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Menace nucléaire: l’Union européenne et les Etats-Unis tiennent tête à Poutine

Depuis la mobilisation annoncée ce mercredi par le président russe Vladimir Poutine, l’Occident fait bloc contre la Russie. Les menaces de recours à l’arme nucléaire ont fait réagir la communauté internationale, qui tient tête à Moscou.

Temps de lecture: 6 min

Le président russe Vladimir Poutine a mobilisé mercredi des centaines de milliers de réservistes pour relancer son offensive en Ukraine, se disant prêt à utiliser contre l’Occident « tous les moyens » de son arsenal, y compris nucléaires.

Les pays occidentaux ont vu dans l’annonce d’une mobilisation un « aveu de faiblesse » face aux récentes contre-offensives ukrainiennes. Et même la Chine, courtisée par la Russie, a pris ses distances en appelant au cessez-le-feu et au respect de l’intégrité territoriale des Etats, une référence au projet d’annexion russe d’une partie de l’Ukraine.

La mobilisation partielle, qui débute mercredi et sera progressive, marque une escalade majeure dans ce conflit où les forces de Moscou, enlisées depuis des mois, ont récemment essuyé plusieurs revers.

Cette escalade avait été amorcée mardi avec l’annonce de « référendums » d’annexion par la Russie, du 23 au 27 septembre, dans quatre régions de l’est et du sud de l’Ukraine contrôlées en partie par Moscou, une initiative fermement condamnée par les Occidentaux.

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré que 300.000 réservistes étaient concernés dans un premier temps par cet ordre de mobilisation. Signe de l’inquiétude de nombreux Russes, les sites des compagnies aériennes ont été pris d’assaut après l’allocution de M. Poutine. Et une pétition en ligne contre la mobilisation a recueilli plus de 200.000 signatures en quelques heures.

Le spectre de la menace nucléaire

L’allocution de Poutine mercredi marque aussi une escalade dans la rhétorique contre les nations occidentales, qu’il a accusées de vouloir « détruire notre pays » et de soumettre Moscou à un « chantage nucléaire ». « J’aimerais rappeler à ceux qui font ce genre de déclarations que notre pays aussi possède divers moyens de destruction », a déclaré le président russe.

« Nous utiliserons certainement tous les moyens à notre disposition pour protéger la Russie et notre peuple », a-t-il poursuivi. « Ce n’est pas du bluff. » Son ministre de la Défense a, lui, carrément affirmé que la Russie ne combattait « pas tant l’Ukraine que l’Occident ».

Avant même la mobilisation partielle, l’annonce mardi de « référendums » d’annexion dans les régions contrôlées par Moscou en Ukraine, du 23 au 27 septembre, avait signalé un durcissement. D’autant que la doctrine militaire russe prévoit la possibilité de recourir à des frappes nucléaires si des territoires considérés comme russes par Moscou sont attaqués.

Ces scrutins se dérouleront dans les régions de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass (est), ainsi que dans les zones occupées de Kherson et de Zaporijia, dans le sud. Ces votes ont été critiqués par Kiev et ses alliés occidentaux, qui les ont qualifiés de « pseudo-référendums » et de « simulacres » de scrutins.

La communauté internationale fait bloc

Le discours ce mercredi du président russe Vladimir Poutine, confirmant l’organisation de référendums d’annexion et annonçant une mobilisation partielle, a fait réagir la communauté internationale. Notamment Alexander De Croo, le Premier ministre belge, qui appelle au calme.

« Je crois que nous devons réagir avec le calme nécessaire », a commenté De Croo auprès de la VRT. « Il ne faut pas jeter d’huile sur le feu. Nous ne devons pas agir par provocation. » D’un autre côté, le Premier ministre estime que l’Occident ne peut se laisser intimider par le président russe. « Nous devons être clairs dans notre attitude et continuer à soutenir l’Ukraine. »

Pour l’Union européenne, les déclarations du président russe constituent une nouvelle preuve qu’il ne souhaite pas la paix mais l’escalade dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, a affirmé mercredi l’Union. « C’est aussi un nouveau signe de désespoir de sa part sur la manière dont évolue son agression contre l’Ukraine », a ajouté Peter Stano, porte-parole de l’exécutif européen pour les Affaires étrangères.

« C’est un message clair à la communauté internationale dans son ensemble, surtout en cette semaine cruciale d’assemblée générale des Nations unies à New York, qu’il n’est intéressé que par la poursuite de cette guerre, qui est destructrice non seulement pour l’Ukraine au vu des atrocités commises, mais aussi pour tout autre pays dans le monde car elle alimente les crises alimentaire et énergétique. »

Sous le feu des critiques à New York

Le président américain Joe Biden a accusé mercredi à la tribune de l’ONU la Russie d’avoir « violé de manière éhontée » les principes des Nations unies, faisant un geste envers les pays en développement en promettant de l’aide alimentaire et en soutenant une réforme du Conseil de sécurité.

Comme plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement l’ont fait avant lui mardi au premier jour de cette grand-messe diplomatique annuelle, Joe Biden a attaqué frontalement la Russie qui a annoncé la mobilisation de centaine de milliers de réservistes et brandi la menace d’un recours à l’arme nucléaire.

« Cette guerre anéantit le droit de l’Ukraine à exister, tout simplement », a lancé le président américain.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, « a violé de manière éhontée les principes de la Charte des Nations unies » en s’emparant de parties de territoire de son voisin, a-t-il martelé.

Un « juste châtiment » réclamé par Zelensky

« Un crime a été commis contre l’Ukraine et nous réclamons un juste châtiment », a martelé le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo diffusé lors de l’Assemblée générale de l’ONU grâce à une autorisation spéciale des Etats membres.

« Châtiment pour avoir essayé de voler notre territoire, châtiment pour les meurtres de milliers de personnes, châtiment pour la torture et l’humiliation des femmes et des hommes », a-t-il ajouté, répétant encore et encore ce mot de châtiment.

« Le monde est de notre côté », a-t-il affirmé lors de ce discours de plus de vingt minutes accueilli par les applaudissements de nombreux délégués pour certains debout dans la salle à New York.

Importantes manifestations anti-guerre à Moscou

Au moins 1.332 personnes ont été arrêtées mercredi en Russie lors de manifestations improvisées contre la mobilisation partielle pour l’offensive en Ukraine, annoncée dans la matinée par le président Vladimir Poutine, selon une ONG.

Selon OVD-Info, organisation spécialisée dans le décompte des arrestations, les mobilisations ont eu lieu dans au moins 38 villes du pays. Il s’agit des plus importantes protestations en Russie depuis celles ayant suivi l’annonce de l’offensive de Moscou en Ukraine fin février.

Les journalistes de l’AFP à Moscou ont vu au moins 50 interpellations sur l’une des artères centrales de la capitale. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, un bus entier de personnes arrêtées a été emmené par la police dans le centre. Les manifestants scandaient « Non à la guerre ! » et « Pas de mobilisation ! ».

« Tout le monde a peur. Je suis pour la paix et je ne veux pas avoir à tirer. Mais c’est très dangereux de sortir maintenant sinon il y aurait eu beaucoup plus de gens », a expliqué un manifestant à Saint-Pétersbourg, Vassili Fedorov, étudiant qui arbore un emblème pacifiste sur sa poitrine. Le ministère russe de l’Intérieur, cité par l’agence Interfax, a affirmé dans la soirée avoir réprimé « des tentatives d’organiser des rassemblements non autorisés ».

 

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19 Commentaires

  • Posté par Martin Roland, jeudi 22 septembre 2022, 15:19

    Il faudra bien finir par dératiZer la RuSSie pour être quitte de la tyrannie , du chantage et du pourrissement des valeurs humaines.

  • Posté par Van Ryn Charles-axel , jeudi 22 septembre 2022, 15:03

    C'est tout de même bizarre tous ces noms et prénoms venus de nulle part et qui masquent de toute évidence un pseudonyme honteux, avec derrière une grande lâcheté de ne pas oser exprimer ses opinions à visage découvert, comme en théorie Le Soir l'exige . En théorie..

  • Posté par Martin Roland, jeudi 22 septembre 2022, 15:27

    Ce sont les mêmes qui dénonçaient lâchement leurs voisins à la Gestapo.

  • Posté par Lecocq Jean-Louis, jeudi 22 septembre 2022, 15:18

    Le Soir l'exigeait avant que les abonnés Proximus aient automatiquement accès au journal. Depuis lors c'est la foire.

  • Posté par ~ AJD, jeudi 22 septembre 2022, 14:56

    Les collabos lécheurs de bottes de Poutine sont de sortie ...

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