret, Justine Hayart et Clara Hustinx pour co-signer cette réaction.

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