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Poutine durcit les peines contre les déserteurs suite à l’annonce de la mobilisation partielle

Le président russe a signé ce samedi une loi alourdissant les peines de prison pour les militaires qui désertent ou qui refusent de combattre.

Temps de lecture: 5 min

En pleine mobilisation de ses réservistes pour aller combattre en Ukraine, Moscou a durci samedi les peines encourues par les déserteurs et arrêté des centaines de manifestants, après avoir démis son chef de la logistique militaire.

Le président russe Vladimir Poutine a signé des amendements prévoyant jusqu’à 10 ans de prison pour les militaires qui désertent ou refusent de combattre.

Il a également signé une loi qui facilite l’accès à la nationalité russe pour les étrangers qui s’engagent pour une durée d’au moins un an dans l’armée, au moment où Moscou cherche par tous les moyens à recruter plus d’hommes pour combattre en Ukraine.

Cependant, ces mesures de fermeté n’ont pas dissuadé les opposants à cette mobilisation partielle de manifester samedi dans tout le pays, où au moins 710 personnes ont été interpellées dans 32 villes, dont près de la moitié à Moscou, selon OVD-Info, une organisation spécialisée dans le décompte des arrestations.

Afflux à la frontière géorgienne

« Nous ne sommes pas de la chair à canon ! », a lancé à Moscou une jeune femme pendant que des policiers en casque anti-émeute l’entraînaient à l’écart. Il s’agit de l’un des slogans des manifestants opposés à l’envoi de mobilisés en Ukraine.

A Saint-Pétersbourg (nord-ouest), deuxième ville du pays, Ilia Frolov, 22 ans, a apporté une petite banderole portant le mot « paix ». « Je veux exprimer mon désaccord avec ce qui se passe (…) Je ne veux pas me battre pour Poutine », dit-il. « Je suis contre la guerre et la mobilisation. J’ai peur pour les jeunes », explique une autre habitante, Natalia Doubova, âgée de 70 ans.

Mercredi, le jour de l’annonce de la mobilisation par M. Poutine, près de 1.400 manifestants avaient déjà été arrêtés. Cet ordre de mobilisation, qui concerne selon les autorités 300.000 personnes, a suscité l’inquiétude de nombreux Russes, certains choisissant de quitter le pays.

Les autorités russes ont ainsi reconnu samedi un afflux « important » de voitures cherchant à se rendre en Géorgie, avec quelque 2.300 véhicules comptabilisés à un seul poste-frontière. Les frontières avec le Kazakhstan et la Mongolie ont également enregistré un afflux de Russes, des témoignages faisant état de parfois plusieurs heures d’attente avant de pouvoir passer.

Jeudi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait estimé que les informations faisant état d’un « exode » des Russes étaient « grandement exagérées ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s’adressant directement aux citoyens russes samedi soir, leur a dit que leur président envoyait sciemment « des citoyens à la mort ».

« Le pouvoir russe comprend parfaitement bien qu’il envoie ses citoyens à la mort », a déclaré en russe M. Zelensky, appelant les forces de Moscou à se rendre. « Vous serez traités de manière civilisée… personne ne connaîtra les circonstances de votre reddition ».

À lire aussi Poutine «envoie des citoyens à la mort» sciemment, dit Zelensky aux Russes

Poursuite des référendums

Moscou a par ailleurs annoncé samedi avoir remplacé son chef de la logistique militaire, un point faible de son offensive en Ukraine, lancée il y sept mois jour pour jour. Les forces de Kiev ont récemment lancé une contre-offensive leur ayant permis de libérer d’importants territoires dans la région de Kharkiv (est).

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Le général Dmitri Boulgakov, vice-ministre de la Défense, a été transféré à un « autre poste » et remplacé par le colonel général Mikhaïl Mizintsev, qui dirigeait jusque-là le Centre de contrôle de la défense nationale.

La Russie a d’autre part poursuivi samedi ses « référendums » d’annexion, lancés la veille dans quatre régions d’Ukraine sous son contrôle total ou partiel, malgré de nouvelles menaces de sanctions des Occidentaux.

Le président américain Joe Biden a ainsi averti vendredi soir du risque de mesures de rétorsion « rapides et sévères » en cas d’annexions, estimant que « les référendums de la Russie sont un simulacre, un prétexte fallacieux pour essayer d’annexer des parties de l’Ukraine par la force ».

Auparavant, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient appelé « tous les pays à rejeter sans équivoque ces référendums fictifs », des « simulacres » qui « n’ont ni effet juridique ni légitimité ».

Selon l’armée ukrainienne samedi matin, en raison d’une faible participation, des membres des « bureaux de vote » se rendent, accompagnés de militaires russes, au domicile des habitants pour qu’ils « votent » de chez eux. Sans aller jusqu’à dénoncer les scrutins, la Chine, partenaire le plus proche de Moscou, a appelé au respect de « l’intégrité territoriale de tous les pays ».

Ces « référendums » organisés dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk (est), et dans des zones sous occupation russe dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud), s’achèveront le 27 septembre.

A Moscou, Saint-Pétersbourg et d’autres villes, les autorités ont organisé des manifestations de soutien aux votes à grand renfort de drapeaux et de slogans.

« Russophobie »

Sur le front diplomatique, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé samedi l’Ukraine et la Russie à ne pas laisser la guerre « déborder », lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, et souhaité une « résolution pacifique ».

A la même tribune, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé samedi la « russophobie sans précédent » et « grotesque » de l’Occident. « Ils n’hésitent pas à déclarer leur intention non seulement d’infliger une défaite militaire à notre pays, mais aussi de détruire la Russie », a-t-il ajouté.

À lire aussi Assemblée générale de l’ONU: Sergueï Lavrov affirme que «l’Occident pique une crise»

Interrogé lors d’une conférence de presse sur d’éventuelles pressions de la Chine sur son pays pour mettre fin à cette guerre, M. Lavrov a botté en touche : « Vous pourrez dire (…) que j’ai évité de répondre à votre question ».

L’Iran s’est de son côté retrouvé dans le collimateur des autorités ukrainiennes, qui lui reprochent ses livraisons d’armes à Moscou et notamment des drones, qui ont fait un mort dans une attaque russe sur le port d’Odessa vendredi.

À lire aussi Guerre en Ukraine: les défenseurs d’Azovstal échangés contre un proche de Poutine

 

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3 Commentaires

  • Posté par Filleul Stéphane, dimanche 25 septembre 2022, 14:13

    Sobriété numérique - Une vidéo est insérée dans cet article. Elle démarre automatiquement. Si je la mets sur pause, le buffer continue de se remplir. Ceci fait "exploser" la quantité de données téléchargées lors de la consultation de cet article, ce qui est néfaste en termes d'émission de CO2. Le Soir peut-il modifier le paramétrage de son dispositif vidéo afin d’éviter ceci ? Le mieux est sans doute que la vidéo démarre à la demande du lecteur.

  • Posté par Van Obberghen Paul, dimanche 25 septembre 2022, 10:50

    "Sergueï Lavrov a dénoncé samedi la « russophobie sans précédent » et « grotesque » de l’Occident." Evidemment, il ne s'agit pas de haine de la part de l'Occident vis-à-vis de la Russie ou des Russes, qu'il n'y a pas lieu de haïr, mais d'opposition ferme envers le régime dictatorial de Vladimir Poutine, ce qui est très différent. Mais c'est une tactique éprouvée depuis toujours de faire de celui qui s'oppose à la tyranie une chose inhumaine remplie de haine, par définition irrationnel, qu'on ne peut supposément raisonner que par la force brutte. Quant à détruire la Russie, également, il s'agit de changer, au moins contenir, le régime dictatorial et non le pays lui-même. Comme toujours le tyran invente une menace externe fantôme et irrationnelle pour mobiliser son peuple et espèrer qu'il détourne son attention de ses propres échecs. Le 1er d'entre eux, est de ne pas avoir réussi à faire de son pays une grande nation moderne et positivement ancrée dans le 21e siècle, alors qu'il avait tout en main pour ce faire, trop occupé qu'il était à construire sa fortune personnelle et celle de ses oligarches, et à inventer son personnage de nouveau Tsar de toutes les Russies. Le résultat de ce genre de comportement est toujours la guerre, qui ne peut se terminer que par la chute du Tyran.

  • Posté par Constant Depiereux, dimanche 25 septembre 2022, 9:14

    Nouvel aveu de faiblesse...

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